Généré par IA·En savoir plus
© Franceinfo
Conflits·-1 h

Paiements par Visa et Mastercard suspendus à Cuba à partir du 6 juin après que les sanctions américaines ont coupé la banque de traitement

La banque centrale de Cuba a annoncé le 3 juin que les transactions par Visa et Mastercard cesseront de fonctionner sur l'île à partir de samedi, après qu'une banque de traitement étrangère a rompu ses liens avec l'entité financière liée à l'État Fincimex pour éviter les sanctions secondaires américaines.

La suspension

La banque centrale de Cuba a annoncé mercredi 3 juin que toutes les transactions utilisant les cartes Visa et Mastercard seront suspendues à partir du samedi 6 juin. Cette décision fait suite à une communication du 2 juin d'une banque étrangère non identifiée qui traitait les opérations par carte sur l'île, informant les autorités cubaines qu'elle mettait fin à sa relation avec Fincimex S.A. Fincimex est la branche financière de Gaesa, le conglomérat d'entreprises lié à l'armée cubaine qui a été sanctionné par les États-Unis.

Cette interruption est directement liée au décret exécutif signé le 1er mai par Donald Trump et fait partie de la stratégie d'asphyxie contre le peuple cubain.

Banque centrale de Cuba

La banque étrangère a déclaré qu'il était devenu "illicite et impossible de continuer à exécuter les accords avec l'entité cubaine", selon le communiqué de la banque centrale. L'autorité monétaire cubaine a ajouté que le pays est désormais incapable de recevoir des revenus de la vente de biens et de services via des cartes internationalement reconnues comme Visa et Mastercard.

Le contexte des sanctions américaines

Le déclencheur est le décret exécutif 14404, signé par le président Donald Trump le 1er mai 2026. Ce décret a élargi les sanctions sur le commerce avec Cuba, ciblant les personnes et les entreprises qui maintiennent des liens économiques, commerciaux ou financiers avec le gouvernement cubain, en particulier dans les secteurs de l'énergie, des finances et de la défense. Gaesa a été sanctionné le 7 mai, et le nouveau décret a introduit des mesures coercitives secondaires contre les entreprises étrangères qui collaborent avec lui.

Les États-Unis feront tout ce qui est nécessaire pour garantir leur sécurité nationale.

L'Office of Foreign Assets Control (OFAC) a donné aux entreprises étrangères jusqu'au vendredi 5 juin pour ajuster leurs activités ou faire face à des mesures restrictives. Depuis janvier, l'administration Trump a poursuivi une politique de pression maximale contre Cuba, qualifiant l'île communiste, située à 150 km des côtes de la Floride, de "menace extraordinaire" pour la sécurité nationale américaine.

Conséquences économiques plus larges

La suspension des paiements par carte est un élément d'un resserrement économique plus large. Ces dernières semaines, le décret américain a déclenché un exode des entreprises étrangères de Cuba. La chaîne hôtelière espagnole Meliá a annoncé le 3 juin la fin de ses opérations dans 15 hôtels cubains avec effet immédiat. Iberostar avait déjà annoncé son retrait de 12 propriétés le 1er juin. La chaîne hôtelière canadienne Blue Diamond a également annoncé un arrêt complet de ses activités sur l'île le 1er juin, et la société minière canadienne Sherritt avait déjà quitté le marché cubain auparavant.

Cuba se trouve dans l'incapacité de recevoir des revenus de la commercialisation de biens et de services via des cartes internationalement reconnues telles que Visa et Mastercard.

Banque centrale de Cuba

Les compagnies aériennes et les compagnies maritimes se sont également distanciées des institutions cubaines sanctionnées. À la mi-mai, le ministre cubain de l'Énergie a annoncé que le réseau électrique national était dans un état critique en raison des perturbations des livraisons de carburant. Les États-Unis avaient imposé un embargo pétrolier sur l'île de 9,6 millions d'habitants en janvier, paralysant une grande partie de l'activité économique cubaine.

Canaux de paiement alternatifs

La banque centrale a noté que d'autres méthodes de paiement en devises restent opérationnelles, notamment les espèces, les cartes prépayées nationales et les cartes internationales des systèmes Mir de Russie et UnionPay de Chine. Ces alternatives offrent une bouée de sauvetage limitée alors que les réseaux de cartes traditionnels se retirent.

Escalade politique

Les mesures financières coïncident avec l'aggravation des tensions politiques. En mai, les États-Unis ont déposé des accusations de meurtre contre l'ancien président cubain Raúl Castro. Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a déclaré ce mois-là que Washington prendrait toutes les mesures nécessaires pour protéger sa sécurité nationale. Le président Trump cherche un changement de régime dans le pays, qui est sous régime communiste depuis 1959. La relation bilatérale a atteint un nouveau point bas, La Havane défendant le rôle de Gaesa comme un moyen de générer des devises étrangères pour maintenir l'économie cubaine face à l'embargo américain en vigueur depuis 1962.

Escalade des sanctions américaines et retraits d'entreprises de Cuba, 2026
  1. L'administration Trump entame sa politique de pression maximale ; les États-Unis imposent un embargo pétrolier sur Cuba
  2. Trump signe le décret exécutif 14404 élargissant les sanctions secondaires contre les entreprises liées aux entités étatiques cubaines
  3. Les États-Unis sanctionnent Gaesa, le plus grand conglomérat d'entreprises lié à l'armée cubaine
  4. Le ministre cubain de l'Énergie avertit que le réseau électrique national est dans un état critique en raison des pénuries de carburant
  5. Iberostar quitte 12 hôtels cubains ; Blue Diamond arrête toutes ses opérations à Cuba
  6. Une banque de traitement étrangère notifie à Cuba qu'elle rompra ses liens avec Fincimex
  7. Meliá met fin à ses opérations dans 15 hôtels cubains ; Cuba annonce la suspension de Visa/Mastercard à partir du 6 juin
  8. Date limite de l'OFAC pour les entreprises étrangères pour cesser leurs relations avec Gaesa sous peine de sanctions
La Havane · Washington

8 sources

Recevoir Pollar Weekly

La semaine en actu, chaque vendredi. Gratuit.

Gratuit. Sans traceurs, sans pub. Désinscription à tout moment.

Plus de Politique & Économie