
La Turquie, l'Arabie saoudite et le Pakistan signent un pacte de défense à La Mecque avec une clause de défense collective de type OTAN
Trois États sunnites ont signé un accord de défense collective à La Mecque le 7 août, stipulant qu'une attaque contre l'un d'eux est considérée comme une attaque contre tous, dans le contexte de la guerre entre l'Iran et la coalition américano-israélienne.
L'Accord de défense conjointe de La Mecque
Le 7 août, le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, le président turc Recep Tayyip Erdoğan et le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif ont signé l'« Accord de défense conjointe de La Mecque ». Le pacte stipule qu'une attaque armée contre l'un des trois États sunnites sera considérée comme une attaque contre tous, une clause comparée à l'article 5 de l'OTAN. L'accord prévoit également un renforcement de la coopération militaire, du partage de renseignements, de la collaboration dans l'industrie de défense et de la coordination stratégique. Selon le quotidien français Courrier international, il ne s'agit pas d'un traité entièrement nouveau, mais de l'entrée de la Turquie dans un pacte de défense qui liait déjà l'Arabie saoudite et le Pakistan, apportant un poids considérable grâce à la participation d'Ankara.
Le président turc Erdoğan a présenté le pacte comme ouvert à une participation élargie.
De même qu'il ne cible aucun pays, il est ouvert à la participation de tous les pays frères qui aspirent à la paix, à la prospérité et à la stabilité de notre région.
- La guerre de 12 jours contre l'Iran accélère les efforts de sécurité régionale
- Les États-Unis et Israël lancent des frappes aériennes massives sur l'Iran ; l'Iran riposte contre les alliés américains dans la région
- L'Arabie saoudite annonce des opérations conjointes avec le Commandement central américain en Irak
- L'Accord de défense conjointe de La Mecque est signé par l'Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan
- Le Pakistan déclare que le pacte ne cible aucun pays et est purement défensif
- Bekayi (Iran) déclare qu'il n'y a aucune raison de s'inquiéter, mais note que les trois États ont conclu qu'ils ne peuvent pas compter sur les engagements sécuritaires américains
Contexte régional et motivations
Le pacte fait suite à l'attaque américano-israélienne contre l'Iran fin février 2026, datée du 26 février par la BBC et du 28 février par Le Monde et Courrier international, qui a bouleversé les équilibres de pouvoir de longue date au Moyen-Orient. L'Iran a riposté contre les alliés des États-Unis dans la région, et les parties sont en état de guerre de facto depuis fin février. L'Arabie saoudite a été touchée par des attaques iraniennes durant ce conflit et avait conclu un accord informel de désescalade avec l'Iran, mais les combattants houthis au Yémen ont ensuite annoncé un blocus maritime de l'Arabie saoudite et ont tiré sur des installations pétrolières saoudiennes le week-end suivant la signature du pacte. Ni la Turquie ni le Pakistan ne sont venus à la défense de l'Arabie saoudite après l'attaque houthie.
Dania Thafer, directrice exécutive du Gulf International Forum basé à Washington, a décrit l'arrangement comme un « pacte de défense élastique » et une couche supplémentaire de dissuasion pour l'Arabie saoudite, notant que la Turquie et le Pakistan entretiennent tous deux des relations avec l'Iran et les États-Unis.
Expansion potentielle et Israël
Le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan a déclaré à l'agence de presse publique Anadolu que l'Égypte est un « partenaire naturel » et pourrait rejoindre l'alliance dans la prochaine phase. Erdoğan a exprimé l'espoir que l'initiative s'étende au-delà des trois États fondateurs. La presse turque s'est montrée enthousiaste, le quotidien Takvim la qualifiant d'« OTAN de l'islam » et Yeni Safak suggérant le Qatar, l'Azerbaïdjan et la Syrie comme soutiens.
Le ministre pakistanais de la Défense Khawaja Asif est allé plus loin, qualifiant Israël de « menace pour l'ensemble du monde musulman » et appelant à un front militaire uni parmi les nations musulmanes. Il a également évoqué les prochaines élections d'octobre en Israël.
Peu importe qui arrive au pouvoir à Jérusalem : que Naftali Bennett ou quelqu'un d'autre devienne Premier ministre, les différences ne seront que marginales, car leur attitude envers les Palestiniens et leur mentalité anti-islamique ne disparaîtront pas.
Réactions de l'Iran et de l'Inde
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Ismail Bekayi, a déclaré le 10 août qu'il n'y avait aucune raison de craindre que le pacte soit dirigé contre l'Iran, mais a ajouté que les trois pays avaient conclu qu'ils « ne peuvent pas compter sur les engagements sécuritaires américains ». Le Pakistan agit actuellement comme médiateur entre l'Iran et les États-Unis.
La presse indienne a offert des évaluations mitigées. Aaj Tak a qualifié l'alliance d'« impressionnante sur le papier » mais a estimé que ses chances de succès sont faibles en raison des intérêts nationaux conflictuels des trois pays. Times of India a écrit que l'orientation stratégique du pacte est d'établir un « équilibre régional » incluant l'Iran, le Golfe et le Moyen-Orient. Firstpost l'a décrit comme une « alliance pas encore totalement formée ».
Posture élargie de l'Arabie saoudite
Hesham Alghannam, chercheur au Carnegie Middle East Center à Riyad, a déclaré que le moment de l'accord est significatif, intervenant au cours d'une semaine où l'Arabie saoudite a refusé de négocier avec les Houthis, a frappé des milices irakiennes, a établi une coalition en mer Rouge et a fait pression sur Washington pour obtenir des chasseurs F-35. L'Arabie saoudite a également annoncé des opérations conjointes avec le Commandement central américain en Irak à la fin juillet. Le pacte s'appuie sur des efforts qui se sont accélérés après la guerre de 12 jours contre l'Iran en juin 2025, visant à contrer la menace iranienne mais aussi à contrebalancer l'influence israélienne dans la région.


