Migration · Houston

Un grand jury du Texas renvoie un agent de l'ICE devant le tribunal après une collision au SUV avec un immigré à Houston

Un grand jury du comté de Harris a renvoyé vendredi 30 octobre l'agent de l'ICE Mario Alberto Morales devant le tribunal après une collision au SUV avec un ouvrier du bâtiment à Houston. Le parquet affirme que le véhicule a été utilisé comme une arme mortelle, et l'ICE qualifie l'affaire de coup politique.

Texte IA fondé sur les articles de Axios, The Guardian, EL PAÍS et d’autres médias. Publié . Comment il est fait

Pour les membresLes 30 premières secondes en écoute libre. Voix de synthèse (IA).

En bref

Houston · États-Unis

Renvoi devant le tribunal pour usage d'une arme mortelle

Vendredi 30 octobre, un grand jury du comté de Harris, au Texas, a renvoyé Mario Alberto Morales, un agent de 33 ans de l'Immigration and Customs Enforcement (ICE), devant le tribunal. Le procureur de district Sean Teare a indiqué que le chef d'accusation retenu est celui de coups et blessures aggravés avec une arme mortelle, le SUV étant considéré comme l'arme. Une condamnation entraînerait une peine de deux à vingt ans de prison, a-t-il précisé. Il a qualifié les éléments présentés au grand jury parmi les plus clairs qu'il ait eu à poursuivre ou à examiner. Sean Teare a également rejeté l'idée que des accréditations fédérales placent un agent au-dessus de la loi locale, et il a formulé cette position sans détour :

« Ce n'est pas parce que vous avez un badge de l'ICE, ou n'importe quel badge, que vous pouvez, dans le comté de Harris, violer les droits constitutionnels des membres de notre communauté sans conséquences. »

Sean Teare

Ce que le parquet reproche

Le 10 octobre, Mario Alberto Morales conduisait un Jeep Cherokee banalisé lorsque des agents ont tenté d'intercepter un pick-up transportant deux hommes. Les deux hommes ont sauté du véhicule et pris la fuite. Une vidéo diffusée lors de la conférence de presse montre un ouvrier du bâtiment mexicain de 48 ans traversant en courant le parking d'un restaurant lorsque le SUV qui le poursuivait a fait une embardée vers lui. Sean Teare a indiqué que cet homme vivait dans le comté de Harris depuis plus de 30 ans, sans casier judiciaire et sans procédure d'immigration en cours. Le parquet a fait état de multiples fractures aux jambes et d'une blessure à la hanche, et soutient que le conducteur l'a percuté volontairement. Les comptes rendus de presse de ces images divergent : l'un décrit le SUV avançant au pas vers l'homme qui courait, un autre affirme qu'un second véhicule masquait l'impact.

L'ICE conteste la version des faits

L'ICE affirme que l'homme s'est placé devant le véhicule de l'agence et qualifie de téméraire et de fausse l'allégation d'une collision intentionnelle. Un porte-parole de l'ICE a écarté le renvoi devant le tribunal comme une manœuvre politique de responsables de villes sanctuaires à Houston, et l'agence soutient que seules des agences fédérales peuvent enquêter sur des agents fédéraux :

« Les agents fédéraux agissant dans l'exercice de leurs fonctions ne peuvent être enquêtés que par d'autres agences fédérales. »

Immigration and Customs Enforcement

L'agence a aussi indiqué que Mario Alberto Morales et d'autres agents recherchaient un autre homme, une cible d'expulsion. Des proches de cet homme affirment qu'il est mort près de dix ans plus tôt. Le parquet de Sean Teare n'a trouvé aucun élément montrant que l'homme blessé et cet autre homme se trouvaient ensemble dans un véhicule, contrairement à la version de l'ICE. Des membres de la famille de l'homme blessé ont déclaré n'avoir jamais entendu parler de cet autre homme, et une organisation de défense des droits des immigrés a indiqué que la fille de l'homme leur avait dit qu'il était mort en 2017.

La victime, les recrutements et les inquiétudes plus larges

Sean Teare a indiqué que l'homme blessé se remettait toujours de ses blessures et restait sous la garde de l'ICE. Il a aussi déclaré que Mario Alberto Morales faisait partie des « recrutements d'urgence » destinés à accélérer le programme d'expulsions massives du président Donald Trump. Sean Teare n'a pas voulu détailler le parcours professionnel antérieur de l'agent, mais a dit avoir examiné des milliers de candidatures à des postes de police dans tout l'État et ne pas connaître d'agence qui aurait recruté cette personne au vu de son passé. Il s'est inquiété d'autres personnes recrutées lors de cette vague, de la durée de leur formation et de son contenu. Sean Teare a relié le climat général à une baisse documentée des signalements de violences conjugales, de vols aggravés et d'agressions sexuelles par des victimes qui craignaient l'expulsion, et il a ajouté :

« Un badge de l'ICE ne vous donne pas carte blanche pour blesser, tuer ou violer les droits constitutionnels de qui que ce soit. »

Sean Teare

Un précédent et la suite

Le renvoi de vendredi intervient un peu plus de cinq mois après la mise en examen d'un agent de l'ICE pour coups et blessures et fausse déclaration de délit, à la suite d'une fusillade en janvier contre un Vénézuélien dans le Minnesota. Le parquet de Sean Teare enquête aussi sur une fusillade mortelle de l'ICE à Houston en juillet, visant un immigré qui, comme l'homme percuté par le SUV, n'était pas la cible de l'opération. Cette fusillade a suscité des manifestations dans la quatrième ville du pays. Mario Alberto Morales pourrait tenter de faire transférer l'affaire devant une juridiction fédérale, en arguant que le droit fédéral le protège de poursuites étatiques. Sean Teare a dit être prêt à plaider sur ce point.

Poser une question sur ce texte

Sources et contexte

Lieux
Houston

Pollar est gratuit et sans publicité dans le texte. Ses membres le font vivre.

Soutenir Pollar