
La France fait état de 2 025 décès supplémentaires liés à la canicule record de juin alors que l'Europe paie le prix des températures extrêmes
Santé publique France a annoncé 2 025 décès supplémentaires durant la semaine du 22 au 28 juin, soit une hausse de 29 %, alors que le pays a connu son mois de juin le plus chaud depuis 1947. Ce chiffre provisoire, basé sur des certificats de décès électroniques incomplets, devrait encore augmenter.
Des températures records
La France a connu son mois de juin le plus chaud jamais enregistré, avec des températures moyennes atteignant 22,7 °C, soit 3,8 °C au-dessus de la norme 1991-2020, selon Météo-France. La canicule, qui a duré du 17 au 30 juin, a vu les températures dépasser 40 °C dans plus de 40 % du pays. Les trois jours les plus chauds jamais enregistrés en France, tous mois confondus, ont eu lieu les 24 et 25 juin. Le service météorologique national a décrit l'épisode comme « sans précédent, de jour comme de nuit, touchant plus d'un tiers du pays ».
Bilan des décès et disparités régionales
Santé publique France (SPF) a compté 8 973 décès pour la semaine du 22 au 28 juin, contre 6 948 la semaine précédente, soit 2 025 décès supplémentaires. La hausse a été la plus forte en Île-de-France, où les décès ont augmenté de 62,8 % (619 supplémentaires), et dans les Pays de la Loire, en hausse de 62 % (178 supplémentaires). Les décès à domicile ont presque doublé (+91 %), tandis que les décès en Ehpad ont augmenté de 37 %. SPF a précisé que ce bilan repose sur les certificats de décès électroniques, qui ne couvrent que 60 % de la mortalité nationale et 45 % des décès en Ehpad, ce qui signifie que le chiffre final sera plus élevé.
- Début de la canicule ; les températures commencent à grimper en France.
- Afflux de patients liés à la chaleur aux urgences de l'hôpital Paris-Saclay.
- Début de la semaine la plus meurtrière (22-28 juin) ; les décès supplémentaires sont ensuite estimés à 2 025.
- Jour le plus chaud jamais enregistré en France, tous mois confondus ; record réitéré le 25 juin.
- Fin officielle de la canicule après 14 jours, selon Météo-France.
- Santé publique France publie le bilan provisoire de 2 025 décès supplémentaires.
Hôpitaux et morgues sous pression
Les services d'urgence ont été submergés de victimes de la chaleur à partir du 20 juin. Le Dr Nicolas Gonzales, chef du service des urgences de l'hôpital Paris-Saclay, a indiqué que les patients arrivaient avec des crises cardiaques, des déshydratations et des insuffisances rénales, allant des enfants aux personnes âgées vivant seules. À Paris, les pompes funèbres ont signalé des morgues saturées, certaines ayant dû refuser des corps. Le Samu de Paris a également enregistré un volume d'appels exceptionnellement élevé durant la dernière semaine de juin.
Nous avons collectivement un effort très important à fournir pour ceux qui sont seuls.
Répercussions politiques et débat sur l'adaptation
Le nombre de morts a relancé le débat sur la préparation de la France. Sophie Binet, secrétaire générale du syndicat CGT, a accusé l'État de ne pas avoir anticipé la canicule malgré des décennies d'avertissements climatiques. À droite, Éric Ciotti a appelé à l'énergie nucléaire, à la climatisation généralisée et à de nouvelles solutions de stockage de l'eau pour l'agriculture. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a évoqué un réseau prévu de centres de protection pour les personnes vulnérables comme la « grande différence avec 2003 », année où 15 000 personnes étaient mortes. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a souligné la nécessité de solidarité envers les personnes isolées.
Il n'y a pas eu d'anticipation de cette canicule, alors que nous savons depuis des décennies que le climat se réchauffe et que nous devons non seulement lutter contre le changement climatique mais aussi nous adapter. La chaleur tue.
Une crise à l'échelle du continent
La Belgique a enregistré 1 222 décès supplémentaires (une hausse de 39 %) entre le 18 et le 29 juin, près de la moitié chez les personnes de 85 ans et plus. L'Espagne a attribué au moins 1 028 décès à la chaleur en juin, soit le double du chiffre de juin 2025. L'Allemagne, la Pologne, la Slovaquie, la République tchèque et la Hongrie ont toutes établi des records absolus de température, tandis que le Royaume-Uni et la Suisse ont connu leur mois de juin le plus chaud. World Weather Attribution a déclaré que la canicule aurait été « pratiquement impossible » sans le changement climatique. Une analyse de l'AFP a estimé que 410 millions d'Européens, soit les deux tiers de la population du continent, ont connu des températures supérieures à 35 °C au moins une fois entre le 15 et le 30 juin.
- France (22-28 juin)
- 2025 décès supplémentaires
- Île-de-France (22-28 juin)
- 619 décès supplémentaires
- Pays de la Loire (22-28 juin)
- 178 décès supplémentaires
- Belgique (18-29 juin)
- 1222 décès supplémentaires
- Espagne (juin)
- 1028 décès supplémentaires
Une nouvelle vague déjà en préparation
Une nouvelle poussée de chaleur est prévue pour le week-end des 4 et 5 juillet, avec Paris attendu à 32 °C le jour et 20 °C la nuit. Les autorités se préparent à une nouvelle pression sur les services de santé alors que le bilan provisoire des décès de juin devrait augmenter dans les semaines à venir.


