
Le Portugal suspend 182 pensions d'invalidité après l'arrestation d'un médecin à Benavente pour fraude
L'Institut de la sécurité sociale a suspendu 182 pensions d'invalidité mercredi à la suite d'un audit lié à un système orchestré par le docteur Emuna Mia, placée en détention à Benavente. L'État prévoit d'économiser plus de 18 millions d'euros.
Arrestations à Benavente
La police judiciaire portugaise a placé en détention le docteur Emuna Mia mercredi à Benavente, dans le district de Santarém, dans le cadre de l'opération « Relax ». Les autorités ont également arrêté son assistant personnel et deux autres médecins, les frères Pedro Barreira et João Vasco Barreira, connus sous le nom des Twin Docs. Les quatre personnes ont été présentées au tribunal central d'instruction criminelle de Lisbonne pour un premier interrogatoire judiciaire et d'éventuelles mesures de coercition.
L'enquête, menée par l'Unité nationale de lutte contre la corruption, a exécuté 19 mandats de perquisition à Lisbonne, Santarém et Leiria. Trois cabinets médicaux ont été perquisitionnés, dont la clinique de Mia à Santo Estevão. Au total, neuf suspects ont été formellement nommés dans l'affaire.
Le système frauduleux
Mia aurait facturé au moins 1 000 euros par dossier pour produire de faux certificats d'invalidité permettant aux travailleurs de demander des pensions d'invalidité. Le système, révélé en avril par une enquête de SIC, fonctionnait depuis 2020 et impliquait des dizaines d'employés d'entreprises publiques telles que l'opérateur de bus lisboète Carris. Les enquêteurs ont décrit un « plan criminel » ayant causé à l'État des pertes de centaines de milliers d'euros.
Le plan a permis à de nombreux bénéficiaires de percevoir illégalement des pensions d'invalidité et de maladie professionnelle.
Le Conseil de l'ordre des médecins a ouvert une procédure disciplinaire contre Mia en avril, invoquant des « violations présumées graves de l'éthique et de la déontologie médicales ». L'Inspection générale des activités de santé a également entamé une inspection.
Audit et suspensions de pensions
À la suite d'une plainte transmise par l'Autorité de régulation de la santé, l'Institut de la sécurité sociale a mené un audit interne. Les 17 et 18 juin, de nouveaux conseils médicaux ont réévalué 196 bénéficiaires sélectionnés selon des critères géographiques et l'identification du médecin prescripteur. Seuls 14 ont été confirmés comme légitimement incapables ; les 182 autres ont été déclarés aptes au travail. Leurs pensions ont été suspendues avec effet immédiat à compter de juillet.
Sur les 196 bénéficiaires évalués, 182 ont été considérés comme « aptes » et le paiement de leurs pensions respectives a été suspendu immédiatement avec effet à partir de juillet.
L'ISS estime l'économie totale à environ 18,5 millions d'euros, en tenant compte de l'âge moyen des bénéficiaires concernés et de la date prévue de leur passage à une pension de vieillesse. Une autre estimation situe le chiffre à plus de 18 millions d'euros.
- Suspendues
- 182 bénéficiaires
- Maintenues
- 14 bénéficiaires
Collaboration en cours
L'ISS a déclaré collaborer avec les autorités judiciaires depuis janvier, date à laquelle l'enquête pénale a débuté au sein du ministère public. La police note que la fraude ciblait principalement le système public de sécurité sociale et que d'autres bénéficiaires sont encore en cours d'examen.


