
Le Hamas dissout le gouvernement de Gaza après 20 ans, ouvrant la voie à un comité technocrate soutenu par les États-Unis
Le Hamas a annoncé lundi la dissolution de son gouvernement de facto à Gaza, invitant un comité technocrate soutenu par les États-Unis à prendre en charge l'administration de l'enclave. Cette décision s'inscrit dans le cadre du plan de paix de Trump, actuellement en suspens, mais Israël et le Conseil de la paix restent prudents.
Le Hamas dissout le comité d'urgence
Le Hamas a officiellement dissous lundi son Comité d'urgence gouvernemental, l'organe qui dirigeait Gaza depuis les attaques d'octobre 2023. Mohammed al-Farra, le président du comité, a démissionné, et le groupe a indiqué que cette mesure visait à faciliter une transition vers le Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG), un organe de technocrates palestiniens soutenu par les États-Unis et créé dans le cadre du plan d'après-guerre du président Donald Trump.
Le chef du comité d'urgence gouvernemental, Mohammed al-Farra, a officiellement présenté sa démission. Il a également décidé de dissoudre le comité pour faciliter la transition administrative et gouvernementale vers le Comité national pour l'administration de Gaza.
Les ministères dirigés par le Hamas et leurs quelque 40 000 à 50 000 employés publics resteront en place pour éviter un vide administratif, et le ministère de l'Intérieur continuera à gérer la sécurité dans les zones encore sous contrôle du Hamas.
Transition vers les technocrates
Ali Shaath, le chef basé au Caire du NCAG (15 membres), a déclaré que le comité est prêt à assumer ses responsabilités dès que les conditions nécessaires seront réunies : une autorité unique, un cadre juridique unique et un monopole de la force armée. Le NCAG se voit bloquer l'entrée à Gaza par Israël depuis sa création en janvier, ce qui ajoute de l'incertitude au calendrier de la passation.
- Le Hamas attaque Israël, déclenchant une réponse militaire dévastatrice et la formation du gouvernement d'urgence.
- Un cessez-le-feu fragile négocié par les États-Unis entre en vigueur, et le plan d'après-guerre de Trump est annoncé.
- Le Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG) est créé mais bloqué à l'entrée de Gaza par Israël.
- Le Hamas dissout son comité d'urgence et invite le NCAG à assumer le contrôle administratif.
Nickolay Mladenov, le responsable du Conseil de la paix chargé de la mise en œuvre du plan Trump, a qualifié l'annonce de pas en avant mais a souligné que la Feuille de route, un document en 15 points négocié avec les factions palestiniennes et médiatisé par l'Égypte, reste le pont entre les déclarations et l'action.
L'annonce d'aujourd'hui à Gaza souligne l'importance de mener à bien les discussions sur la Feuille de route, qui représentent le pont entre les déclarations et la mise en œuvre.
Sécurité et désarmement restent en suspens
L'article six de la Feuille de route exige que le monopole des armes repose uniquement sur le NCAG. Le Hamas n'a pas promis de désarmer unilatéralement, insistant sur le fait qu'Israël doit d'abord cesser ses attaques à Gaza et retirer ses forces. Lundi, des médecins ont rapporté qu'une frappe israélienne a tué cinq personnes dans l'enclave, soulignant la fragilité du cessez-le-feu d'octobre 2025.
En fin de compte, notre évaluation sera guidée par les actions, et non par les promesses, pour répondre aux besoins critiques de la population de Gaza.
Réactions : prudence et scepticisme
Israël n'a pas émis de commentaire officiel, mais certains médias israéliens ont qualifié la décision de manœuvre symbolique ou de tentative de créer un « modèle Hezbollah » à Gaza. Des analystes cités par The Guardian ont estimé que l'annonce était en grande partie une manœuvre pour relancer le processus de paix en suspens et contrer les propositions israéliennes visant à confiner l'aide et la reconstruction dans des villages spécialement construits dans les 60 % de Gaza sous contrôle militaire israélien direct.
Les travailleurs du secteur public, par l'intermédiaire de leur syndicat Al Risala, ont exigé que leurs droits professionnels et économiques soient protégés pendant la transition. Le chef du syndicat, Jalil Hamada, a déclaré que les employés avaient travaillé dans des circonstances exceptionnelles et difficiles et étaient prêts à servir sous l'autorité du NCAG.
Contexte humanitaire
Gaza reste en ruines plus de deux ans et demi après le conflit déclenché par les raids du Hamas du 7 octobre 2023. Environ 2,1 millions de personnes vivent dans l'enclave, dont seulement 40 % du territoire est encore sous administration du Hamas ; le reste est occupé par l'armée israélienne. La crise humanitaire se poursuit et la reconstruction est bloquée par l'impasse politique.


