
Takaichi s'excuse après la démission de Yana, ses propos sur le maquillage relancent le débat sur les rôles de genre
La Première ministre japonaise Sanae Takaichi a déclaré vendredi 16 octobre devant le Sénat qu'elle regrettait d'avoir nommé l'ancien ministre de l'Agriculture Kazuo Yana. Ses propos sur le temps que lui prennent le maquillage et les tâches ménagères ont déclenché un débat sur les rôles de genre.
Des excuses après la démission du ministre
Vendredi 16 octobre, la Première ministre Sanae Takaichi a déclaré devant la commission budgétaire du Sénat, la chambre haute du Parlement, qu'elle regrettait d'avoir nommé l'ancien ministre de l'Agriculture Kazuo Yana. Ce dernier a démissionné mercredi 14 octobre après une série de scandales, dont l'un lié à des coupes budgétaires visant des municipalités dont les maires ne l'avaient pas soutenu lors d'une élection générale. Takaichi a indiqué qu'elle l'avait exhorté à s'expliquer et a nié le protéger.
- Takaichi manque le sommet en ligne du Groupe des sept
- Yana démissionne de son poste de ministre de l'Agriculture et Takaichi tient ses propos sur le maquillage et les tâches ménagères devant le Parlement
- Takaichi s'excuse devant la commission budgétaire du Sénat au sujet de la démission de Yana
Takaichi s'est engagée à rétablir la confiance du public dans son gouvernement.
Mon cabinet travaillera d'une seule voix pour trouver des solutions à chacune des questions essentielles.
Les critiques de l'opposition et l'absence au G7
Kiyomi Tsujimoto, du Parti démocrate constitutionnel du Japon, dans l'opposition, a estimé que le manque de décision de Takaichi avait été mis au jour, l'accusant de faire passer sa propre préservation avant l'action. Takaichi a rejeté cette accusation et affirmé qu'elle n'avait pas l'intention de se protéger. Sur les violations présumées de la loi électorale imputées à Yana, elle a déclaré que les autorités compétentes devaient juger sur les faits et qu'elle ne pouvait pas rendre un verdict préconçu sur son comportement. Interrogée sur son absence au sommet en ligne du Groupe des sept démocraties du 2 octobre, Takaichi a expliqué que l'heure de la réunion n'avait été fixée que peu avant son début, laissant trop peu de temps pour se préparer, notamment pour installer le matériel de visioconférence. Elle a ajouté que les discussions portaient sur les réponses aux prix des carburants en Europe et aux États-Unis, et qu'un représentant avait été autorisé à participer à sa place.
Importations de pommes de terre et nouveau ministre de l'Agriculture
Arata Takebe est apparu pour la première fois devant la commission budgétaire depuis sa nomination au poste de ministre de l'Agriculture, prenant la parole vendredi 16 octobre. Il a déclaré que les importations de pommes de terre fraîches en provenance des États-Unis ne seraient pas approuvées « à moins qu'un accord mutuellement acceptable ne soit conclu ». Il a ajouté qu'il traiterait la question avec prudence et fermeté. Les propos de Takebe sont intervenus lors de la même session où Takaichi a défendu sa gestion des scandales liés à Yana.
Maquillage, tâches ménagères et débat sur le genre
Mercredi 14 octobre, Takaichi a déclaré devant le Parlement que sa routine, bain, préparation du petit-déjeuner, vaisselle et maquillage, ajoutait trois à quatre heures de plus à sa journée que celle d'un Premier ministre masculin.
Le matin, je prends un bain, je prépare le petit-déjeuner et je fais la vaisselle, puis je me maquille.
Elle a aussi indiqué que ses collaborateurs avaient mis du temps à comprendre pourquoi elle avait besoin de plus de temps pour se préparer avant de passer à l'écran. Des critiques ont estimé que ces propos validaient des rôles de genre dépassés et des horaires de travail excessifs. Les dernières données gouvernementales montrent que les femmes consacrent près de cinq heures par jour aux tâches ménagères, contre environ 40 minutes pour un homme moyen. Certains soutiens l'ont félicitée d'avoir attiré l'attention sur l'effort supplémentaire que les femmes fournissent au travail et dans la gestion de leur foyer, tandis qu'une essayiste conservatrice, Kotoe Hashimoto, a demandé sur X si les critiques voulaient qu'elle se présente au Parlement sans maquillage. Un centre de réflexion, NXJI Research, a proposé d'embaucher des cuisiniers et d'autres personnels domestiques pour la résidence officielle de la Première ministre. Fusako Miwa, avocate, a déclaré sur les réseaux sociaux qu'elle acceptait le temps supplémentaire, mais pas l'excuse du maquillage.
Tant qu'elle fait son travail, ce n'est pas un problème si elle a besoin de plus de temps que les hommes.


