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Gouvernement·-2 h

Le Parlement roumain rejette Vestea, prolongeant le vide gouvernemental de 47 jours

Adrian Vestea, nommé par le président Nicușor Dan le 14 juin, a obtenu 189 voix dans l'assemblée de 465 sièges, soit 44 de moins que la majorité de 233 requise, après le retrait de l'extrême droite AUR. Cet échec prolonge un vide politique qui a débuté lorsque le gouvernement d'Ilie Bolojan est tombé le 5 mai.

Le Parlement roumain a voté lundi soir par 189 voix contre 23 pour rejeter le Premier ministre désigné Adrian Vestea, avec seulement 212 des 465 députés présents après le retrait de la chambre de l'Alliance pour l'unité des Roumains (AUR), d'extrême droite. Vestea avait besoin de 233 voix pour former un gouvernement ; le résultat laisse le pays sans exécutif élu pour son 47e jour.

Quarante-sept jours sans gouvernement nous coûtent déjà trop cher : des fonds européens, la confiance et du temps que nous ne retrouverons jamais.

Sept semaines de dérive

L'impasse politique a commencé en avril lorsque le Parti social-démocrate (PSD), la plus grande faction avec 130 sièges, a quitté la coalition au pouvoir pour protester contre les mesures d'austérité du Premier ministre de l'époque, Ilie Bolojan. Le 5 mai, le PSD s'est joint à l'AUR (90 sièges) pour voter une motion de censure, faisant tomber le gouvernement réformateur pro-européen de Bolojan. Depuis, Bolojan exerce ses fonctions par intérim, mais les tentatives pour installer un successeur permanent ont échoué à deux reprises : d'abord quand Eugen Tomac, un député européen, a retiré sa candidature, puis avec le rejet de Vestea.

Chronologie de la crise politique roumaine
  1. Le PSD quitte la coalition de Bolojan pour protester contre les mesures d'austérité
  2. Le Parlement renverse Ilie Bolojan par un vote de censure soutenu par le PSD et l'AUR
  3. Le président Nicușor Dan nomme Adrian Vestea au poste de Premier ministre désigné
  4. La proposition de gouvernement de Vestea est rejetée par 189 voix contre 23, l'AUR se retire

Fractures partisanes et poids de l'extrême droite

Le président Nicușor Dan a choisi Vestea, un libéral de 52 ans, le 14 juin sans consulter la direction de son parti. Le Parti libéral (PNL), présidé par Bolojan, a refusé de soutenir Vestea et a voté dimanche pour l'exclure ainsi que ses partisans, bien que la ratification formelle soit en attente. Le seul soutien public de Vestea venait du PSD et de petits partis minoritaires. Il a également tenu des discussions avec l'AUR, mais le chef du bloc d'extrême droite, George Simion, a exigé que les partis établis cessent de qualifier son groupe d'« extrémiste » comme condition pour le soutenir. L'AUR s'oppose à l'aide militaire de l'UE à l'Ukraine et a critiqué le rôle de l'UE.

J'ai la conscience tranquille. J'ai fait mon devoir.

La suite

Le président Dan, qui a exclu à plusieurs reprises tout gouvernement incluant l'extrême droite, doit maintenant nommer un autre candidat. Selon la loi roumaine, si deux candidats consécutifs ne parviennent pas à obtenir une majorité parlementaire dans les 60 jours, le président peut dissoudre l'assemblée et convoquer des élections anticipées. La prochaine élection prévue est en 2028. Des analystes cités par l'AFP et les médias allemands considèrent un gouvernement minoritaire comme l'issue la plus probable, les députés cherchant à éviter de nouvelles élections qui pourraient profiter à l'AUR, qui mène actuellement les sondages avec entre 38 et 41 %. Un cabinet minoritaire pourrait être formé par la gauche ou par les trois partis de centre-droit de la coalition déchue.

Bucarest

8 sources

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