
Alexis Tsipras revient dans la politique grecque et lance un nouveau parti de gauche, ELAS, pour défier Mitsotakis
L’ancien Premier ministre grec Alexis Tsipras a mis fin mardi à une pause politique de trois ans en lançant un nouveau parti de gauche, l’Alliance de la gauche grecque (ELAS), lors d’un événement au pied de l’Acropole à Athènes, avec l’objectif de déloger le Premier ministre conservateur Kyriakos Mitsotakis lors des élections de 2027.
L’événement du retour
Alexis Tsipras, l’ancien Premier ministre grec âgé de 51 ans, est officiellement revenu à la vie politique active mardi 26 mai 2026 en lançant un nouveau parti politique appelé l’Alliance de la gauche grecque, connu sous son acronyme grec ELAS. L’annonce a été faite lors d’un rassemblement en plein air dans le centre historique d’Athènes, avec l’Acropole en toile de fond, et a rassemblé une foule de partisans ainsi que des milliers de personnes suivant en ligne. L’acronyme ELAS fait délibérément écho au nom de l’aile militaire de la résistance grecque contre l’occupation nazie pendant la Seconde Guerre mondiale.
Aujourd’hui, une nouvelle force politique naît avec l’objectif non seulement d’un changement politique, mais avant tout d’un changement de politique.
Tsipras a présenté ce nouveau parti comme « une boussole pour une nouvelle Grèce » et un vecteur d’un « nouveau patriotisme indissociablement lié à la justice sociale ». Il a déclaré que le pays avait besoin d’un « choc d’honnêteté et de démocratie » et a appelé les citoyens à reprendre leur vie en main.
Un paysage d’opposition fragmenté
Le retour de Tsipras intervient près de trois ans après qu’il a quitté la direction de Syriza suite à une lourde défaite lors des élections législatives de 2023. Il a ensuite renoncé à son siège parlementaire en octobre 2025. Syriza, le parti de la gauche radicale qu’il avait autrefois conduit au pouvoir, s’est depuis fragmenté en plusieurs petits groupes politiquement insignifiants. L’opposition grecque reste aujourd’hui profondément divisée, avec sept partis actuellement représentés au Parlement et plusieurs nouveaux venus en quête de soutien avant le prochain scrutin.
- Tsipras devient Premier ministre, promettant de mettre fin à l’austérité
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- La Grèce sort de la crise de la dette grâce à un plan de sauvetage négocié par Tsipras
- Tsipras démissionne de la direction de Syriza après une lourde défaite électorale
- Tsipras renonce à son mandat parlementaire
- Lancement de son nouveau parti ELAS au pied de l’Acropole à Athènes
La semaine dernière encore, la mère d’une étudiante universitaire de 19 ans tuée dans la catastrophe ferroviaire de 2023 a lancé un parti anticorruption, accentuant la pression sur les partis d’opposition établis. Tsipras espère attirer le soutien — et potentiellement des députés — des partis d’opposition rivaux alors qu’il cherche à construire une large alliance progressiste.
Programme politique et électorat cible
En lançant ELAS, Tsipras a mis l’accent sur le logement abordable, le renforcement de la protection du travail et l’aggravation des inégalités économiques — des thèmes que ses alliés estiment capables de trouver un écho auprès des électeurs jeunes et à faibles revenus, confrontés à la hausse du coût de la vie. Il a présenté sept engagements pour une « Grèce résiliente », notamment vivre dans la dignité, une démocratie forte, une économie forte, un État de droit social contre la spéculation et une souveraineté numérique.
Nous ne pouvons pas rester les bras croisés et regarder la société suffoquer. Nous ne voulons pas nous habituer à un monde de guerre et d’injustice.
Tsipras a déclaré que le parti représente la convergence « des trois courants historiques » de la gauche moderne : la gauche radicale, la social-démocratie et l’écologie politique. Il a également critiqué les liens étroits du gouvernement avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.
Attaques contre le gouvernement Mitsotakis
Tsipras a profité de ce lancement pour adresser une critique acerbe au Premier ministre Kyriakos Mitsotakis et à son parti de centre-droit Nouvelle Démocratie, au pouvoir depuis près de sept ans. Il a accusé le gouvernement de corruption, de mépris de l’État de droit, de manipulation des institutions et de la justice, et de surveillance téléphonique illégale. Le gouvernement est actuellement impliqué dans plusieurs scandales, notamment une enquête de l’UE sur le détournement présumé de millions d’euros de subventions agricoles et un scandale d’écoutes téléphoniques qui aurait visé des membres du cabinet, des journalistes et le chef de l’opposition, Nikos Androulakis.
Quels que soient les efforts de M. Tsipras — investir dans une communication sans substance — pour enterrer son bilan, la vérité le suivra pour toujours.
Le porte-parole du gouvernement, Pavlos Marinakis, a balayé le retour de Tsipras, arguant que son historique — fait de campagnes contre l’austérité avant de signer un accord de sauvetage drastique — continuerait de le hanter. La colère publique persiste également quant à la lenteur de l’enquête sur l’accident ferroviaire de 2023 qui a tué 57 personnes.
Arithmétique électorale et chemin vers 2027
La prochaine élection législative est prévue pour 2027, bien que certains médias aient évoqué des rumeurs d’élections anticipées dès l’automne prochain. Malgré une crise du coût de la vie et des scandales de corruption, la Nouvelle Démocratie de Mitsotakis continue de mener confortablement dans les sondages d’opinion, portée par une croissance économique stable et une baisse du chômage. Des enquêtes récentes suggèrent que jusqu’à 18 % des personnes interrogées soutiendraient un parti dirigé par Tsipras, ce qui pourrait le placer en deuxième position.
- Nouvelle Démocratie (Mitsotakis)
- 30 %
- ELAS (Tsipras)
- 18 %
- Autres partis d’opposition
- 52 %
Tsipras est arrivé au pouvoir en janvier 2015 à l’âge de 40 ans, devenant le premier chef de gouvernement européen issu de la gauche radicale, promettant de mettre fin aux mesures d’austérité imposées par les créanciers européens de la Grèce et le Fonds monétaire international. Un bras de fer de six mois a ébranlé les marchés mondiaux et la Grèce au bord d’une sortie de la zone euro avant qu’Athènes n’accepte finalement de nouveaux prêts et davantage d’austérité — un compromis qui a divisé Syriza et a laissé Tsipras comme une figure polarisante.


