Plus d'un demi-million de personnes ont manifesté ce week-end contre la hausse du coût de la vie et la dégradation des services publics. La journée nationale de mobilisation de samedi 17 octobre a rassemblé des foules pacifiques dans de nombreux endroits, mais à Paris, Marseille et Lyon, des émeutiers se sont emparés d'une partie des cortèges. Des centaines de bâtiments ont été dégradés dans la capitale, et des bâtiments publics ont été pillés et incendiés dans plusieurs villes. Lundi 19 octobre, plus de 2 400 personnes avaient été arrêtées après des affrontements avec la police. El Mundo a décrit ces troubles comme la pire flambée de violence en France depuis vingt ans.
Dimanche soir 18 octobre, Macron s'est adressé à la nation, exprimant sa colère et sa honte face aux violences et promettant la fermeté contre les responsables, ainsi que la transparence sur les tactiques policières. Ces tactiques ont été critiquées par les partis d'opposition et par les maires des villes touchées, de Paris à Marseille. Macron a refusé la démission du ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez et lui a demandé de mettre en place le plus rapidement possible de nouvelles façons d'agir sur le terrain contre les émeutiers.
Lundi, Lecornu a déclaré, après une réunion de la cellule interministérielle de crise, qu'il avait demandé aux préfets d'instaurer des couvre-feux partiels et localisés dès le soir, principalement pour protéger les commerces. Il a indiqué qu'un état d'urgence pourrait être instauré si cela s'avérait utile, mais que les couvre-feux semblaient mieux adaptés à la situation. Lecornu a imputé à un mouvement d'ultragauche la volonté de créer un désordre profond dans le pays jusqu'à l'élection présidentielle. Nuñez a écarté l'idée de remettre en cause la tenue des prochains matchs de football.
Macron a été accueilli au Koweït par l'émir Mechaal al-Ahmad Al-Sabah, et le même jour il a passé en revue la garde nationale émiratie avec Mohammed Ben Zayed à l'aéroport d'Abou Dhabi. La tournée doit se poursuivre aux Émirats arabes unis, à Bahreïn et au Qatar avant mercredi 21 octobre. Le palais de l'Élysée avait annoncé le déplacement la semaine précédente et indique qu'il vise un ensemble d'engagements sur les volumes de diesel et de pétrole dans une période de forte tension sur les marchés mondiaux. Macron a justifié le maintien du voyage par la nécessité de sécuriser les approvisionnements, alors que les manifestants se sont inquiétés du prix des carburants. El Mundo évalue à 5 500 kilomètres la distance entre Paris et Koweït. La région est en proie à des turbulences depuis l'offensive israélo-américaine contre l'Iran en février, et le détroit d'Ormuz se trouve au centre de la crise énergétique.
Benjamin Morel, spécialiste de droit constitutionnel à l'université Paris-Panthéon-Assas, a estimé que la tournée pouvait donner une impression de normalité, mais aussi paraître déconnectée et suggérer un vide du pouvoir. David Lees, maître de conférences en études françaises à l'université de Warwick, a comparé le voyage au vol secret de Charles de Gaulle vers l'Allemagne de l'Ouest en 1968, au plus fort des troubles et des grèves. Selon Lees, au pire, la visite apparaîtra comme l'action condescendante d'un président souvent perçu comme hors de la réalité. El Mundo rappelle l'élection anticipée convoquée par Macron à l'été 2024, qui a laissé un Parlement sans majorité capable de former un gouvernement.
Lundi, l'Union européenne a appelé la France à protéger le droit de manifester pacifiquement et a qualifié les pillages et les incendies criminels d'inacceptables. Un porte-parole de la Commission, Markus Lammert, a déclaré :
« Les personnes qui manifestent pacifiquement ne doivent pas être assimilées à celles qui commettent des actes de violence. »
Une centaine de personnes se sont rassemblées lundi devant l'Hôtel de Ville de Paris, à l'appel de l'Association des maires de France et en présence du maire socialiste Emmanuel Grégoire. Grégoire a déclaré :
« Tant qu'aucune réponse politique n'est apportée à la crise, elle ne sera pas résolue. »
L'Association des maires de France a appelé à ce rassemblement après les violences, les pillages et les incendies de bâtiments survenus samedi.
Pollar est gratuit et sans publicité dans le texte. Ses membres le font vivre.
Soutenir PollarGouvernement · Paris, Koweït et Abou Dhabi
Emmanuel Macron est arrivé au Koweït lundi 19 octobre pour entamer une tournée dans le Golfe destinée à sécuriser les approvisionnements en diesel et en pétrole, tandis que le Premier ministre Sébastien Lecornu a demandé aux préfets d'instaurer des couvre-feux dans toute la France après un week-end d'émeutes et de pillages.
Texte IA fondé sur les articles de EL MUNDO, Le Monde.fr, La Libre.be et d’autres médias. Publié .