
L'UE et le Royaume-Uni sanctionnent une unité cyber du FSB russe pour des sabotages en Europe ; le réseau électrique polonais ciblé, la Roumanie touchée
L'UE et le Royaume-Uni ont sanctionné le 13 juillet des individus et entités liés au Centre 16 du FSB russe, qui contrôle le groupe de piratage Turla, après des cyberattaques ayant visé le réseau électrique polonais, les systèmes gouvernementaux français et d'autres États européens, dont la Roumanie. L'OTAN a mis en garde contre une réponse, et l'Allemagne a convoqué l'ambassadeur de Moscou.
Qui est derrière les attaques
La campagne cyber est menée par l'Unité 16 du Service fédéral de sécurité russe (FSB), qui dirige le groupe de menace persistante avancée connu sous le nom de Turla. Le Conseil européen indique que le Centre 16 du FSB contrôle depuis des années un éventail d'acteurs de la menace cyber, déployant un écosystème qui comprend des services de renseignement d'État, des groupes criminels, des hacktivistes et des entreprises privées. Le groupe Turla est actif depuis au moins 2004 et est décrit par les autorités roumaines comme étant parmi les plus sophistiqués au monde, spécialisé dans la compromission à long terme de cibles gouvernementales, diplomatiques, militaires, éducatives, de recherche et pharmaceutiques.
L'ampleur de la campagne
Selon l'UE, l'Unité 16 mène de l'espionnage cyber contre des entités gouvernementales stratégiques françaises depuis 2010 et a ciblé l'industrie de défense française en 2025. En Allemagne, des organes gouvernementaux ont été touchés. La tentative la plus perturbatrice a eu lieu en Pologne, où l'unité a mené une opération de sabotage contre des infrastructures critiques, notamment des centrales de cogénération. Le Royaume-Uni a déclaré que l'attaque avait échoué mais aurait pu priver 500 000 personnes d'électricité en plein hiver. La Roumanie, Chypre, les Pays-Bas, l'Autriche, la Slovaquie et la Finlande figuraient également parmi les États membres de l'UE touchés. Le ministère roumain des Affaires étrangères a confirmé que la plateforme Noname a été utilisée dans plusieurs cyberattaques contre des sites web d'institutions publiques roumaines, ce qui a incité Bucarest à proposer pour la première fois ses propres sanctions de l'UE dans le cadre du régime de sanctions cyber de l'Union.
- Le Centre 16 du FSB lance de l'espionnage cyber contre des entités gouvernementales françaises
- L'espionnage s'étend à l'industrie de défense française
- Tentative de sabotage des infrastructures critiques polonaises échoue ; 500 000 personnes risquent de perdre l'électricité
- L'UE et le Royaume-Uni sanctionnent 13 entités et 24 personnes ; l'Allemagne convoque l'ambassadeur russe ; l'OTAN met en garde contre une réponse ; la Roumanie propose des sanctions contre la plateforme Noname
Réponse internationale coordonnée
L'UE a imposé des mesures restrictives à neuf personnes et quatre entités, tandis que le Royaume-Uni a sanctionné 24 personnes et entités liées aux services de renseignement russes. Les deux actions ont été coordonnées publiquement. L'Allemagne a convoqué l'ambassadeur russe à Berlin pour dénoncer la campagne, la décrivant comme une campagne d'activités cyber malveillantes attribuée à Moscou et menée par l'acteur Turla. La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a déclaré que le Conseil condamnait fermement le comportement de la Russie et son exploitation d'un écosystème cyber hostile. La ministre britannique des Affaires étrangères, Yvette Cooper, a ajouté que l'État russe touchait de nouveaux sommets de dépravation dans ses tentatives de saper la sécurité européenne.
Nous condamnons fermement le comportement de la Russie.
Qu'il s'agisse de diriger des criminels contre des entreprises ou de frapper le réseau électrique polonais en plein hiver, l'État russe touche de nouveaux sommets de dépravation dans ses tentatives de saper la sécurité européenne.
L'avertissement de l'OTAN
L'OTAN a publié une déclaration le 13 juillet condamnant les activités cyber malveillantes persistantes et appelant la Russie à cesser ces actions déstabilisatrices, qui, selon elle, violent les normes internationales convenues pour un comportement responsable des États dans le cyberespace. L'Alliance a souligné qu'elle avait renforcé sa posture cyber, intégrant les effets cyber dans ses opérations, missions et activités. Elle a averti qu'elle était prête à utiliser toute la gamme de ses capacités pour dissuader, défendre et contrer les menaces cyber, et qu'elle répondrait au moment et de la manière de son choix, conformément au droit international. L'OTAN a également réaffirmé son unité et sa solidarité avec les alliés touchés et son soutien continu à l'Ukraine.
Nous sommes prêts à utiliser toute la gamme de nos capacités pour dissuader, défendre et contrer l'ensemble du spectre des menaces cyber. Nous sommes prêts à répondre à ces menaces au moment et de la manière que nous choisirons, conformément au droit international.
Le rôle de la Roumanie
Le président Nicusor Dan a déclaré que la Roumanie condamnait fermement les activités cyber hostiles menées par des groupes contrôlés par le FSB, qui ont ciblé des États membres de l'UE, des alliés de l'OTAN et des partenaires, dont la Roumanie. Il a qualifié ces attaques de partie d'une campagne hybride plus large visant à saper la stabilité démocratique, à attiser les divisions sociétales entre alliés et à tester la cohésion de l'UE et de l'OTAN. Au Conseil des affaires étrangères à Bruxelles, la ministre des Affaires étrangères, Oana Țoiu, a présenté une proposition, déjà examinée juridiquement au niveau de l'UE, visant à sanctionner la plateforme Noname. C'est la première fois que la Roumanie initie une inscription dans le cadre du mécanisme de sanctions cyber de l'UE, et les États membres de l'UE examineront désormais la proposition avant que des mesures restrictives ne soient adoptées.
De telles attaques, ciblant les institutions publiques, les infrastructures critiques et les informations sensibles, sont inacceptables. Elles font partie d'une campagne hybride plus large visant à saper la stabilité de nos démocraties, à attiser les divisions dans la société et entre alliés, et à tester la cohésion de l'Union européenne et de l'OTAN.


