
Sifflets contre Sánchez au défilé de la Fête nationale espagnole, Vox le boycotte pour Ceuta
Le couple royal a présidé lundi 12 octobre le défilé de la Fête nationale espagnole à Madrid, tandis que le leader de Vox, Santiago Abascal, a boudé les cérémonies pour se rendre à Ceuta, où les souverains se rendent mardi 13 octobre.
Le défilé et la réception
Le roi Felipe VI et la reine Letizia ont présidé lundi 12 octobre l'acte central de la Fête nationale espagnole, un défilé militaire à travers le centre de Madrid qui s'est déroulé sans modification du parcours prévu. Plusieurs années auparavant, la pluie et le vent avaient perturbé la démonstration aérienne et le saut en parachute, mais le ciel était dégagé cette fois. Le défilé s'est achevé place de Colón et a mobilisé 4 380 membres des forces armées, des forces de sécurité de l'État et d'autres institutions civiles publiques en tenue de cérémonie, soit 3 850 hommes et 530 femmes.
- Hommes
- 3850 personnes
- Femmes
- 530 personnes
Après le défilé, le couple royal s'est rendu au Palais royal pour la traditionnelle réception, à laquelle ont participé environ un millier d'invités, suivie du besamanos. La princesse Leonor et l'infante Sofía accompagnaient leurs parents, et Pedro Sánchez figurait parmi les premiers arrivés. Une nouveauté cette année : l'invitation de représentants de la société civile de Ceuta et Melilla, quelques jours avant les premières visites officielles des souverains dans les deux villes autonomes.
Sifflets contre Sánchez et absences
Des insultes, des sifflets et des cris ont visé Pedro Sánchez au début et à la fin du défilé, comme lors des éditions précédentes. La journée a été marquée par la pré-campagne des élections générales du 29 novembre. Presque tous les ministres étaient présents, sauf Óscar Puente (Transports et Mobilité durable), Sira Rego (Jeunesse et Enfance), Mónica García (Santé) et Pablo Bustinduy (Droits sociaux et Agenda 2030). Parmi les dirigeants régionaux, María Chivite (Navarre) et le lehendakari basque Imanol Pradales étaient absents, ce dernier comme à l'accoutumée le 12 octobre, tandis que le président andalou Juanma Moreno se trouvait à Bruxelles pour la plénière du Comité des régions. Le leader du PP Alberto Núñez Feijóo était présent, tout comme Alfonso Rueda, président de la Xunta de Galice.
Vox va à Ceuta
Santiago Abascal a boudé le défilé et la réception pour la deuxième année consécutive, se rendant à Ceuta avec Jordan Bardella, président du groupe Patriotes au Parlement européen. Abascal a déclaré qu'il aurait aimé que Felipe VI visite Ceuta plus tôt, ajoutant « Más vale tarde que nunca », soit « mieux vaut tard que jamais ». La visite royale débute mardi 13 octobre, environ deux mois et demi après l'entrée massive de migrants dans la ville en juillet. Abascal a expliqué son choix de lieu en ces termes :
Nous aimons célébrer notre fête nationale aux côtés des forces armées, mais ce n'est pas le moment de le faire dans une tribune pleine de traîtres. Nous ne pouvons pas célébrer tranquillement la fête nationale dans un contexte d'invasion, et aujourd'hui j'avais l'obligation d'être ici, à Ceuta, c'est pourquoi je suis venu.
Abascal a dit accueillir favorablement la visite, car elle encouragera les habitants de Ceuta, et il a exprimé l'espoir de l'expulsion des envahisseurs et d'un retour à la normale dans la ville. Il a affirmé que la ville souffre encore des effets de l'invasion et que ses habitants vivent sous siège.
Barcelone et la réaction catalane
À Barcelone, une marche a démarré à midi sur le Paseo de Gracia depuis La Pedrera, convoquée par la plateforme Unidos por Ceuta et soutenue par le PP et Vox, Ciudadanos y participant également. Des milliers de personnes ont défilé derrière une banderole proclamant « Catalogne avec Ceuta. Une seule Espagne ». Hugo Escarpa, porte-parole des plateformes S'ha acabat et Unidos por Ceuta, a déclaré :
Ceuta mérite tout notre soutien, et nous voulons envoyer un message aux habitants de Ceuta : ils ne sont pas seuls et la Catalogne est avec eux.
Quelques dizaines de militants antifascistes se sont rassemblés à Urquinaona par précaution contre une éventuelle approche du groupe néonazi Núcleo Nacional. Une cinquantaine de personnes liées à Núcleo Nacional, la plupart le visage couvert, ont exhibé une banderole proclamant « 12 octobre 1492. Nous ne demandons pas pardon ». Salvador Illa a assisté au défilé de Madrid, comme les années précédentes, et a écrit sur X :
Face à ceux qui ne veulent une Espagne que pour eux-mêmes, la Catalogne sera toujours là pour défendre une Espagne plurielle, un pays de tous et avec tous.
Junts a critiqué sa présence, et son porte-parole Josep Rius a déclaré que le président catalan ne devait pas se comporter en majordome de l'État espagnol. Illa se rend à Bruxelles mardi et mercredi pour la plénière du Comité des régions et des rencontres avec les institutions européennes.
- Départ de la marche Unidos por Ceuta à La Pedrera, à Barcelone
- Le couple royal entame sa visite officielle à Ceuta, et Illa se rend à Bruxelles
- Élections générales
