
Le second tour de la présidentielle au Pérou se termine par une égalité statistique, laissant des semaines d'incertitude
Keiko Fujimori et Roberto Sanchez sont au coude-à-coude après le second tour de dimanche, les résultats officiels montrant une marge de moins d'un demi-point de pourcentage et la proclamation finale n'étant pas attendue avant juillet.
Le second tour de la présidentielle au Pérou s'est terminé par une égalité statistique, la candidate de droite Keiko Fujimori et son rival de gauche Roberto Sanchez étant séparés par une fraction de point de pourcentage après le dépouillement de plus de 90 % des bulletins. Cette impasse fait écho à l'élection de 2021, lorsque des semaines de contestations et de recomptages avaient retardé le résultat final.
Les chiffres jusqu'à présent
Avec plus de 93 % des procès-verbaux traités, l'Office national des processus électoraux (ONPE) donnait Fujimori à 50,08 % (8,75 millions de voix) et Sanchez à 49,92 % (8,72 millions de voix). D'autres décomptes plaçaient la marge tout aussi étroite : DW rapportait Fujimori à environ 50,5 % contre 49,5 % pour Sanchez, tandis que stern.de citait 50,4 % contre 49,6 %. Le décompte rapide d'Ipsos, basé sur un échantillon représentatif de bureaux de vote, donnait à Sanchez une avance marginale de 50,3 % contre 49,7 % pour Fujimori — un résultat qu'Ipsos a décrit comme une égalité statistique.
Pour l'instant, il n'y a pas de vainqueur. Les jours à venir seront longs.
Deux électorats, un seul pays
Fujimori a dominé à Lima, remportant plus de 63 % des voix de la capitale, et l'a emporté le long de la côte. Sanchez a balayé l'intérieur rural — les régions de la sierra et de la jungle — où les bulletins sont dépouillés plus lentement. L'analyste Paulo Vilca de l'Institut d'études péruviennes a déclaré à l'AFP que ce résultat serré reflétait la division du pays : « Celui qui gagnera aura la moitié du pays contre lui. »
C'est une avance importante qui réaffirme la volonté du peuple, qui veut la démocratie et la justice.
Les candidats
Fujimori, candidate pour la quatrième fois consécutive, a fait campagne sur un programme de lutte contre la criminalité, promettant une répression militaire contre le crime organisé et l'immigration illégale. Elle est la fille de l'ancien président Alberto Fujimori, qui a gouverné de 1990 à 2000 et a ensuite été condamné pour corruption et crimes contre l'humanité. Sanchez, psychologue et ancien ministre du Commerce extérieur et du Tourisme sous l'ex-président emprisonné Pedro Castillo, s'est positionné comme l'héritier de Castillo et s'est engagé à abolir les lois qu'il accuse de favoriser le crime organisé. Deux jours avant le second tour, une affaire le concernant pour financement illégal de parti datant de six ans a été rouverte.
Un premier tour fragmenté
Le premier tour du 12 avril a vu 35 candidats — le plus grand nombre de l'histoire du Pérou. L'avance de Fujimori a été confirmée tôt, mais la bataille pour la deuxième place entre Sanchez et le candidat d'extrême droite Roberto Lopez Aliaga a traîné pendant des semaines. L'ONPE n'a confirmé la qualification de Sanchez que le 17 mai, après que 99,94 % des procès-verbaux eurent été examinés.
La suite
La Cour suprême électorale a jusqu'à la mi-juillet pour proclamer le résultat officiel, après un recomptage des bureaux de vote contestés. Le Bureau du médiateur a enregistré 4 580 incidents le jour du scrutin, notamment des bulletins mal marqués dans environ 20 bureaux de vote, mais tant le Médiateur que le Jury national des élections ont déclaré qu'il n'y avait aucune preuve de fraude électorale systématique. Fujimori s'est engagée à reconnaître les résultats et a appelé Sanchez à faire de même.
- Keiko Fujimori
- 50.08 %
- Roberto Sanchez
- 49.92 %
- Premier tour avec 35 candidats, le plus grand nombre de l'histoire du Pérou.
- L'ONPE confirme la deuxième place de Sanchez après avoir examiné 99,94 % des procès-verbaux.
- Second tour ; le décompte rapide d'Ipsos montre une égalité statistique.
- Date limite pour la Cour suprême électorale pour proclamer le résultat officiel.


