
Le pape Léon XIV supplie un groupe traditionaliste de renoncer à des consécrations épiscopales et d'éviter un nouveau schisme
Le pape Léon XIV a lancé un appel de dernière minute à la Société traditionaliste Saint-Pie-X afin qu'elle annule la consécration de quatre évêques prévue le 1er juillet en Suisse, un acte qui déclencherait une excommunication automatique et rouvrirait un schisme vieux de plusieurs décennies.
Contexte
La Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX), fondée en 1970 par l'archevêque français Marcel Lefebvre en Suisse, compte aujourd'hui 720 prêtres, environ 700 églises et près d'un demi-million de fidèles dans le monde. Elle rejette les réformes du concile Vatican II, notamment son enseignement sur la liberté religieuse. Un premier schisme a eu lieu en 1988 lorsque Lefebvre a consacré quatre évêques sans autorisation pontificale.
L'appel final du pape Léon XIV
Dans une lettre datée du 29 juin et rendue publique le 30 juin, le pape Léon XIV a imploré le supérieur général de la FSSPX, Don Davide Pagliarani, d'annuler la consécration prévue de quatre nouveaux évêques à Écône le 1er juillet.
a écrit le pontife, avertissant queRempli d'affection chrétienne, je vous supplie et vous demande de tout cœur : revenez sur votre chemin !
Le pape a souligné que l'Église est ouverte au dialogue et a reconnu l'attachement du groupe à la liturgie traditionnelle, mais que cet acte déclencherait une excommunication automatique (latae sententiae) et priverait les fidèles de sacrements valides.déchirer la tunique sans couture du Christ est un péché d'une extrême gravité.
La réponse de la FSSPX
Le soir du 30 juin, la Fraternité a répondu qu'elle voit son action comme un moyen de raccommoder la tunique du Christ, déchirée par des forces incompatibles avec le catholicisme authentique.
Nous demandons simplement que l'authenticité de cette intention soit considérée avant qu'une décision ne soit prise sur la Fraternité. Il n'est pas trop tard. Loin de nous l'idée de nous séparer de l'Église romaine ; au contraire, nous désirons la servir d'une manière extraordinaire.
L'enjeu réel : la doctrine, pas la liturgie
Le sociologue Massimo Introvigne, directeur du CESNUR, a expliqué que le conflit dépasse les préférences liturgiques.
Le groupe estime que l'État doit reconnaître l'Église catholique et réprimer le culte public des « fausses religions », qu'il appelle « œuvres du diable ». Cette position, a ajouté Introvigne, les place en contradiction avec la compréhension catholique moderne de la liberté religieuse comme droit fondamental de la personne.Même si le pape devait rétablir intégralement le rite préconciliaire, le schisme ne guérirait pas, car la FSSPX rejette l'enseignement de Vatican II sur la liberté religieuse.
Un nouveau schisme ?
Avec les consécrations prévues pour le 1er juillet et aucun revirement de dernière minute en vue, le Saint-Siège fait face à une répétition de la rupture de 1988. L'excommunication automatique s'appliquerait à l'évêque consécrateur et aux quatre ordonnés, creusant une fracture vieille de plusieurs décennies qui touche au cœur même du rapport de l'Église avec la modernité.
- Le pape Léon XIV envoie une lettre au supérieur de la FSSPX, Don Davide Pagliarani, le suppliant de renoncer aux consécrations.
- La FSSPX répond, affirmant qu'elle estime raccommoder la tunique du Christ et n'a pas l'intention de se séparer de l'Église romaine.
- Consécration prévue de quatre évêques à Écône, en Suisse, qui devrait déclencher une excommunication automatique.


