
Vox boycotte la commémoration de Blas Infante tandis que Moreno défend le pacte de coalition avec l'extrême droite en Andalousie
Le nouveau gouvernement PP-Vox en Andalousie a connu sa première fracture publique : Vox a refusé d'assister à l'hommage annuel au père fondateur de la région, tandis que le président Juanma Moreno a profité de l'occasion pour affirmer que les idéaux de pluralisme de Blas Infante justifient la coalition.
Le boycott de Vox assombrit la commémoration
L'hommage annuel du Parlement andalou à Blas Infante, père de la patrie andalouse, a été marqué ce lundi par l'absence remarquée de Vox, partenaire minoritaire du nouveau gouvernement régional. Ni Manuel Gavira, qui deviendra prochainement vice-président et ministre du Tourisme, de la Déréglementation, de la Justice et de l'Administration locale, ni aucun des 15 députés du parti n'ont assisté à l'événement, poursuivant un boycott entamé en 2018 lors de l'entrée de Vox au Parlement. Le parti justifie sa position en affirmant défendre la nation espagnole comme patrie commune de tous les Espagnols et ne pouvoir accepter de « paternités hors d'Espagne ». Vox avait auparavant accusé Infante de vouloir « ré-islamiser l'Espagne ».
Vox sera un partenaire fiable, prévisible et exigeant.
Moreno invoque Infante pour défendre la coalition
Le président Juanma Moreno, investi la veille pour son troisième mandat, a saisi l'occasion pour présenter son pacte controversé avec Vox comme conforme à l'héritage d'Infante. S'exprimant dans la cour de l'ancien hôpital de las Cinco Llagas, il a insisté sur le fait que la diversité et la pluralité du Parlement reflètent ce qu'Infante lui-même défendait. Moreno a souligné qu'Infante « encourageait la coexistence des idées » et « appelait les personnes aux idées les plus opposées à s'unir pour l'Andalousie ». Il a également mis en garde contre la peur de ceux qui pensent différemment, ajoutant que le véritable danger réside dans ceux qui ne pensent pas du tout.
Il ne faut pas avoir peur de ceux qui pensent différemment, mais de ceux qui ne pensent pas ; ce sont eux les dangereux, car si l'on ne pense pas, on n'aime pas, on ne ressent pas, on ne comprend pas, et on ne peut rien défendre.
L'opposition de gauche attaque le pacte
Le bloc de gauche, comprenant le PSOE, Adelante Andalucía et Por Andalucía, a utilisé la cérémonie pour dénoncer l'accord PP-Vox. La porte-parole socialiste María Jesús Montero a accusé Moreno de s'allier à un parti qui « ridiculise » l'autonomie andalouse. José Ignacio García, d'Adelante Andalucía, est allé plus loin, qualifiant le pacte d'accord « infâme » avec les « pères politiques des assassins de Blas Infante ». Il a rejeté la caractérisation de la mort d'Infante par Moreno, insistant sur le fait que le notaire a été tué parce qu'il était un homme de gauche et un républicain andalou, et non simplement parce qu'il était « trop humain ».
Je ne comprends pas comment on peut pactiser avec l'extrême droite, qui sont les pères politiques des assassins de Blas Infante, et venir ici célébrer la figure de Blas Infante.
La loi sur la mémoire historique menacée
L'accord de coalition prévoit l'adoption d'une nouvelle « Loi de la Concorde » qui remplacerait la législation actuelle sur la mémoire historique avant la fin de l'année 2026. Cela fait écho à un engagement similaire pris lors de l'accord d'investiture de 2019, que Moreno avait alors conditionné à un large consensus. Avec Vox désormais au sein du gouvernement, ce consensus est impossible. Infante a été exécuté par les forces franquistes le 11 août 1936 et enterré dans une fosse commune à Séville ; son corps n'a jamais été identifié. L'opposition estime qu'honorer Infante tout en démantelant la loi qui cherche à retrouver des victimes comme lui est une contradiction profonde.
- Naissance de Blas Infante, reconnu plus tard comme père de la patrie andalouse, à Casares.
- Exécution d'Infante par les forces franquistes ; il est enterré dans une fosse commune à Séville.
- Vox entre au Parlement andalou et commence à boycotter l'hommage annuel à Infante.
- Investiture de Juanma Moreno pour un troisième mandat de président d'Andalousie après un pacte de coalition PP-Vox.
- Vox boycotte la commémoration du 141e anniversaire ; Moreno défend le pacte en se référant à la rhétorique d'Infante.
Un début divisé pour la nouvelle législature
La commémoration, à peine quatre jours après l'investiture, a révélé la fragilité de la coalition PP-Vox. Alors que l'équipe de Moreno minimisait l'absence de Vox comme une position de longue date, l'image du futur vice-président faisant l'impasse sur un acte officiel le jour même où il accordait une interview à la radio a souligné le fossé idéologique entre les partenaires. L'appel du président à « la voie andalouse » de la sérénité, de la concorde et de la compréhension est désormais soumis à son plus grand test.


