
L'artiste dissident cubain Luis Manuel Otero Alcántara arrive en exil à Miami après cinq ans de prison
Luis Manuel Otero Alcántara, cofondateur du Mouvement San Isidro, a atterri à Miami samedi après avoir accepté l'exil comme condition de sa libération d'une peine de cinq ans pour avoir protesté contre le gouvernement cubain.
Arrivée à Miami
Luis Manuel Otero Alcántara est descendu d'un avion à Miami samedi, drapé d'un drapeau cubain arborant le slogan « Patria y Vida ». Une foule de partisans a applaudi et chanté alors que l'artiste et dissident de 38 ans commençait son exil aux États-Unis. Il n'avait été libéré de prison qu'après avoir accepté de quitter Cuba définitivement. Son premier arrêt fut le Sanctuaire de Notre-Dame de la Charité, où il a déposé une statue brisée de la Vierge Marie qu'il avait apportée de l'île.
Ce que je veux vraiment, c'est travailler. Parce que, je le répète, chaque minute que je perds est une minute de dictature de plus.
Cinq ans d'emprisonnement
Otero Alcántara a été arrêté le 11 juillet 2021 alors qu'il tentait de se joindre aux plus grandes manifestations antigouvernementales que Cuba ait connues depuis des décennies. En 2022, un tribunal l'a condamné à cinq ans pour troubles à l'ordre public, outrage et manque de respect envers les symboles nationaux. Il a purgé sa peine à la prison de haute sécurité de Guanajay, près de La Havane. Des organisations de défense des droits humains, dont Amnesty International, l'ont qualifié de prisonnier politique, une accusation rejetée par le gouvernement cubain.
J'ai le droit de peindre. C'est ce qui m'a gardé en vie. Si je ne pouvais pas faire de l'art, je mourrais. C'est pour ça que les gardiens me le permettaient, pour que je ne devienne pas un martyr.
Sa peine s'est officiellement terminée le 9 juillet 2026, mais il a été transféré à la garde de la Sûreté de l'État et détenu pendant dix jours supplémentaires. Des partisans ont déposé une requête en habeas corpus en son nom, ignorant où il se trouvait jusqu'à ce qu'il monte à bord du vol le 17 juillet.
- Arrêté lors des manifestations antigouvernementales à La Havane
- Condamné à cinq ans pour troubles à l'ordre public, outrage et manque de respect envers les symboles nationaux
- Termine sa peine de prison ; transféré à la garde de la Sûreté de l'État
- Obtient un visa de libération conditionnelle humanitaire américain
- Arrive à Miami, accueilli par des partisans
Réaction diplomatique
Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a confirmé l'arrivée et a profité de l'occasion pour faire pression sur La Havane. Il a appelé à la libération immédiate de plus de 700 prisonniers politiques toujours détenus sur l'île. Rubio a décrit le seul « crime » d'Otero Alcántara comme étant d'avoir refusé de se taire et d'avoir utilisé l'art pour exiger les libertés fondamentales.
Le seul 'crime' d'Otero Alcántara était d'avoir refusé de se taire et d'avoir utilisé son art pour exiger les libertés fondamentales dont les Cubains ordinaires sont privés depuis près de sept décennies.
Le Mouvement San Isidro et les codétenus
Otero Alcántara a cofondé le Mouvement San Isidro, un collectif d'artistes, d'écrivains et de musiciens basés à La Havane qui proteste contre le gouvernement cubain. Le groupe est devenu un point focal de la dissidence après 2020. Un de ses autres membres éminents, le rappeur Maykel « Osorbo » Castillo Pérez, a été condamné lors de la même audience à huit ou neuf ans de prison et reste derrière les barreaux. Des défenseurs ont déclaré espérer que la libération d'Otero Alcántara augmenterait la pression pour la libération de Castillo.
Ce qui se passe en ce moment est le produit du travail de nous tous.
La suite
Un communiqué sur la page Facebook d'Otero Alcántara indique qu'il souhaite « revivre, reprendre ses projets et rattraper le temps qui lui a été volé ». Il est arrivé avec une libération conditionnelle humanitaire accordée par les États-Unis. Ses partisans voient dans cet exil une plateforme pour continuer à plaider en faveur d'un Cuba libre, tandis que le gouvernement cubain accuse les dissidents d'agir au service de Washington. La statue brisée qu'il a apportée de Cuba, désormais en restauration au sanctuaire de Miami, est devenue un symbole de cette lutte en cours.
