
Le parquet demande une assignation à résidence pour un policier de Turin qui a tiré du gaz lacrymogène à la tête d'un supporter de la Juventus avant le derby
Le parquet de Turin a demandé une assignation à résidence pour un officier d'une unité mobile qui aurait tiré horizontalement une cartouche de gaz lacrymogène à hauteur de tête, blessant un supporter de la Juventus de 36 ans avant le derby du 24 mai.
L'incident
Avant le match Torino-Juventus du 24 mai 2026, des affrontements ont éclaté entre groupes de supporters rivaux près du stade. Marco Leonardo Basoccu, un supporter de la Juventus de 36 ans originaire de Milan, arrivé avec le groupe organisé Viking, a été frappé à la tête par un objet à haute vélocité. Il a été placé dans un coma artificiel et a subi une délicate intervention chirurgicale pour retirer une partie de son crâne. Il est sorti de l'hôpital Molinette de Turin le 9 juin.
Enquête et accusations
Les procureurs Giovanni Bombardieri et Paolo Scafi ont conclu que l'objet était une cartouche de gaz lacrymogène de la police, tirée horizontalement depuis une distance de quelques dizaines de mètres par un officier du Reparto Mobile de Turin. Le boîtier en acier de la cartouche ne s'est pas ouvert pour libérer ses fentes en plastique car elle a été tirée à une distance trop courte. L'officier est accusé de lésions corporelles aggravées pour avoir tiré à hauteur de tête en violation des directives de maintien de l'ordre.
Il existe un sérieux faisceau d'indices concernant la blessure tragique du supporter de la Juventus, liée à l'explosion d'une cartouche de gaz lacrymogène tirée, d'une manière non conforme aux méthodes prescrites, par l'officier de la police d'État, sans se soucier des conséquences très graves possibles.
Les enquêteurs de la brigade mobile ont analysé des images de drones de la Digos et des caméras de surveillance, ainsi que les témoignages des collègues de l'officier. La police elle-même a identifié le suspect. Le 3 juillet, l'officier a comparu devant un juge d'instruction pour un interrogatoire préventif, une étape introduite par la réforme Nordio avant qu'une mesure restrictive puisse être ordonnée. La décision du juge concernant la demande d'assignation à résidence est attendue dans les prochains jours.
Rétablissement de la victime
Basoccu, comptable basé à Milan, se fatigue encore facilement et n'a aucun souvenir de la blessure. Il a confié aux journalistes qu'il essaie de reconstituer les événements.
J'essaie de rassembler des petits morceaux, depuis l'arrivée de notre bus jusqu'aux instants précédant ma blessure. Ces jours-ci, j'ai eu beaucoup de visions, j'ai besoin de comprendre ce qui est réalité et ce que j'ai seulement vu dans ma tête.
Il doit subir une autre opération en septembre pour reconstruire son crâne.
Réaction de la famille
Pier Luigi Basoccu, le père de la victime, a déclaré n'avoir jamais cru aux premières théories selon lesquelles une pierre ou une bouteille aurait causé la blessure. Il a exprimé son soulagement que les enquêteurs aient identifié le tireur.
Quand j'ai appris que les enquêteurs avaient identifié celui qui avait tiré le gaz lacrymogène qui a frappé Marco à la tête, j'ai été ému. La tension est retombée. J'ai revécu ces jours terribles, pleins d'angoisse. Des jours où j'ai craint de perdre mon fils, j'ai craint qu'il ne soit plus jamais le même. Au lieu de cela, un grand miracle s'est produit.
Il a ajouté qu'il ne souhaite pas juger le jeune officier, espérant que l'acte était involontaire.
La suite
- Marco Basoccu frappé à la tête par une cartouche de gaz lacrymogène avant le match Torino-Juventus.
- Basoccu sort de l'hôpital Molinette de Turin après une opération du crâne et un coma artificiel.
- Un officier de police subit un interrogatoire préventif devant le juge d'instruction.
- La demande d'assignation à résidence du parquet rendue publique ; décision du juge en attente.
La décision du juge sur la demande d'assignation à résidence est en attente. Si elle est accordée, l'officier serait confiné à son domicile pendant que l'enquête se poursuit. L'affaire a déjà suscité des protestations de groupes de supporters et d'activistes de gauche à Turin, qui avaient déjà manifesté contre le comportement de la police.


