
En Allemagne, la baisse de la taxe sur les carburants n'est répercutée qu'aux deux tiers environ, selon le DIW
Deux semaines après l'entrée en vigueur de la baisse de taxe le 1er octobre, le DIW estime qu'environ deux tiers des 16,7 centimes de réduction sont parvenus aux automobilistes. La faiblesse de la concurrence entre raffineurs et grossistes est la cause suspectée.
Une répercussion partielle après deux semaines
La baisse de la taxe sur les carburants en Allemagne est entrée en vigueur le 1er octobre et court jusqu'au 31 décembre, mais deux semaines plus tard, les économistes affirment qu'une partie seulement des 16,7 centimes par litre de réduction parvient aux automobilistes. Le DIW de Berlin estime qu'environ deux tiers de la baisse sont parvenus aux consommateurs. Il compare les prix à la pompe en Allemagne avec ceux pratiqués en France, où il n'existe pas de ristourne, et attribue la différence à l'effet de la baisse de taxe. Sur cette base, les prix en Allemagne ont reculé de 10 à 11 centimes par litre de plus qu'en France en moyenne depuis le 1er octobre. La mesure répond à une forte hausse des prix des carburants provoquée par les perturbations des marchés pétroliers liées à la guerre en Iran, et l'État fédéral et les Länder chiffrent son coût à 2,5 milliards d'euros.
- Entrée en vigueur de la baisse de la taxe sur les carburants, qui réduit les taxes jusqu'au 31 décembre
- Le DIW lance son Tankrabatt-Monitor quotidien
- La répercussion moyenne mesurée par le DIW tombe à 9 centimes à partir de cette date
- Les données de la Commission européenne au lundi classent l'E10 au quatrième rang des plus chers de l'UE
- La moyenne ADAC du mercredi pour l'E10 s'établit à 2,146 euros le litre
Où l'écart apparaît
Le DIW a lancé un « Tankrabatt-Monitor » quotidien dans la semaine du 5 octobre, qui suit chaque jour les prix à la pompe dans les stations-service allemandes. Dans ses premiers jours, la baisse de taxe s'est traduite par un recul des prix d'environ 12 centimes par litre par rapport à la France, et jusqu'à 13,6 centimes pour le diesel. Depuis le 8 octobre, la moyenne est tombée à 9 centimes. L'expert de la concurrence du DIW, Tomaso Duso, indique que le résultat dépend de la date de comparaison : en retenant le 27 septembre plutôt que le 30 septembre, la répercussion dépasse 80 %, mais la tendance à l'effritement se vérifie dans les deux cas. Il rappelle aussi que la répercussion s'était déjà affaiblie lors de la ristourne du printemps, mais seulement vers la fin de celle-ci.
Duso situe la cause au premier maillon de la chaîne d'approvisionnement, là où la baisse de taxe arrive en premier. Il a appelé le Bundeskartellamt à poursuivre ses investigations au niveau des raffineries et du commerce de gros, estimant que la faiblesse de la concurrence à ce stade est un problème qui dépasse la période de la ristourne.
Tout dépend de la concurrence à ce niveau.
Il existe des indications claires que la concurrence y est faible.
Ifo, l'office des cartels et la filière
L'institut Ifo, basé à Munich, fait état d'une répercussion un peu plus élevée. Pour la période du 7 au 13 octobre, il l'établit à 13 centimes pour l'essence E10, à 14,7 centimes pour une seconde qualité d'essence et à 13,5 centimes pour le diesel, toutes inférieures aux 16,7 centimes de la baisse. Les sources désignent cette seconde qualité de façon différente : le Spiegel l'appelle E5, tandis que le Handelsblatt et le Tagesspiegel l'appellent E15. Ifo a relevé une répercussion particulièrement faible durant le week-end des 10 et 11 octobre.
- DIW, premiers jours
- 12 centimes par litre
- Ifo E10, 7-13 oct.
- 13 centimes par litre
- Ifo diesel, 7-13 oct.
- 13.5 centimes par litre
- DIW, depuis le 8 oct.
- 9 centimes par litre
Le président du Bundeskartellamt, Andreas Mundt, ajoute que l'écart est plus important pour l'essence que pour le diesel et qu'une évaluation complète serait encore prématurée.
Les évaluations disponibles suggèrent que la répercussion a largement eu lieu, mais pas complètement, au niveau des raffineries et du commerce de gros.
L'association de la filière des carburants en2x affirme que ses membres ont toujours répercuté intégralement la ristourne. Elle soutient que les calculs inverses négligent l'évolution des coûts liés au quota obligatoire de biocarburants et au transport, actuellement affectés par le faible niveau des eaux du Rhin. La filière invoque aussi la hausse des prix sur le marché mondial.
Prix à la pompe et classement européen
Selon l'ADAC, la moyenne nationale quotidienne de l'E10 mercredi 14 octobre s'établissait à 2,146 euros le litre. L'E10 dépasse d'un peu plus de trois centimes son prix du premier jour de la ristourne, tandis que le diesel, à 2,255 euros, est légèrement moins cher que ce jour-là. Les deux prix n'ont que faiblement évolué depuis. Les données de la Commission européenne au lundi 12 octobre montrent qu'avec la ristourne, l'E10 est le quatrième carburant le plus cher de l'UE, derrière le Danemark, les Pays-Bas et la Finlande, et juste devant la France. Le diesel occupe le sixième rang, à quelques centimes derrière la Belgique et la France. Fin septembre, l'Allemagne se classait troisième pour l'E10 et quatrième pour le diesel : la ristourne l'a donc fait reculer dans le tableau.