La coalition au pouvoir en Roumanie s’est réunie lundi 30 mars au palais Victoria pour répondre à la hausse des prix des carburants. Elle a décidé de mettre en place un groupe de travail chargé de proposer une réduction échelonnée des accises sur les carburants et de prolonger de trois mois le plafonnement des marges commerciales sur les produits alimentaires de base.

Un groupe de travail sur les accises

La coalition veut proposer une baisse échelonnée des taxes sur les carburants, sans décision finale à ce stade.

La TVA sur le carburant écartée

Le gouvernement redoute une procédure d’infraction de la Commission européenne en cas de baisse de la TVA.

Le plafonnement des marges alimentaires prolongé

La mesure est reconduite pour trois mois afin de limiter la pression sur les prix des produits de base.

La coalition au pouvoir en Roumanie s’est réunie lundi 30 mars au palais Victoria pour répondre à la hausse des prix des carburants. Elle a décidé de mettre en place un groupe de travail chargé de proposer une réduction échelonnée des accises sur les carburants et de prolonger de trois mois le plafonnement des marges commerciales sur les produits alimentaires de base. La coalition PNL-PSD-USR-UDMR n’a pas annoncé de décision finale sur la baisse des accises et a confié au groupe de travail la mission d’en arrêter les paramètres précis. Selon des données citées par Adevarul, les prix du gazole standard dans les principales stations-service roumaines se situaient lundi entre 10,25 et 10,43 lei le litre, tandis que le gazole premium atteignait jusqu’à 10,99 lei le litre dans certains points de vente. Les dirigeants de la coalition ont attribué cette hausse à la guerre en cours en Iran, qui a perturbé les marchés pétroliers mondiaux. Le premier ministre Ilie Bolojan avait laissé entendre dès jeudi dernier que le gouvernement allait « très probablement » réduire l’accise, selon G4Media.

Un groupe de travail doit préciser les modalités de la baisse échelonnée Le groupe de travail mandaté par la coalition comprend les vice-premiers ministres Marian Neacșu et Tánczos Barna, le ministre des Finances Alexandru Nazare, le ministre de l’Énergie Bogdan Ivan et le ministre de l’Économie Irineu Darău. Selon des sources de la coalition citées par G4Media, le gouvernement devrait mettre en œuvre dans un premier temps une baisse de 10 % de l’accise, ce pourcentage devant augmenter si les prix des carburants continuent de grimper. Des sources citées par Digi24 et Adevarul ont évoqué un scénario dans lequel une réduction initiale d’environ 5 % pourrait être envisagée, avec une extension par étapes liée à l’évolution du marché, à savoir une baisse proportionnelle pour chaque hausse d’environ 5 % du prix du pétrole ou du carburant à la pompe. Toutes les sources s’accordent sur le fait que la réduction serait plafonnée à 25 % au maximum, en raison des contraintes budgétaires. L’option d’une réduction de 45 % de l’accise aurait été abandonnée après l’opposition du ministère des Finances, qui a invoqué l’insuffisance des moyens budgétaires. Les mesures finales doivent être adoptées par ordonnance d’urgence.

Petrom : 10,25, Lukoil : 10,32, OMV : 10,41, Rompetrol : 10,43, Mol : 10,43

La baisse de la TVA écartée en raison du risque d’infraction à l’UE Une réduction de la TVA sur le carburant a de fait été écartée par la coalition, selon plusieurs sources. Le premier ministre Bolojan a expliqué qu’une baisse de la TVA posait problème, car la Roumanie risquerait d’être visée par une procédure d’infraction de la Commission européenne, compte tenu des limites imposées au niveau européen. Le ministre de l’Énergie, Bogdan Ivan, avait plaidé publiquement dimanche pour une réduction du taux standard de TVA ou pour une baisse proportionnelle de l’accise, en présentant cette mesure comme un moyen de restituer aux citoyens les recettes supplémentaires de TVA que l’État percevait pendant la période de prix élevés. „Une baisse réelle du prix final à la pompe peut venir, en plus des mécanismes de régulation du marché, en plus des mécanismes de régulation des marges commerciales et de taxation de certains revenus exceptionnels, seulement de deux sources directement liées au segment fiscal du prix du carburant” — Bogdan Ivan via Digi24 L’expert en énergie Dumitru Chisăliță a mis en garde contre le fait que la question essentielle n’était pas seulement de savoir si l’accise ou la TVA pouvaient être réduites, mais où, de combien et quand, afin que la mesure n’affecte pas le paiement des pensions, les salaires du secteur public ou d’autres obligations obligatoires de l’État. „Le problème essentiel n’est pas seulement de savoir s’ils peuvent être réduits, mais où, de combien et quand, afin que la mesure n’affecte pas d’autres obligations de l’État, comme le paiement des pensions, des salaires et d’autres dépenses publiques essentielles” — Dumitru Chisăliță via Adevarul Chisăliță a calculé que le coût budgétaire annuel ne devrait pas dépasser 0,1 à 0,15 % du PIB, soit environ 2 à 3,1 milliards de lei, sauf compensation par des recettes supplémentaires ou par des coupes dans les dépenses non essentielles, sur la base d’un PIB estimé à environ 2,045 milliards de lei pour 2026.

Grindeanu absent, le plafonnement des marges alimentaires est prolongé Sorin Grindeanu, président du Parti social-démocrate, n’a pas participé à la réunion de la coalition, selon des sources de Digi24, dans une absence qui a été remarquée compte tenu de l’importance des décisions en discussion. La coalition a par ailleurs confirmé la prolongation de trois mois du plafonnement des marges commerciales sur les produits alimentaires de base, une mesure destinée à protéger les consommateurs contre des pressions inflationnistes plus larges. Un porte-parole du gouvernement a confirmé qu’une réunion préparatoire s’était tenue lundi à 09:00, avant la séance de la coalition à 13:00, au cours de laquelle « des scénarios, des hypothèses et des chiffres ont été présentés » sans qu’aucune décision formelle ne soit prise. Bolojan a également rappelé qu’une ordonnance d’urgence adoptée précédemment autorise le gouvernement à interdire les exportations de carburant, mais il a indiqué que la Roumanie n’imposerait pas une telle interdiction pour le moment, en invoquant un excédent d’essence issu de la production nationale qui doit être exporté. La Roumanie fait face à des tensions budgétaires persistantes depuis 2024, lorsque son déficit public est devenu l’un des plus élevés de l’Union européenne rapporté au PIB. Le gouvernement de coalition, formé il y a neuf mois par quatre partis proeuropéens, a imposé des hausses d’impôts et des réductions de dépenses publiques pour réduire le déficit, selon Reuters. La raffinerie Petromidia, la plus grande de Roumanie et située en mer Noire, devait être arrêtée pour maintenance en mars 2026, ce qui a ajouté des pressions sur l’approvisionnement du marché intérieur des carburants, selon Reuters. Le choix de passer par un groupe de travail plutôt que d’annoncer immédiatement des mesures traduit la tension entre l’urgence d’un allégement pour les consommateurs et l’engagement affiché du gouvernement en faveur de la discipline budgétaire sous la surveillance de l’UE.

Mentioned People

  • Ilie Bolojan — Premier Rumunii od czerwca 2025 roku
  • Alexandru Nazare — Minister finansów od 2025 roku
  • Irineu Darău — Minister gospodarki od grudnia 2025 roku
  • Tánczos Barna — Minister środowiska, wód i lasów oraz wicepremier
  • Marian Neacșu — Wicepremier Rumunii
  • Sorin Grindeanu — Przewodniczący Partii Socjaldemokratycznej (PSD)

Sources: 15 articles