
Le régulateur néerlandais inflige une amende de 825 millions d'euros à Uber pour des désactivations automatisées de chauffeurs
L'Autorité néerlandaise de protection des données a infligé une amende de 825 millions d'euros à Uber pour avoir utilisé des algorithmes automatisés afin de suspendre des chauffeurs sans examen humain entre 2020 et 2022.
Sanction pour désactivations automatisées
L'Autorité néerlandaise de protection des données (AP) a imposé une amende de 825 millions d'euros (966 millions de dollars) à Uber Technologies pour avoir désactivé des comptes de chauffeurs via des systèmes logiciels automatisés sans supervision humaine adéquate. La sanction, formalisée dans une décision du 17 août, a été prononcée en vertu du Règlement général sur la protection des données (RGPD) de l'Union européenne et couvre les pratiques de la plateforme entre 2020 et 2022. Cette décision représente la deuxième plus lourde amende jamais infligée au titre de la législation européenne sur la vie privée, dépassée seulement par l'amende de 1,2 milliard d'euros imposée à Meta par les régulateurs irlandais en 2023 pour les transferts transatlantiques de données des utilisateurs. Uber ayant son siège européen à Amsterdam, le gendarme néerlandais de la vie privée a mené l'enquête pour le compte des autorités européennes.
Plainte française et surveillance algorithmique
L'enquête réglementaire est née d'une plainte formelle déposée par 171 chauffeurs français via la Ligue des droits de l'Homme. Les enquêteurs ont déterminé qu'entre 2018 et 2022, Uber utilisait un logiciel algorithmique pour surveiller le comportement des chauffeurs, les itinéraires choisis et les retours des clients, imposant des suspensions de comptes sans intervention humaine. Les systèmes automatisés signalaient des fraudes présumées, notamment lorsque les algorithmes concluaient que les chauffeurs avaient emprunté des détours inutiles pour augmenter artificiellement les tarifs ou avaient accepté des demandes de course sans intention de les effectuer. Les chauffeurs ayant accumulé de faibles notes de la part des passagers se voyaient également désactiver définitivement leur compte directement via le logiciel automatisé. Lorsque les comptes étaient bloqués, les chauffeurs perdaient immédiatement la possibilité d'accepter des courses et de gagner un revenu.
Normes réglementaires et réponse d'Uber
Les règles européennes de protection des données interdisent aux organisations de soumettre des individus à des décisions fondées uniquement sur un traitement automatisé par ordinateur lorsque ces déterminations produisent des effets significatifs sur leurs moyens de subsistance. Le régulateur néerlandais a estimé qu'Uber avait enfreint à la fois cette interdiction et l'obligation légale de fournir aux individus des informations transparentes concernant les systèmes algorithmiques.
Uber a commis des violations graves. Des chauffeurs ont été désactivés sans justification. D'un instant à l'autre, ils se sont retrouvés sans revenus via Uber. C'est interdit. Un ordinateur ne devrait pas prendre seul des décisions ayant des conséquences importantes pour les utilisateurs. Ces décisions auraient dû être examinées au préalable par un être humain.
Uber a annoncé qu'il ferait appel de la décision devant les tribunaux néerlandais, arguant que la sanction financière est injustifiée et disproportionnée. L'entreprise a déclaré que ses politiques opérationnelles actuelles garantissent des examens humains manuels pour les suspensions et offrent des canaux structurés permettant aux chauffeurs de contester les mesures disciplinaires. Uber a également affirmé n'avoir jamais imposé de résiliations définitives de comptes uniquement par le biais d'algorithmes et a noté que les procédures contestées examinées par l'autorité n'étaient plus actives depuis plusieurs années.
Nous contestons fermement cette décision et cette amende disproportionnée.
Historique des amendes réglementaires aux Pays-Bas
La sanction de 825 millions d'euros est la quatrième amende infligée à Uber par l'Autorité néerlandaise de protection des données depuis 2018. Le régulateur avait précédemment condamné la plateforme de transport à 600 000 euros en 2018, suivie d'une amende de 10 millions d'euros en 2023, et d'une amende de 290 millions d'euros en 2024 pour avoir transféré les données personnelles des chauffeurs européens vers des serveurs aux États-Unis sans garanties adéquates. Uber fait également appel de l'amende de 2024 concernant le transfert transatlantique de données.
- 2018
- 0.6 M€
- 2023
- 10 M€
- 2024
- 290 M€
- 2026
- 825 M€


