Un père condamné à du sursis après un accident mortel d'alcool au volant qui a tué trois membres de sa famille près de Fribourg
Un homme de 47 ans a écopé d'une peine de prison avec sursis d'un an et dix mois pour homicide involontaire et conduite en état d'ivresse après un accident sur la route fédérale B3 en mai 2025, qui a coûté la vie à sa fille de six ans, son neveu et sa belle-fille.
L'accident
Un soir du début mai 2025, un homme de 47 ans et son neveu de 27 ans assistent à une fête d'anniversaire à Schallstadt. Ils y retrouvent l'ancienne compagne de l'homme, âgée de 34 ans, et ses quatre enfants, dont les trois plus jeunes sont de lui. Après la fête, les enfants supplient la famille de rentrer ensemble en voiture. L'homme accepte, déclarant plus tard au tribunal qu'il ne se pardonnerait jamais d'avoir cédé.
Peu avant 23 heures, les sept personnes prennent la route dans une voiture cinq places sur la B3 en direction de Fribourg. Selon les déclarations du prévenu, il confond une sortie et, au lieu de tourner sur l'Allée Besançon, s'engage sur un parking parallèle à l'autoroute. Roulant à environ 70 km/h, la voiture quitte la voie de circulation et percute de plein fouet une semi-remorque correctement garée sur la bande d'arrêt d'urgence. Le véhicule prend immédiatement feu. Des témoins extraient les sept occupants de l'épave enflammée.
La fille du conducteur, âgée de six ans, et son neveu de 27 ans meurent sur le coup. Une jeune fille de 13 ans, fille de la mère issue d'une relation précédente, décède plus tard à l'hôpital. Les quatre autres occupants, dont le conducteur, la mère et deux fils âgés de trois et sept ans, souffrent de blessures graves comme des fractures, des traumatismes crâniens et une contusion pulmonaire. Une prise de sang effectuée après l'accident révèle un taux d'alcoolémie de 1,4 gramme par litre de sang chez le conducteur.
La police indique plus tard que l'entrée du parking se trouvait si près de l'autoroute que des confusions se produisaient parfois. Les enquêteurs déterminent que la voiture n'était conçue que pour cinq personnes et, compte tenu du nombre et de la gravité des blessures, il est supposé que les quatre enfants et le neveu sur la banquette arrière ne portaient pas de ceinture de sécurité.
Le procès
Le 29 juillet 2026, le procès s'ouvre devant le tribunal de district de Fribourg. Le prévenu est accusé d'homicide involontaire dans trois cas, de mise en danger négligente de la circulation routière et de coups et blessures involontaires. Un policier parmi les premiers secouristes s'effondre à plusieurs reprises en décrivant la scène : des corps sans vie, dont certains d'enfants, gisant sur la route, et le conducteur assis plus loin dans l'herbe, en état de choc, disant qu'il était au volant et qu'il avait sous-estimé la situation.
Le prévenu, visiblement bouleversé tout au long des débats, fait lire une déclaration par son avocat. Il dit qu'aucun jour ne passe sans qu'il ne tourne autour de ce qui s'est passé et qu'il ne parvient toujours pas à se pardonner d'avoir accepté de conduire.
Verdict et remords
Le juge président Stefan Schuller condamne l'homme à un an et dix mois de prison avec sursis.
Ma peine vous sera probablement indifférente. Vous devrez vivre avec cette culpabilité pour le reste de votre vie.
Les paroles du juge reflètent la gravité d'une tragédie qui a bouleversé l'audience, y compris les avocats et le juge lui-même. Le prévenu n'effectuera pas de peine de prison mais porte une condamnation pour la mort de deux enfants et d'un jeune adulte.


