
Trump salue Nawrocki comme un "combattant" et fustige les alliés occidentaux lors d'une réunion dans le Bureau ovale avec le chef de l'OTAN
Lors d'une réunion avec le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, Donald Trump a exprimé une profonde déception envers les alliés européens tout en réservant ses louanges à la Pologne et au président Karol Nawrocki. Le président américain a également laissé entendre qu'une vente de F-35 à la Turquie était possible et a confirmé sa participation au prochain sommet d'Ankara.
La critique de Trump dans le Bureau ovale
Donald Trump a ouvert sa réunion avec le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, en déclarant que si quelqu'un d'autre occupait le poste de Rutte, la rencontre n'aurait pas eu lieu, car il se sentait trahi par l'alliance. Il a ensuite énuméré les alliés qui l'avaient déçu.
J'ai été déçu. J'ai été déçu par l'Italie. J'ai été déçu par le Royaume-Uni... nous avons été déçus par l'Allemagne et la France. Nous sommes déçus par-dessus tout par l'Espagne, c'est une horreur.
Le président américain a lié sa frustration à ce qu'il a décrit comme un manque de soutien de la part des alliés européens pendant le conflit avec l'Iran, qui a débuté le 28 février. Il a souligné que les États-Unis n'avaient pas eu besoin de l'aide de l'Europe, mais qu'ils testaient les réactions des dirigeants.
La Pologne mise à l'honneur
Trump a établi un contraste net lorsqu'il a évoqué la Pologne. Il a rappelé avoir soutenu Karol Nawrocki pendant la campagne présidentielle, affirmant que le candidat était dixième dans les sondages avant que son appui ne le propulse à la victoire.
Il était numéro 10. Je l'ai soutenu. Je n'aimais pas du tout l'homme qui était président, et je l'ai soutenu. C'était un combattant, un grand combattant, un bon combattant. Ils disent que c'était la plus grande sensation depuis 50 ans dans les élections importantes en Europe.
On ne sait pas exactement à quel ancien président polonais Trump faisait référence lorsqu'il a dit ne pas aimer le précédent occupant du poste. Les commentateurs ont noté qu'il ne s'était jamais exprimé négativement à propos d'Andrzej Duda, qu'il avait un jour qualifié de grand ami, ce qui a conduit certains à spéculer qu'il parlait peut-être du maire de Varsovie, Rafał Trzaskowski.
Trump a également répété son annonce précédente selon laquelle les États-Unis enverraient 5 000 soldats supplémentaires en Pologne, une décision qu'il a liée à la victoire électorale de Nawrocki.
La défense des alliés européens par Rutte
Mark Rutte a reconnu qu'il y avait des raisons d'être déçu, mais a répliqué avec des chiffres concrets. Il a fait valoir que les alliés européens avaient tenu leurs engagements, permettant des milliers de sorties en soutien aux opérations américaines.
Je conviens qu'il y a des raisons d'être déçu. Mais je soutiens que si l'on regarde l'ensemble... chacun a fait ce qu'il avait promis, et grâce à cela, quatre à cinq mille avions ont décollé d'Europe. Je dirais que ç'aurait été très difficile avec l'Iran sans que l'Europe serve de plateforme de projection de forces pour les États-Unis.
Rutte a également apporté un graphique intitulé "Le billion de Trump" à la réunion, illustrant la croissance des dépenses de défense européennes et ses avantages pour l'industrie et l'emploi américains.
La Turquie et la question des F-35
Trump a cité le président turc Recep Tayyip Erdoğan comme une autre exception parmi les alliés de l'OTAN, le qualifiant de partenaire solide et affirmant qu'il assisterait au sommet de l'OTAN du 7 juillet à Ankara par respect pour lui.
Il m'a appelé et m'a dit : 'S'il vous plaît, nous l'organisons en Turquie. Vous devez être là. Les États-Unis doivent être là.' Alors j'irai par respect pour le président.
Interrogé sur la levée de l'interdiction de vente de F-35 à la Turquie, imposée après l'achat par Ankara du système de défense aérienne russe S-400, Trump a répondu qu'il ferait probablement quelque chose qui les rendrait très heureux. Le vice-président J.D. Vance a indiqué qu'un examen de l'exclusion de la Turquie du programme était en cours.
La suite
- Trump soutient Karol Nawrocki dans la campagne présidentielle polonaise
- Nawrocki remporte la présidence, décrit comme le plus grand bouleversement électoral européen depuis 50 ans
- Début du conflit avec l'Iran
- Trump rencontre le chef de l'OTAN Rutte, critique les alliés occidentaux, salue la Pologne
- Sommet de l'OTAN prévu à Ankara, Turquie
Le sommet de l'OTAN à Ankara le 7 juillet sera le prochain test majeur des relations transatlantiques. Les remarques de Trump dans le Bureau ovale suggèrent qu'il continuera à exiger ce qu'il appelle la loyauté des alliés, tout en récompensant ceux qu'il considère comme tenant leurs engagements en matière de défense.


