En bref

- 17 oct.Les manifestations du week-end dégénèrent en violences dans plusieurs villes françaises ; des centaines d'interpellations annoncées à Paris
- 19 oct.Trump s'exprime lors d'un meeting de mi-mandat au Kansas et publie sur Truth Social des messages sur les migrants et la France
- 20 oct.Trump déclare aux journalistes dans le Bureau ovale que Marine Le Pen est la voix conservatrice de la France
Les propos de Trump dans le Bureau ovale
Donald Trump a déclaré mardi 20 octobre que Marine Le Pen était la « voix conservatrice » de la France, lors d'un échange dans le Bureau ovale après une question d'un journaliste de l'AFP. Interrogé sur un éventuel soutien à la présidentielle de 2027, il a répondu qu'il ne la connaissait pas et ne l'avait jamais rencontrée, mais qu'il estimait qu'elle avait été traitée très injustement. Il est allé plus loin, suggérant que la justice française avait été utilisée à des fins politiques contre la dirigeante du Rassemblement national (RN). Trump a aussi affirmé que Le Pen était en tête des sondages avant les violences et que, depuis, elle était clairement la voix conservatrice. L'échange a eu lieu au lendemain d'un meeting au Kansas, et il n'a pas dit s'il la soutiendrait : la question du soutien reste ouverte.
La condamnation de Le Pen et la voie vers 2027
Le Pen, 58 ans, a été condamnée en mars 2025 pour détournement de fonds publics. Le jugement initial prévoyait une peine de cinq ans d'inéligibilité. Un arrêt de cour d'appel a ensuite réduit la peine à 15 mois, qu'elle a déjà purgés, ce qui lui ouvre la voie pour se présenter à la présidentielle de 2027. Ce scrutin clôt le mandat d'Emmanuel Macron. Les 15 mois ont déjà été purgés, ce qui lui permet de se présenter. Les propos de Trump portent donc sur une affaire qui détermine aujourd'hui son éligibilité à la prochaine présidentielle.
Les violences et l'argument migratoire
Les manifestations du week-end du 17 octobre ont dégénéré en violences dans plusieurs villes, et les autorités ont annoncé des centaines d'interpellations à Paris. Ces troubles ont accru la pression sur le gouvernement français et alimenté un débat sur la sécurité et la politique migratoire. Trump a lié les violences à l'immigration, et son administration attribue largement les troubles à la migration.
Lundi 19 octobre, lors d'un meeting de campagne pour les élections de mi-mandat au Kansas, il a décrit la France comme « conquise, pillée et réduite en cendres par les migrants, les djihadistes et les communistes ». Le même jour, il a écrit sur Truth Social que les migrants avaient conquis la France et que les frontières devaient être fermées rapidement. Il a aussi rejeté l'idée qu'il s'agissait d'une simple révolte ou d'une protestation ordinaire, parlant d'une révolution toujours en cours.
Un calendrier à l'approche des élections de mi-mandat
Ces propos interviennent avant les élections de mi-mandat américaines du 3 novembre. Trump a utilisé à plusieurs reprises les troubles français pour marteler son message anti-immigration, et la couverture médiatique inscrit ses déclarations dans cette campagne. Le Parti républicain aborde un scrutin difficile, plombé par le coût de la vie et le prix des carburants aux États-Unis. Depuis son retour au pouvoir, Trump a lancé des opérations d'expulsion de grande ampleur et plaidé pour un durcissement de la politique migratoire. Aucun soutien formel à Marine Le Pen n'a été annoncé.