
Les Fidji enquêtent sur le vol de 39 pains de cocaïne remplacés par de la farine dans le coffre de la Cour suprême
Les autorités fidjiennes ont ouvert une enquête après le vol de près de 40 kilogrammes de cocaïne saisie, conservée comme pièce à conviction dans le coffre de la Cour suprême de Suva, et son remplacement par de la farine.
Un coffre à preuves compromis
Lors d'une inspection de routine le 15 septembre 2026, les responsables du tribunal ont découvert que sept des 39 paquets de cocaïne saisis manquaient dans la salle sécurisée des pièces à conviction de la Cour suprême de Suva. La police avait saisi les 39 pains emballés de plastique, pesant chacun environ un kilogramme, lors d'un raid mené en 2019 contre Joshua Aziz Rahman, binational canadien et fidjien. Après sa condamnation initiale, les autorités ont transféré les stupéfiants dans le coffre du tribunal en 2021 pour servir de preuves matérielles dans le cadre des procédures d'appel en cours. Les premiers tests chimiques réalisés immédiatement après la saisie de 2019 avaient confirmé que tous les paquets contenaient de la cocaïne authentique. Toutefois, les analyses médico-légales complètes menées après l'inspection de septembre 2026 ont révélé que tous les blocs restants dans le coffre avaient été remplacés par de la farine.
Le commissaire de police Rusiate Tudravu a confirmé les résultats des tests lors d'un point presse à Suva le 30 septembre 2026.
Après la découverte des sept pains manquants et l'altération des preuves, il a été décidé de tester les paquets restants, qui se sont révélés négatifs à toute trace de stupéfiants.
Défaillances de sécurité et vols antérieurs
Les stupéfiants manquants étaient évalués entre 13,3 millions de dollars et 31 millions de dollars (environ 119 millions de zlotys polonais), tandis que des estimations britanniques chiffraient la cargaison à près de 10 millions de livres. Sakiusa Jitoko, directeur adjoint des services médico-légaux de la police fidjienne, a signalé de nombreuses défaillances techniques dans l'enceinte du tribunal. Sakiusa Jitoko a confirmé à la chaîne Fiji One que la plupart des caméras de surveillance de la salle de stockage des preuves étaient hors service et que le système d'accès biométrique de la pièce était totalement inopérant. Les enquêteurs ont identifié six personnes liées au système judiciaire qui disposaient d'un accès autorisé au coffre durant la période concernée.
- La police saisit 39 pains de cocaïne auprès de Joshua Aziz Rahman lors d'un raid
- La cocaïne saisie est placée dans le coffre de la Cour suprême de Suva pour les procédures d'appel
- Douze kilogrammes de cocaïne confisquée disparaissent d'un local sous garde dans une affaire sans lien
- Une inspection du tribunal découvre que sept des 39 paquets de cocaïne ont disparu
- La police confirme que les analyses médico-légales montrent que tous les paquets restants ont été remplacés par de la farine
Cette faille de sécurité fait suite à une disparition antérieure de stupéfiants placés sous la garde des forces de l'ordre fidjiennes. En mars 2026, 12 kilogrammes de cocaïne confisquée avaient disparu d'un local à preuves dans une affaire pénale sans lien avec celle-ci. Interrogé par des journalistes sur les raisons pour lesquelles les protocoles de sécurité n'avaient pas été renforcés après l'incident de mars, Rusiate Tudravu a déclaré que le gouvernement et la direction de la police partageaient une vive inquiétude quant à la vulnérabilité des preuves conservées par les tribunaux.
Réactions politiques et transit régional
La révélation du remplacement des preuves matérielles par de la farine a suscité une réaction immédiate au Parlement national. Le député d'opposition Jone Usamate a critiqué la gestion de la garde judiciaire, qualifiant cette substitution de reflet préoccupant sur les dépositaires des preuves et s'interrogeant sur la fiabilité de l'intégrité des autres pièces à conviction. Le ministre de la Justice, Siromi Turaga, s'est exprimé publiquement sur l'incident, promettant que les autorités rechercheraient toutes les responsabilités pénales.
C'est choquant. Personne n'échappera à la sanction.
Ce vol au tribunal coïncide avec l'expansion du trafic maritime de stupéfiants à travers l'Océanie. Les nations insulaires du Pacifique, dont les Fidji et les Tonga, sont devenues des points de transit stratégiques pour les cartels sud-américains qui acheminent la cocaïne par voie maritime vers les marchés de consommation à forte valeur que constituent l'Australie. Outre les cargaisons de cocaïne, le corridor de transit régional connaît un afflux de méthamphétamine de synthèse. La diffusion des stupéfiants illicites dans les communautés locales a fait grimper les taux d'addiction, la consommation de méthamphétamine par voie intraveineuse alimentant une hausse des transmissions du VIH qui a conduit les autorités fidjiennes à déclarer une urgence sanitaire nationale.

