
Trump refuse de soutenir Netanyahu et évoque une extension des frappes en Iran dans un entretien à Time
Dans un entretien de 75 minutes accordé au magazine Time, le président américain Donald Trump a refusé de soutenir la candidature de Benjamin Netanyahu à sa réélection et a rejeté les dernières conditions de paix iraniennes avant les élections de novembre.
Diplomatie au Moyen-Orient et élection israélienne
Dans un entretien de 75 minutes réalisé le 28 septembre et publié jeudi par le magazine Time, le président américain Donald Trump a refusé à plusieurs reprises de soutenir le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avant les élections législatives israéliennes du 27 octobre. Interrogé sur l'opportunité pour les électeurs israéliens de réélire le chef du Likoud, Trump a esquivé trois questions distinctes, affirmant qu'il n'était plus impliqué en politique tout en se prévalant d'un taux de popularité de 99 % en Israël. Cette position tranche avec les démonstrations politiques passées de Trump en faveur de Netanyahu, notamment la promotion d'affiches de campagne communes en 2019 et l'envoi en novembre d'une lettre au président israélien Isaac Herzog demandant la grâce de Netanyahu dans son procès en cours pour corruption. Trump s'est également exprimé sur le principal adversaire politique de Netanyahu, l'ancien chef d'état-major de l'armée israélienne Gadi Eisenkot, indiquant n'avoir entendu aucun rapport négatif à son sujet.
Eh bien, les gens ont enterré Bibi de très nombreuses fois, tout comme ils m'ont enterré de très nombreuses fois.
Conflit iranien et stocks de munitions
Trump a réitéré sa position ferme à l'égard de l'Iran, confirmant avoir rejeté la dernière proposition de paix de Téhéran visant à rouvrir le détroit d'Ormuz, au motif que les conditions ne répondaient pas aux exigences de l'administration. Le président a laissé ouverte la possibilité d'étendre les campagnes de bombardements contre l'Iran après les élections de mi-mandat américaines du 3 novembre, déclarant avoir choisi de prolonger les opérations militaires au-delà des projections initiales de quatre à six semaines. Interrogé sur l'état de préparation militaire après le conflit déclenché fin février, Trump a reconnu que les stocks de certaines munitions américaines étaient plus faibles, tout en contestant un rapport de l'inspecteur général du Pentagone de la mi-juillet faisant état de goulets d'étranglement dans le réapprovisionnement. Des évaluations indépendantes du Center for Strategic and International Studies réalisées en juillet estimaient que les inventaires d'intercepteurs Patriot et THAAD avaient chuté de plus de la moitié, ce qui a conduit l'administration à prévoir la construction de nouvelles usines de production dans le pays.
- Les États-Unis et Israël déclenchent un conflit militaire contre l'Iran.
- Le CSIS estime que les stocks d'intercepteurs américains ont diminué de plus de moitié alors que Trump reçoit Netanyahu à Washington.
- Le magazine Time réalise un entretien de 75 minutes avec Trump.
- Time publie l'entretien détaillant les positions de Trump sur les affaires étrangères et intérieures.
- Israël tient ses premières élections législatives depuis les attaques d'octobre 2023.
- Les États-Unis tiennent les élections de mi-mandat au Congrès.
Pouvoir exécutif et grâces nationales
Trump s'est également exprimé sur des questions de gouvernance intérieure, déclarant qu'il envisagerait d'accorder des grâces préventives à des membres de son personnel pour les protéger d'éventuelles enquêtes menées par les démocrates du Congrès. Il a défendu cette proposition en invoquant les mesures prises par l'ancien président Joe Biden, qui avait accordé des grâces de fin de mandat à son fils Hunter Biden, à l'ancien président du Comité des chefs d'état-major interarmées, le général Mark A. Milley, et à l'ancien directeur du NIAID, Anthony S. Fauci. Le président a exprimé sa frustration lors de cet échange, reprochant aux journalistes de se concentrer sur des questions négatives concernant son administration. Par ailleurs, Trump a refusé de s'engager à préserver le centre culturel Kennedy Center sans l'accord du Congrès, après une décision d'un tribunal fédéral en septembre interdisant au conseil d'administration qu'il a nommé de démolir l'établissement sans préavis.
Il est dans un état terrible. Je serais prêt à le sauver, mais il est dans un état vraiment, vraiment terrible.
Intelligence artificielle et politique technologique
Sur le plan technologique, Trump a balayé les inquiétudes concernant d'éventuelles menaces existentielles posées par l'intelligence artificielle, les qualifiant d'allégations infondées portées par ses adversaires politiques. Ces propos font suite à un dîner dominical avec le directeur général d'Anthropic, Dario Amodei. Trump a déclaré son opposition aux restrictions réglementaires sur le développement de l'intelligence artificielle, soutenant que le secteur technologique devait continuer à se développer sans intervention fédérale. Cet entretien fleuve marque la 56e apparition de Trump en couverture du magazine Time, dépassant le total atteint par l'ancien président Richard Nixon.


