
Tsipras de retour dans la politique grecque avec un nouveau parti, attirant les critiques de ses rivaux
L'ancien Premier ministre grec Alexis Tsipras a lancé son nouveau parti, la Coalition de la gauche grecque (ELAS), lors d'un événement près de l'Acropole, s'attirant immédiatement les vives critiques de la Nouvelle Démocratie au pouvoir et du principal parti d'opposition, le PASOK.
L'événement du retour
Alexis Tsipras, l'ancien Premier ministre de la Grèce, est officiellement revenu à la politique active mardi soir 26 mai 2026 en dévoilant son nouveau parti, la Coalition de la gauche grecque (ELAS). L'annonce a eu lieu lors d'un événement en plein air à Thissio, avec l'Acropole en toile de fond, attirant une attention considérable des médias internationaux. L'Associated Press a décrit Tsipras comme le « leader grec militant du mouvement anti-austérité qui a vivement critiqué Bruxelles pendant la crise de la dette du pays » et a noté son retour à l'approche des élections prévues l'année prochaine.
Le leader grec militant du mouvement anti-austérité, qui a vivement critiqué Bruxelles pendant la crise de la dette du pays, est revenu en politique à l'approche des élections de l'année prochaine.
Dans son discours, Tsipras a appelé à une « armée pan-démocratique » de tous les Grecs, envisageant un « redémarrage démocratique et social du pays ». Il a été très critique envers le gouvernement conservateur au pouvoir et le PASOK, les accusant d'être « devenus le système dans le système ». Le journal allemand FAZ a rapporté que la fondation du nouveau parti « devant l'Acropole » signale le retour de Tsipras à la « politique active », faisant référence à ses deux défaites électorales en 2019 et 2023 et au livre qu'il a écrit, intitulé « Ithaki ».
Les projecteurs des médias internationaux
Le lancement a résonné au-delà des frontières de la Grèce. Le British Independent a republié la dépêche de l'Associated Press sous le titre « L'ancien leader anti-austérité en Grèce, Alexis Tsipras, revient en politique ». Les reportages ont mis en lumière la critique de Tsipras concernant les « liens étroits » entre le gouvernement de Kyriakos Mitsotakis et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. La couverture médiatique a présenté le nouveau parti comme une tentative de défier le Premier ministre conservateur, qui brigue un troisième mandat.
Contre-attaque du parti au pouvoir et du PASOK
La réponse de l'establishment politique a été rapide et féroce. Des sources gouvernementales, peu après le discours de Thissio, ont estimé que « tant de communication et de publicité pour que M. Tsipras réapparaisse tout aussi impénitent et inchangé, rappelant aux gens les raisons pour lesquelles les citoyens l'ont rejeté dans les urnes ». Elles ont ajouté que « la société demande d'aller encore plus vite de l'avant et M. Tsipras, du nom de son parti à ses promesses 'non tenues' et son discours toxique, veut faire reculer la Grèce de plusieurs décennies ».
Tant de communication et de publicité pour que M. Tsipras réapparaisse tout aussi impénitent et inchangé, rappelant aux gens les raisons pour lesquelles les citoyens l'ont rejeté dans les urnes.
Le PASOK, le principal parti d'opposition, a publié une déclaration cinglante qualifiant la nouvelle entité de « parti privé de Tsipras » et arguant que le dévoilement « certifiait à quel point ce qui est présenté depuis des mois comme 'nouveau' est en fait vieux ». Le parti a attaqué le bilan de Tsipras, déclarant qu'il « a apporté les fonds bien qu'il ait promis un allègement de la dette » et qu'il « a préféré ne pas taxer les armateurs mais réduire les pensions, comme l'a récemment dit Jean-Claude Juncker, et a saigné à blanc la classe moyenne, les scientifiques et les travailleurs indépendants avec des impôts ». Le PASOK a également noté que Tsipras « a scellé deux fois les 41 % de la Nouvelle Démocratie et a subi la plus grande défaite d'un principal parti d'opposition depuis l'ère post-dictature ».
Questions sur la crédibilité et l'histoire
La déclaration du PASOK a soulevé des questions pointues sur la crédibilité de Tsipras, demandant comment il pourrait réguler les « prêts toxiques » ou inspirer confiance en matière de fiscalité équitable compte tenu de son bilan passé. Le parti l'a également mis au défi sur les dettes du parti, notant que le PASOK avait réglé toutes ses dettes bancaires sous les présidences de la défunte Fofi Gennimata et de Nikos Androulakis, tout en exigeant des réponses sur « les médias partisans en faillite et les travailleurs licenciés qu'il a laissés derrière lui » et les allégations de son successeur à la tête de SYRIZA concernant des « fonds noirs ».
M. Tsipras est venu autrefois embrassé par le populisme et ses illusions ; aujourd'hui, il revient embrassé par les intérêts et la corruption.
La déclaration concluait en citant un article de 2024 du proche collaborateur de Tsipras, Giannis Siakantaris, dans le journal TA NEA : « Les gens changent, mais leur histoire les suit. Cela ne change pas. » Elle a posé une question finale cruciale : « L'homme qui, en 2015, a mis la pire forme de l'extrême droite au gouvernement peut-il mener un effort pour vaincre le centre-droit et l'extrême droite ? »


