En bref
Le Nasdaq 100 a chuté de 2,9 % jeudi 22 octobre et l'indice des semi-conducteurs de Philadelphie de 6,7 %, leurs plus fortes baisses depuis fin juin.
Meta a perdu environ 7 % après un chiffre d'affaires supérieur aux prévisions mais un bénéfice inférieur, la société prévoyant au moins 135 milliards de dollars de dépenses d'infrastructure d'IA cette année.
Le rendement à 10 ans a reculé de 17 points de base à 4,95 %, son plus bas niveau en un mois après la plus forte hausse des Treasuries en plus de deux ans.
Le Brent s'échangeait autour de 113 dollars le baril, des sources citant 113,10 et 113,73 dollars, dans un contexte de guerre avec l'Iran et d'attaques meurtrières en Arabie saoudite.
Les valeurs technologiques mènent la baisse
Vendredi 23 octobre, les indices américains étaient majoritairement en baisse lors des échanges de l'après-midi en Europe : le Dow Jones Industrial Average perdait près de 1,5 % à 52 096 points, le S&P 500 0,6 % à 7 615 et le Nasdaq 0,4 % à 25 934. Ces pertes faisaient suite à une séance plus marquée jeudi 22 octobre, où le Nasdaq 100 avait chuté de 2,9 % et l'indice des semi-conducteurs de Philadelphie de 6,7 %, leurs plus fortes baisses depuis fin juin. Ce jour-là, le S&P 500 avait perdu 1,2 % et le Nasdaq Composite 2,6 %, alors que la plupart des actions américaines avaient en réalité progressé. Les Bourses asiatiques ont suivi Wall Street à la baisse, le Nikkei 225 japonais cédant 1,7 % et le Kospi sud-coréen 2,4 % en début de séance vendredi.
Les investisseurs s'interrogent sur le coût de l'IA
Le regard porté sur les champions de l'IA est passé des résultats aux dépenses. Plusieurs grands groupes technologiques ont publié de bons chiffres trimestriels tout en annonçant qu'ils investiraient davantage dans l'IA, et les investisseurs craignent que ces dépenses ne pèsent sur les profits futurs et ne mettent longtemps à être rentabilisées. Meta a perdu environ 7 % jeudi après un chiffre d'affaires supérieur aux attentes mais un bénéfice inférieur, la société ayant annoncé la création d'une nouvelle catégorie d'actions pour financer ses investissements dans l'IA et d'autres dépenses. Meta prévoit de consacrer au moins 135 milliards de dollars à son infrastructure d'IA cette année, son activité publicitaire finançant ces investissements. Doug Anmuth, de JPMorgan, a jugé les chiffres trimestriels bons dans une première réaction.
« Le marché est encore prêt à récompenser les investissements élevés dans l'IA, mais il pose des exigences toujours plus fortes en matière de rendement. »
Santiago Mateo, responsable des actions chez CaixaBank AM, estime que les investisseurs veulent désormais la preuve que ces dépenses se traduisent par une croissance plus forte, une meilleure monétisation et, à terme, du profit. Brendon Dashiell, gérant de portefeuille chez Bogart Wealth, souligne que les valorisations élevées rendent les actions liées à l'IA vulnérables : le moindre accroc sur le marché peut provoquer une chute brutale de leurs cours.
Puces, dette et pétrole
Nvidia a perdu 4,4 % lors de la séance de jeudi et, en tant que première capitalisation de Wall Street, a pesé plus que toute autre action sur le S&P 500. CoreWeave, qui a emprunté pour acheter des puces Nvidia qu'elle loue via le cloud, a chuté de 10,1 % sur fond d'inquiétudes liées à sa dette. Tesla a cédé 3,1 % après un bénéfice supérieur aux attentes des analystes, mais un chiffre d'affaires inférieur aux prévisions.
- Meta Platforms
- -7 %
- Nvidia
- -4.4 %
- Tesla
- -3.1 %
- CoreWeave
- -10.1 %
Données tirées du texte de l’article
Le sud-coréen SK Hynix a renoncé à l'introduction en Bourse de sa filiale américaine Solidigm face à l'opposition d'actionnaires. Les prix du pétrole ont augmenté en raison des inquiétudes liées à la guerre avec l'Iran et à des attaques meurtrières en Arabie saoudite, le Brent s'établissant autour de 113 dollars le baril. Des sources citent 113,10 dollars et 113,73 dollars, et le Independent rapporte que les prix sont à leur plus haut depuis mai.
Les obligations gagnent comme valeurs refuges
La déroute a poussé les investisseurs vers les Treasuries, qui ont signé leur plus forte hausse en plus de deux ans. Le rendement de référence à 10 ans a reculé de 17 points de base à 4,95 %, et le yen a surperformé ses grandes homologues. Eugene Leow, stratège senior sur les taux chez DBS Bank, estime que les investisseurs peuvent vouloir couvrir une partie de ces risques en cherchant la sécurité des dettes souveraines.
« Le sentiment semble plus fragile ces jours-ci, à mesure que les investisseurs réexaminent les actifs liés à l'IA. »
L'indice de volatilité du Nasdaq 100 s'établissait à 29 selon les données de LSEG, au-dessus de sa moyenne sur douze mois de 24, même si Thomas Altmann, de QC Markets, juge que le marché n'est pas en panique, notant que l'indice avait atteint près de 40 en avril 2025. La Bourse de Taïwan était fermée vendredi en raison d'un typhon. Le prochain test arrive la semaine prochaine, avec les résultats de Microsoft, Amazon.com et Alphabet, en parallèle de la décision de politique monétaire de la Réserve fédérale.