
Le rapporteur du Tribunal constitutionnel espagnol soutient le rejet par la Cour suprême de l'amnistie pour les dirigeants catalans
Le magistrat du Tribunal constitutionnel José María Macías a diffusé un projet rejetant le recours de Jordi Turull, arguant que les fonds publics ont épargné aux responsables catalans des frais personnels lors du vote sur l'indépendance de 2017.
Le rapporteur soutient la décision de la Cour suprême
Le magistrat du Tribunal constitutionnel espagnol José María Macías a distribué un projet d'arrêt approuvant le refus de la Cour suprême d'accorder l'amnistie aux dirigeants indépendantistes catalans pour détournement de fonds. Le projet répond spécifiquement au recours en amparo déposé par Jordi Turull, secrétaire général de Junts per Catalunya, qui contestait la décision de la deuxième chambre de la Cour suprême de maintenir son interdiction d'exercer des fonctions publiques. Macías a distribué son texte aux onze autres membres du plénum le 12 septembre 2026. Le projet conclut que la Cour suprême a agi dans le cadre de son pouvoir discrétionnaire judiciaire standard plutôt que de violer les droits constitutionnels.
Macías a rejeté les allégations de Turull selon lesquelles la chambre pénale aurait agi arbitrairement ou déformé le texte législatif de la loi d'amnistie.
L'interprétation faite par la deuxième chambre de la Cour suprême ne peut être qualifiée de surprenante ou d'imprévisible, et encore moins de capricieuse ou de résultat d'une prétendue animosité envers le requérant, mais elle est conforme à la doctrine existante sur les éléments pénaux du détournement de fonds.
Arguments sur l'enrichissement personnel et les fonds européens
Dans son raisonnement juridique, Macías a adopté la définition de l'enrichissement personnel de la Cour suprême, affirmant que les hommes politiques qui ont utilisé l'argent public pour financer le référendum de 2017 ont évité des dépenses personnelles. Il a fait valoir que les citoyens qui ont soutenu l'initiative sécessionniste par des dons privés ont vu leur patrimoine personnel réduit, tandis que les responsables publics ont préservé leur richesse privée en détournant des fonds de l'État. Selon le projet, empêcher une réduction du patrimoine personnel constitue un gain économique qui échappe au champ d'application de la loi d'amnistie.
Macías a expliqué cette distinction directement dans le texte de son projet.
L'enrichissement ne peut se limiter à une augmentation d'actifs, mais inclut également la prévention de leur diminution en imputant des dépenses personnelles au Trésor public.
Macías a également abordé les récentes décisions de la Cour de justice de l'Union européenne concernant les fonds européens. Étant donné que la Cour européenne n'avait pas rendu sa décision au moment où la Cour suprême a statué sur l'affaire, Macías a fait valoir que les prononcés européens ultérieurs ne peuvent pas invalider rétroactivement le raisonnement de la Cour suprême.
Rejet attendu par la majorité progressiste
Le Tribunal constitutionnel, composé de douze membres, doit débattre du projet de proposition lors de sa séance plénière du 22 septembre 2026. Le tribunal détient actuellement une majorité progressiste dirigée par le président du Tribunal constitutionnel Cándido Conde-Pumpido, qui est favorable à l'application de l'amnistie aux condamnations pour détournement de fonds. La majorité devrait voter contre le projet de Macías. Si le plénum rejette le texte, l'affaire sera confiée à un autre magistrat pour rédiger un nouvel arrêt accordant le recours de Turull.
Un rejet le 22 septembre 2026 repoussera la décision finale à la session plénière suivante, qui débute le 6 octobre 2026.
- Un premier rapport présente le projet de proposition d'amparo.
- Le juge José María Macías diffuse le projet d'arrêt au plénum.
- Le plénum du Tribunal constitutionnel se réunit pour débattre et voter le projet.
- Ouverture de la session plénière suivante où un projet révisé pourrait être examiné.
Répercussions pour Puigdemont et les mandats d'arrêt
Bien que le recours en amparo de Turull soit le premier à être traité, la doctrine établie par le Tribunal constitutionnel fera jurisprudence pour tous les recours en détournement de fonds en attente liés à la poussée indépendantiste de 2017. L'issue affectera directement l'ancien président catalan Carles Puigdemont, ainsi que les anciens responsables condamnés Oriol Junqueras, Dolors Bassa et Raül Romeva. Le juge d'instruction de la Cour suprême Pablo Llarena a indiqué qu'il appliquerait la doctrine du Tribunal constitutionnel à Puigdemont sans attendre la résolution distincte du recours individuel de Puigdemont.
Un arrêt définitif annulant la position de la Cour suprême permettrait à Llarena de retirer le mandat d'arrêt national actif qui empêche actuellement Puigdemont de retourner en Espagne.


