
Nicușor Dan défend la nomination d'Eugen Tomac comme Premier ministre désigné de la Roumanie dans l'impasse politique
Le président Nicușor Dan a signé vendredi le décret nommant Eugen Tomac comme Premier ministre désigné, arguant qu'un politique est mieux adapté qu'un technocrate pour naviguer dans un Parlement fracturé après l'échec des négociations de coalition.
Un choix politique dans un paysage fracturé
Le président Nicușor Dan a officiellement désigné vendredi 5 juin 2026 l'eurodéputé Eugen Tomac comme candidat de la Roumanie au poste de Premier ministre, en signant le décret publié au Journal officiel. Cette décision intervient près d'un mois après le renversement du gouvernement d'Ilie Bolojan par une motion de censure le 5 avril, laissant le pays sous un cabinet intérimaire. S'exprimant depuis le Monténégro, Dan a expliqué que sa première option avait été un gouvernement politique, mais aucun des partis parlementaires n'a réussi à présenter une majorité cohérente lors des consultations.
La première option était un gouvernement politique, seulement qu'aucun des partis n'est venu avec une majorité lors des consultations, n'est venu avec une majorité contournée.
Pourquoi un politicien plutôt qu'un technocrate
Face aux critiques pour avoir choisi un chef de parti dont la formation n'est pas entrée au Parlement, Dan a fait valoir que l'expérience politique est un métier essentiel pour la crise actuelle. Il a opposé les compétences de négociation de Tomac à celles d'un économiste ou d'un spécialiste manquant d'exposition politique directe, affirmant que la capacité à interagir avec les partis, à hiérarchiser les arguments et à gérer les enjeux s'apprend avec le temps. Le président a présenté la distance de Tomac vis-à-vis des partis parlementaires comme un atout, le positionnant comme un arbitre indépendant capable de rester équidistant lors des négociations de formation du gouvernement.
Contrairement aux apparences, la politique est un métier. Je veux dire la possibilité de négocier, de classer les arguments, les enjeux, la capacité à interagir avec les partis – c'est un métier qui s'apprend avec le temps.
La passation au Palais Victoria
Vendredi après-midi, Tomac s'est rendu au Palais Victoria pour une rencontre avec le Premier ministre intérimaire Ilie Bolojan, selon des sources politiques. L'entretien, décrit comme une passation froide entre le passé récent et l'avenir incertain de l'exécutif, a suivi la séance du gouvernement. Tomac dispose désormais de dix jours, conformément à l'article 103 de la Constitution roumaine, pour demander un vote de confiance du Parlement sur son programme de gouvernement et la liste de son cabinet.
Les réserves de Bolojan et le spectre fiscal
Bolojan n'a pas caché son scepticisme. Il a exprimé des réserves quant à la capacité d'un gouvernement technocrate à obtenir des résultats sans un soutien parlementaire sans équivoque, avertissant que lorsque des mesures impopulaires deviendront inévitables, aucun parti ne soutiendra le cabinet. Le Premier ministre intérimaire a également mis en garde contre le fait que l'instabilité entourant la formule proposée par Tomac pourrait compromettre les accords négociés avec la Commission européenne, ouvrant la porte à des amendements populistes poussés directement par le Parlement.
Il ne suffit pas qu'un gouvernement soit formé de personnes de qualité et bien intentionnées ; il a besoin d'un soutien sans équivoque au Parlement.
Réactions du public et demandes de l'opposition
L'annonce de Dan a suscité une vague de réactions négatives en ligne. Vendredi à 16h30, une publication Facebook du président avait recueilli 7 280 réactions négatives contre 2 108 positives. Le commentaire le plus populaire, avec 1 700 réactions, accusait Dan d'avoir éteint l'espoir des Roumains honnêtes et prédisait qu'il ne pourrait plus regarder les gens intègres dans les yeux. Le parti d'opposition AUR réclame des élections anticipées, un scénario que le président a rejeté.
- Les Roumains votent lors des élections ; quatre partis et des représentants de minorités forment ensuite une coalition en juin 2025.
- Le gouvernement d'Ilie Bolojan est renversé par une motion de censure ; le cabinet reste en fonction à titre intérimaire.
- Le président Nicușor Dan annonce qu'il confie à Eugen Tomac le mandat de former un nouveau gouvernement.
- Dan signe le décret désignant Tomac comme Premier ministre désigné ; le décret est publié au Journal officiel.
- Tomac rencontre le Premier ministre intérimaire Ilie Bolojan au Palais Victoria.
- Date limite pour Tomac pour demander un vote de confiance parlementaire (10 jours après la désignation).


