
Bärbel Bas démissionne de son poste de ministre du Travail et de la coprésidence du SPD, Merz veut proposer Alexander Schweitzer
La ministre du Travail Bärbel Bas a demandé au chancelier Friedrich Merz de la relever de ses fonctions et a renoncé à la coprésidence du SPD. Elle invoque la mort de sa belle-fille et les attaques publiques venues du partenaire de coalition, et Alexander Schweitzer est désigné pour lui succéder.
Bas se retire
La ministre du Travail Bärbel Bas a demandé au chancelier Friedrich Merz de la démettre de ses fonctions de ministre fédérale du Travail et des Affaires sociales et a démissionné de la coprésidence du SPD, une décision annoncée le lundi 12 octobre 2026. Dans une lettre adressée au parti et à son groupe parlementaire, elle invoque la mort de sa belle-fille et explique avoir besoin de temps « pour faire son deuil ». Elle évoque aussi « les attaques publiques contre ma personne, malheureusement aussi venues des rangs du partenaire de coalition », qui se sont intensifiées, selon elle, pendant une période personnellement difficile. L'élue de 58 ans écrit manquer actuellement de forces pour son travail gouvernemental et partisan. Elle conserve son mandat de députée du Bundestag pour Duisbourg.
La succession et la direction du SPD
Merz voulait soumettre sa proposition au président fédéral le jour même, en désignant l'ancien ministre-président de Rhénanie-Palatinat Alexander Schweitzer comme successeur. Merz a déclaré que Schweitzer « assume une très grande responsabilité ». Le coprésident du SPD Lars Klingbeil a annoncé au siège du parti, la Maison Willy-Brandt, qu'un congrès fédéral en décembre ou janvier devrait réélire « l'ensemble de la direction du SPD ». Klingbeil a indiqué qu'il s'en tiendrait au principe d'une double direction, sans préciser s'il se représenterait. Le SPD est crédité de 14 % au niveau national et a subi plusieurs défaites électorales cette année, ce que la Berliner Zeitung a présenté comme la question de savoir qui dirige désormais le parti.
Réactions dans la coalition
Merz a écrit sur X que sa décision « mérite le respect » et qu'il ne pouvait qu'imaginer le poids de cette perte. Le chef de la CSU Markus Söder a lui aussi exprimé son « grand respect » sur X. Klingbeil a annulé à court terme son déplacement à New Delhi, a indiqué le ministère des Finances. Le ministre de l'Environnement Carsten Schneider, s'exprimant à Luxembourg, a estimé que Bas avait fait « un excellent travail » comme présidente du parti et comme ministre du Travail. Manuela Schwesig, ministre-présidente du Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, a qualifié les attaques de la CDU d'« inhumaines et sans scrupules », et Klingbeil les a décrites comme « indécentes ». Jochen Ott, chef du groupe parlementaire SPD en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, a déclaré que « l'humanité, la décence et le respect se sont perdus en cours de route ces dernières semaines ». Bas n'a pas précisé quelles attaques elle visait. Lors d'une conférence de presse à la Konrad-Adenauer-Haus, Merz a déclaré :
Mme Bas et moi avons très bien travaillé ensemble et en confiance au sein du gouvernement fédéral pendant près d'un an et demi. Je regrette sa décision personnelle. Mais je la respecte. Je peux imaginer la période difficile qu'elle traverse actuellement.
La crise de la CDU derrière la démission
La démission est intervenue pendant un séminaire de deux jours du présidium de la CDU à Berlin, convoqué après trois lourdes défaites aux élections régionales de septembre. Au Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, la CDU n'a pas réussi à entrer au parlement régional pour la première fois de son histoire. Lors de ce séminaire, Merz a déclaré : « Nous devons nous sortir d'un creux, y compris d'une crise de confiance ». Il veut utiliser les marges budgétaires excédentaires pour ramener la taxe sur l'électricité au minimum européen pour tous, comme la coalition l'avait initialement promis. Jusqu'ici, la taxe n'a été réduite que pour certains secteurs économiques, et la baisse prévue pour 2025 a été abandonnée faute de marges budgétaires, la retraite des mères (Mütterrente) ayant été privilégiée sous la pression de Söder. La CDU doit tenir une conférence des présidents de district début novembre, suivie de conférences des membres et des régions dans toute l'Allemagne l'an prochain. Christian von Stetten, président du cercle parlementaire des PME, avait vivement attaqué Bas un mois plus tôt et mis en doute son aptitude au poste.
Questions en suspens
Merz n'a pas répondu aux accusations visant son parti. Des responsables de l'Union avaient reproché à Bas de ne pas présenter assez rapidement les projets de loi des réformes prévues, notamment sur les retraites et un marché du travail plus flexible, et l'avaient accusée de les retarder et de les bloquer. Merz espère que les textes en attente du ministère du Travail pourront désormais être adoptés rapidement en conseil des ministres. Merz a également indiqué avoir demandé en interne à son parti de faire preuve de « considération chrétienne » envers Bas. La coalition devrait connaître de nouvelles tensions, et le SPD doit choisir sa direction lors du congrès de décembre ou de janvier.

