
Le sommet de l'OTAN s'ouvre à Ankara alors que l'Europe tente de répondre aux exigences de Trump en matière de dépenses de défense
Les membres européens de l'OTAN doivent annoncer des accords d'armement de plusieurs milliards d'euros lors d'un sommet à Ankara aujourd'hui, dans le but de démontrer une augmentation des dépenses de défense au président américain Donald Trump avant son arrivée.
Promesses de dépenses de défense
Les alliés européens et le Canada dépensent désormais environ 4 % du PIB pour la défense et la sécurité, selon le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte. Ce chiffre se décompose en environ 2,5 % pour la défense classique et 1,5 % pour les dépenses de sécurité plus larges, comme les infrastructures. L'objectif de l'alliance, fixé au sommet de La Haye en 2025, est de 5 % d'ici 2035 (3,5 % pour le noyau, 1,5 % pour le domaine élargi). Rutte a déclaré que l'augmentation de la part des Européens et des Canadiens pour 2025 et 2026 s'élève au total à 258 milliards de dollars américains.
Ici à Ankara, j'attends des nations qu'elles présentent des plans clairs, concrets et crédibles pour atteindre ces cinq pour cent.
L'Allemagne s'attend à atteindre la barre des 5 % d'ici 2029, selon les chiffres du gouvernement. Le chancelier Friedrich Merz a décrit un accord de sous-marins de plusieurs milliards d'euros avec le Canada, annoncé juste avant le sommet, comme un signal fort de coopération transatlantique. Le Canada achètera jusqu'à douze sous-marins au chantier naval TKMS, basé à Kiel.
Exigences de Trump et posture américaine
Le président Trump a renouvelé ses critiques envers les alliés européens, qualifiant leurs contributions de « ridicules » et les accusant d'une solidarité insuffisante pendant la guerre en Iran. Les États-Unis ont signalé qu'ils réduiraient les capacités militaires mises à disposition de l'OTAN, notamment le retrait de sous-marins à propulsion nucléaire armés de missiles de croisière Tomahawk, d'un groupe aéronaval et d'une unité de bombardiers à longue portée. Les nations européennes ne disposent pas des moyens de remplacer ces capacités.
Nous construisons une OTAN plus européenne afin que cette OTAN puisse rester transatlantique.
Les diplomates de l'OTAN reconnaissent en privé que l'objectif principal du sommet est de satisfaire Trump. Les organisateurs prévoient une « grande révélation » de nouveaux contrats d'armement, mise en scène avec le suspense d'une émission de télévision, pour montrer que les promesses de dépenses de l'année dernière sont en train d'être mises en œuvre.
Paquet d'aide à l'Ukraine
Le sommet devrait approuver un nouvel engagement d'aide militaire à l'Ukraine sur deux ans : 70 milliards d'euros par an, soit un total de 140 milliards d'euros. Cependant, 60 milliards proviennent d'un prêt de l'UE allant jusqu'à fin 2027, laissant 80 milliards à financer par les États membres de l'OTAN. Sur ces 80 milliards, la moitié correspond à des montants déjà annoncés, ce qui signifie que seulement 40 milliards d'euros sont véritablement nouveaux pour 2027.
Il est extrêmement important que le monde, en premier lieu l'Amérique et nos partenaires européens, prennent des décisions fortes lors du sommet de l'OTAN pour soutenir notre défense aérienne et protéger les civils.
Le président Zelenskyy se trouve à Ankara après une attaque de drones et de missiles russes sur Kyiv qui a tué 22 personnes et blessé environ 90. Rutte a exhorté les alliés à maintenir leur soutien, affirmant que l'Ukraine modifie la dynamique du champ de bataille grâce au courage et à l'ingéniosité de ses forces.
Frictions et attentes
Le sommet, qui débute ce soir par un dîner et se poursuit jusqu'à mercredi, fait face à d'éventuelles frictions concernant le détroit d'Ormuz, bien que cela ne soit pas formellement une question de l'OTAN. Trump doit rencontrer Zelenskyy en marge du sommet mercredi. Merz espère un « esprit d'Ankara » qui témoigne de l'unité malgré les tensions.


