
La Russie et la Turquie discutent du transfert des systèmes S-400 vers un pays tiers
Moscou et Ankara négocient la revente éventuelle des systèmes de défense antiaérienne S-400 turcs d'origine russe à un pays tiers allié, afin de résoudre un différend avec les États-Unis.
Le Kremlin confirme des discussions sur le transfert
Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a confirmé le mercredi 30 septembre 2026 que Moscou et Ankara négocient activement le transfert éventuel des systèmes de missiles de défense antiaérienne S-400 turcs d'origine russe vers un pays tiers. M. Peskov s'est exprimé sur ces négociations lors de son point presse quotidien à Moscou, confirmant que les deux administrations dialoguent régulièrement au sujet de cet équipement.
M. Peskov a précisé l'état actuel des discussions bilatérales lors de sa conférence quotidienne.
Ce sujet est à l'ordre du jour. Un travail approprié et des contacts appropriés sont en cours.
Ces discussions font suite à des années de tensions diplomatiques autour de la possession par la Turquie de l'armement russe, resté inactif hormis des essais localisés.
Les conditions russes pour une revente
Cette confirmation officielle intervient après les déclarations du samedi 26 septembre 2026 du ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov. M. Lavrov a indiqué que Moscou pourrait autoriser la Turquie à revendre les systèmes sol-air S-400, à condition que le pays acquéreur remplisse des conditions diplomatiques strictes fixées par le gouvernement russe.
Selon les exigences énoncées par Moscou, tout État destinataire doit être un pays responsable entretenant des relations amicales et des liens d'alliance avec la Russie. M. Lavrov a en outre précisé que la Russie examinerait toute demande formelle et exigerait de la nation destinataire des garanties explicites que les systèmes de défense antiaérienne ne seront pas transférés ensuite à un autre pays. La Turquie ne peut procéder seule à une réexportation : Ankara ne dispose pas de licence de réexportation et doit obtenir le consentement formel de Moscou.
- La Turquie achète des systèmes de missiles de défense antiaérienne S-400 à la Russie.
- Les États-Unis excluent la Turquie du programme d'avions de combat F-35.
- Washington impose des sanctions à la Turquie en raison de l'acquisition des S-400.
- Sergueï Lavrov déclare que la Russie pourrait autoriser une revente des S-400 à un pays tiers ami.
- Dmitri Peskov confirme des discussions actives entre Moscou et Ankara sur le transfert.
Contexte de l'acquisition des S-400
La Turquie, membre de l'OTAN, a acheté les systèmes de missiles S-400 à la Russie en 2017, période de tensions diplomatiques croissantes entre Ankara et Washington. Bien que la Turquie ait pris livraison des batteries, l'armée n'a jamais déployé ces systèmes en mission opérationnelle, les cantonnant entièrement à des procédures d'essai.
La transaction de 2017 a eu des conséquences importantes sur les relations de défense de la Turquie avec ses partenaires occidentaux. En 2019, le gouvernement des États-Unis a exclu Ankara du programme multinational d'avions de combat F-35, privant la Turquie d'appareils de cinquième génération qu'elle avait déjà financés. En 2020, Washington a suivi de sanctions officielles contre la Turquie, qui ont également entravé la livraison des moteurs américains F110 destinés à l'avion de combat KAAN développé par la Turquie.
Les efforts d'Ankara pour résoudre le différend
Le gouvernement turc cherche depuis des années une résolution négociée au long différend sur les systèmes S-400 et à son exclusion du programme F-35. Le transfert du matériel russe à un tiers approuvé offre une voie possible pour résoudre l'impasse avec les États-Unis tout en respectant les obligations contractuelles envers Moscou.
Les négociations entre responsables russes et turcs se poursuivent pour déterminer si un destinataire approprié peut être retenu selon les conditions de Moscou. Les autorités turques ont besoin de l'autorisation russe pour céder les systèmes, tandis que Moscou continue d'examiner l'alignement diplomatique et les engagements de sécurité des pays destinataires potentiels.

