
La Cour suprême des États-Unis valide le pouvoir de Trump de mettre fin aux protections pour 356 000 migrants haïtiens et syriens et de restreindre l'accès à l'asile à la frontière
La Cour suprême des États-Unis a rendu deux arrêts (6-3) qui donnent à l'administration Trump une large autorité pour révoquer le statut de protection temporaire (TPS) des Haïtiens et des Syriens, et pour refuser l'asile à quiconque n'a pas physiquement pénétré sur le territoire américain.
Deux arrêts le même jour
La Cour suprême des États-Unis a rendu deux décisions (6-3) qui élargissent considérablement le contrôle du président Donald Trump sur la politique d'immigration. La majorité conservatrice, dans des opinions rédigées par le juge Samuel Alito, a statué que l'administration peut mettre fin unilatéralement au statut de protection temporaire (TPS) pour les ressortissants haïtiens et syriens, et que les demandeurs d'asile doivent franchir physiquement la frontière avant de pouvoir demander une protection.
La loi interdit expressément tout contrôle juridictionnel des demandes non constitutionnelles de la part des personnes concernées.
La Maison Blanche a qualifié ces décisions de « victoires importantes ».
La décision sur le TPS
Les Haïtiens et Syriens concernés avaient intenté un procès, arguant que cette mesure était discriminatoire sur le plan racial. La Cour suprême n'a constaté aucune violation constitutionnelle et a estimé que les décisions statutaires en matière de TPS échappent au contrôle des tribunaux. Le programme TPS, créé dans les années 1990, offre un refuge temporaire aux personnes originaires de pays touchés par un conflit armé, une catastrophe naturelle ou une épidémie. Les Haïtiens avaient obtenu cette protection après le séisme de 2010, les Syriens en 2012 en raison de la guerre civile.
En conséquence, environ 350 000 Haïtiens et 6 000 Syriens sont désormais confrontés à une possible expulsion. Le tribunal inférieur doit réexaminer l'affaire à la lumière de cette décision, mais le pouvoir exécutif dispose désormais d'une large marge de manœuvre pour révoquer les désignations TPS sans contrôle judiciaire.
- Le Congrès crée le programme de statut de protection temporaire (TPS)
- Haïti désigné pour le TPS après le dévastateur séisme
- Syrie désignée pour le TPS en pleine guerre civile
- L'administration Obama impose un plafond quotidien aux demandes d'asile à la frontière
- Un tribunal fédéral de Californie se prononce contre le plafond frontalier, donnant raison aux demandeurs d'asile
- L'administration Trump annonce la fin du TPS pour Haïti et la Syrie
- La Cour suprême confirme la fin du TPS et la limite de l'asile à la frontière
Limites de l'asile à la frontière
Dans la seconde affaire, les juges ont confirmé qu'une demande d'asile ne peut être traitée qu'une fois que le demandeur se trouve sur le sol américain. Se tenir du côté mexicain de la frontière – même à proximité immédiate – ne satisfait pas aux exigences légales. Cette règle a été introduite pour la première fois en 2016 sous Barack Obama et a été utilisée pour plafonner le nombre d'entretiens d'asile quotidiens. Treize demandeurs d'asile avaient obtenu une victoire préliminaire devant un tribunal fédéral de Californie en 2021, mais la Cour suprême a annulé cette décision.
Les franchissements illégaux de la frontière ont déjà chuté pendant le mandat de Trump. Les autorités rencontrent désormais moins de 10 000 migrants irréguliers par mois, un niveau historiquement bas, contre 2,2 millions au cours de l'exercice 2023.
Impact plus large sur plus d'un million de personnes
Lors de l'investiture de Trump, on estimait à 1,3 million le nombre de personnes originaires de 17 pays bénéficiant d'un statut de protection temporaire. L'administration a déjà entamé des démarches pour révoquer le TPS pour les ressortissants de onze autres pays, dont le Venezuela, le Soudan du Sud, l'Afghanistan, le Honduras, le Nicaragua et l'Éthiopie. Si ces désignations sont également supprimées, plus d'un million de personnes pourraient perdre leur droit légal de séjourner et de travailler aux États-Unis.
Pendant sa campagne, Trump avait formulé une accusation infondée contre les migrants haïtiens, affirmant qu'ils mangeaient des animaux de compagnie. Cette rhétorique a ajouté une dimension raciale à un combat juridique déjà houleux. Le raisonnement de la Cour – selon lequel seule une action constitutionnelle réussie pourrait déclencher un contrôle – protège l'exécutif de la plupart des contestations futures du TPS.
Ils mangeaient les chiens, ils ont mangé les chats.
- Haïtiens
- 350000 personnes
- Syriens
- 6000 personnes
- Autres bénéficiaires du TPS (15 pays)
- 944000 personnes

