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Gouvernement·-2 h

La Cour suprême interdit à un détenu rastafarien de poursuivre les gardiens qui lui ont rasé de force ses dreadlocks

La Cour suprême des États-Unis a statué mardi, par 6 voix contre 3, que la loi fédérale sur les droits religieux ne permet pas d'obtenir des dommages et intérêts pécuniaires contre des agents pénitentiaires individuels, bloquant ainsi la tentative de Damon Landor de tenir les gardiens de Louisiane responsables du rasage de ses dreadlocks.

La décision

Une Cour suprême divisée 6-3, avec tous les juges conservateurs dans la majorité et les trois juges libéraux en dissidence, a estimé que la loi de 2000 sur l'utilisation des terres religieuses et les personnes institutionnalisées (RLUIPA) ne peut pas être utilisée pour poursuivre des agents de l'État individuels pour des dommages et intérêts pécuniaires. Le juge Neil Gorsuch a rédigé l'avis majoritaire, concluant que la loi s'applique aux institutions, et non aux agents gouvernementaux à titre personnel.

Ce qui s'est passé en 2020

Damon Landor, un homme rastafarien, avait laissé pousser ses cheveux en longues mèches atteignant ses genoux pendant plus de 20 ans. Vers la fin d'une peine de cinq mois pour possession de drogue, il est arrivé au centre correctionnel Raymond Laborde à Cottonport, en Louisiane. Il portait une copie d'une décision d'une cour d'appel fédérale qui disait explicitement que couper les cheveux d'un prisonnier rastafarien violait la RLUIPA ; un gardien a jeté le document à la poubelle, le directeur a ordonné la coupe de cheveux, et les gardiens ont menotté Landor à une chaise et l'ont rasé complètement.

Parcours juridique et arguments

Les tribunaux fédéraux inférieurs ont rejeté la plainte de Landor pour dommages et intérêts. La 5e Cour d'appel, tout en condamnant le traitement, a convenu que la RLUIPA ne crée pas de responsabilité personnelle pour des dommages et intérêts pécuniaires. Les avocats de Landor ont fait valoir que sans recours en dommages et intérêts, la loi n'offrirait aucune dissuasion, et ils ont comparé la RLUIPA à la loi sur la restauration de la liberté religieuse, en vertu de laquelle la Cour suprême a permis en 2020 à des hommes musulmans de poursuivre en justice au sujet de la liste d'interdiction de vol. L'administration Trump a soutenu Landor et a exhorté la Cour à relancer l'affaire. La Louisiane a déclaré avoir depuis modifié sa politique de toilettage en prison pour éviter qu'une telle situation ne se reproduise.

Dates clés de l'affaire Landor
  1. Des gardiens rasent de force les dreadlocks de Landor au centre correctionnel Raymond Laborde.
  2. La 5e Cour d'appel confirme le rejet, estimant que la RLUIPA n'autorise pas les dommages individuels.
  3. La Cour suprême entend les plaidoiries.
  4. La Cour suprême statue 6-3 contre Landor, bloquant la plainte.

Contexte plus large

Cette décision contraste avec une série de récents arrêts de la Cour suprême qui ont élargi les droits religieux. Ici, les juges ont refusé d'interpréter un recours en dommages et intérêts dans la loi, laissant les détenus sans voie pour demander une compensation aux agents individuels, même lorsque les droits religieux sont violés.

Cottonport

4 sources

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