En bref
Jeudi 22 octobre, le CSD a demandé au Tribunal administratif du sport d'évaluer une éventuelle infraction grave à la loi 10/1990 commise par Javier Tebas avec son message du 16 octobre sur X.
Javier Tebas a assimilé les méthodes de communication du Real Madrid et de sa chaîne de télévision aux mécanismes de propagande qu'exploitait Joseph Goebbels, ministre de la propagande de l'Allemagne nazie.
Le Real Madrid a appelé Javier Tebas à démissionner immédiatement de la présidence de LaLiga et de la vice-présidence de la RFEF, peu après la publication de son message.

La saisine du tribunal
Le Consejo Superior de Deportes (CSD), l'organe sportif du gouvernement espagnol, a agi de sa propre initiative jeudi 22 octobre en déposant une demande motivée auprès du Tribunal administratif du sport (TAD). La demande porte sur un message que Javier Tebas, président de LaLiga et vice-président de la Fédération royale espagnole de football (RFEF), a publié sur X le 16 octobre. Il y assimilait les méthodes de communication du Real Madrid et de sa chaîne de télévision aux « mécanismes de propagande » qu'exploitait Joseph Goebbels, ministre de la propagande de l'Allemagne nazie. Le CSD a demandé au tribunal d'évaluer si ce message présente les signes d'une éventuelle infraction grave à l'article 76.4.b de la loi sur le sport (loi 10/1990), qui vise les actes notoires et publics portant atteinte à la dignité ou au décorum sportifs. Bien que le CSD ait agi de sa propre initiative, la démarche fait suite à une plainte du Real Madrid. Son président, José Manuel Rodríguez Uribes, avait déjà demandé publiquement à Javier Tebas de retirer sa comparaison. Le conseil a justifié sa saisine par la déclaration suivante :
« Au sein des institutions sportives, il est essentiel de préserver les valeurs qui font du sport un espace de respect, de coexistence et de fair-play. »
Ce que le tribunal doit apprécier
Le TAD est rattaché au CSD mais, selon le conseil, agit en toute indépendance fonctionnelle. Le conseil invoque la doctrine du tribunal, qui s'appuie sur la jurisprudence de la Cour suprême et retient que la dignité et le décorum sportifs dépendent d'un cadre civilisé de coexistence. Ce cadre exige le respect mutuel entre les personnes qui occupent des fonctions importantes dans le sport. Selon cette lecture, le CSD soutient que le risque de sanction pour Javier Tebas réside dans la jurisprudence existante du tribunal. La demande prie seulement le tribunal d'examiner s'il existe des indices d'infraction, et non de statuer sur le fond.
La réponse de Tebas
Tebas a répondu rapidement sur X, adressant sa réponse à l'organe gouvernemental. Il a écrit que ni le secrétaire d'État aux sports ni les hauts responsables du CSD n'avaient dit un mot de reproche au sujet des accusations que le Real Madrid et sa chaîne ont portées contre LaLiga et l'arbitrage, notamment des allégations de corruption et de compétition faussée. Il a souligné que Real Madrid TV diffuse sous licence publique. Il a aussi demandé pourquoi le CSD n'était jamais intervenu sur les accusations de corruption. Réagissant à la saisine, il a écrit :
« On s'y attendait, n'importe quel prétexte aurait fait l'affaire. »
Il a ajouté que les motifs de la plainte avaient changé alors que l'insistance restait la même, et il interprète la saisine comme une tentative de le faire suspendre.
L'exigence du Real Madrid
Le Real Madrid avait réagi au message de Tebas dans les heures qui ont suivi sa publication. Dans un communiqué, le club a exigé sa démission immédiate de la présidence de LaLiga et de la vice-présidence de la RFEF. Il a indiqué qu'il continuerait à défendre ses droits et son prestige institutionnel, à poursuivre la clarification complète de l'affaire Negreira et à réclamer la régénération nécessaire du football espagnol.
La suite
Le TAD doit d'abord décider s'il admet la demande du CSD. L'infraction alléguée est classée comme grave et non très grave, de sorte que le gouvernement ne peut pas suspendre Javier Tebas à titre provisoire pendant que le tribunal statue. Les textes ne fixent pas de date pour la décision du tribunal.