
Zapatero conteste le « chèque en blanc » du juge à la police dans l'affaire Plus Ultra, qualifiant l'enquête sur les comptes bancaires de « pêche aux informations »
L'ancien président du gouvernement espagnol José Luis Rodríguez Zapatero a déposé un recours lundi contre l'ordonnance d'un juge autorisant l'unité de délinquance économique UDEF à étendre librement son enquête sur les comptes bancaires de sa famille, arguant que ce mandat large viole les droits fondamentaux.
Le recours
L'ancien président du gouvernement espagnol José Luis Rodríguez Zapatero a fait appel d'une ordonnance judiciaire qui accordait à l'Unité de délinquance économique et fiscale (UDEF) de la Police nationale un large pouvoir d'enquêter sur ses comptes bancaires personnels et ceux de sa famille. Le recours, déposé lundi par son avocat Víctor Moreno, vise une décision rendue la semaine dernière par le juge de l'Audience nationale José Luis Calama dans la soi-disant 'affaire Plus Ultra'. La défense de Zapatero soutient qu'autoriser l'UDEF à « amplifier les informations qu'elle juge pertinentes » équivaut à une « délégation en blanc » qui menace les droits fondamentaux.
L'enquête doit se concentrer sur des faits concrets et ne pas devenir une pêche aux informations.
Le recours conteste spécifiquement la portée du mandat de l'unité de police, qui couvre les comptes détenus par Zapatero, ses filles Alba et Laura, sa secrétaire Gertrudis Alcázar et son associé Julio Martínez, propriétaire d'Análisis Relevante, l'une des sociétés soupçonnées. Le juge a également ordonné la création d'un dossier séparé pour conserver la documentation bancaire.
Étendue et période
La défense conteste la portée temporelle de l'ordonnance, qui couvre les relevés bancaires de 2020 à aujourd'hui. L'avocat de Zapatero soutient que l'enquête devrait être limitée à décembre 2025, affirmant que « les faits que l'UDEF cherche à recouper sont des mouvements bancaires qui s'étendraient au plus tard jusqu'en décembre 2025 dans certains cas. » Le recours décrit les données obtenues comme « une photographie financière complète de six ans et demi de la vie de six personnes et treize sociétés. »
On ne comprend pas la proportionnalité ou l'utilité d'obtenir des informations au-delà de cette date.
L'avocat demande également que l'extension de l'ordonnance aux « communications internes de l'entité et avec le client » soit annulée, arguant que ces documents dépassent les données bancaires proprement dites.
Droits de la défense et protection de la vie privée
Un argument central du recours est que permettre à l'UDEF de décider quelles informations sont pertinentes revient à laisser la même unité de police qui soutient l'hypothèse d'accusation déterminer quel matériel entre dans le dossier. La défense prévient que cela crée « un impact évident sur le droit à la défense », car les parties n'auraient accès qu'à ce que l'UDEF choisit de citer dans son rapport, tandis que les éléments favorables aux personnes mises en cause pourraient être exclus de la procédure.
Il semble que la même unité de police qui soutient l'hypothèse accusatoire décidera matériellement ce qui est pertinent et ce qui ne l'est pas.
Le recours soulève également des risques pour la vie privée, citant ce qu'il appelle un « schéma avéré » de fuites dans les médias de documents de l'affaire, y compris les agendas personnels de Zapatero. La défense soutient que la collecte de six ans et demi de données bancaires complètes comporte « un risque réel et non hypothétique d'exposition publique de données intimes sans lien avec la procédure. »
Ce que demande Zapatero
Le recours demande au juge Calama de suspendre provisoirement l'autorisation accordée à l'UDEF, au moins jusqu'à ce que le recours lui-même soit tranché. Il demande également que toute information supplémentaire recueillie par l'unité de police nécessite une autorisation judiciaire préalable, et que la tâche de filtrage et de suppression des données non pertinentes ou sensibles du dossier séparé soit confiée au greffier sous la supervision du juge, plutôt qu'à la police. La défense insiste sur le fait qu'elle ne cherche pas à empêcher la collecte de documents supplémentaires, mais seulement à ce qu'elle soit obtenue sur décision judiciaire motivée.
- Zapatero comparaît devant l'Audience nationale à Madrid.
- Le juge Calama autorise l'UDEF à enquêter sur les comptes bancaires de Zapatero et de son entourage.
- La défense de Zapatero dépose un recours contre l'autorisation de l'UDEF.

