L'Espagne approuve le Statut de l'artiste avec coordinateurs d'intimité obligatoires, laisse de côté la régulation de l'IA après un obstacle juridique
Le gouvernement espagnol a adopté un nouveau décret royal réglementant près de 800 000 travailleurs culturels, introduisant des protections pour les mineurs, des coordinateurs d'intimité obligatoires et la transparence salariale, mais a abandonné les restrictions proposées sur l'IA générative après que le Conseil d'État a jugé que la mesure nécessitait une loi organique complète.
Ce que change le décret
Le décret royal, présenté par la ministre du Travail Yolanda Díaz comme « la réforme du travail pour les travailleurs culturels », remplace une réglementation de 1985 qui régissait les relations avec les artistes dans les domaines du spectacle vivant, de l'audiovisuel et de la musique. La mise à jour, négociée avec des dizaines d'associations professionnelles, s'étend à environ 800 000 personnes travaillant dans des rôles techniques et auxiliaires ainsi que les interprètes. Díaz a déclaré que le texte met fin à « une règle ancienne qui inclut des références aux anciens règlements et ordonnances du franquisme », qualifiant le nouveau cadre d'adapté au XXIe siècle.
La réforme du travail pour les travailleurs culturels qui met fin à une règle ancienne qui inclut des références aux anciens règlements et ordonnances du franquisme.
Aujourd'hui, l'Espagne est meilleure et nous avons enfin une règle adaptée au XXIe siècle.
Protections pour les mineurs
Pour la première fois, le statut interdit aux mineurs de travailler comme artistes indépendants ; ils ne peuvent travailler que comme salariés avec une autorisation expresse. Le ministère du Travail souhaite briser « la pratique du travail des mineurs qui a lieu dans un cadre privé ou familial ». Le décret limite la durée maximale du travail, restreint le travail de nuit et introduit des dispositions de santé et de sécurité spécifiques pour les moins de 18 ans. Les créateurs de contenu et les influenceurs sont inclus, reflétant le large champ d'application des nouvelles règles.
Temps de travail et transparence salariale
La notion de temps de travail couvre désormais les répétitions, la préproduction, la postproduction et les tâches promotionnelles, et non plus seulement les représentations finales. Les périodes de repos sont alignées sur le droit du travail général. Les employeurs doivent délivrer des fiches de paie détaillées qui séparent les éléments de salaire des paiements non salariaux et, pour la première fois, indiquer les montants correspondant aux droits d'auteur, une demande de longue date du secteur.
Coordinateurs d'intimité et autres mesures
Le statut rend obligatoire la présence d'un coordinateur d'intimité pour les scènes à caractère sexuel, une mesure largement réclamée par les interprètes. Le décret formalise également les droits et les procédures d'autorisation pour le travail artistique des mineurs et met à jour les références qui dataient des ordonnances de l'ère franquiste.
Régulation de l'IA laissée de côté
L'avant-projet diffusé pour consultation publique en janvier 2026 contenait un article spécifique pour protéger les droits à l'image, à la voix et à la performance des artistes contre les répliques générées par l'IA et pour limiter l'utilisation de l'IA aux fins contractuellement convenues. Cependant, le Conseil d'État a rendu un avis défavorable, arguant que la matière touche aux droits fondamentaux et nécessite donc une loi organique plutôt qu'un décret royal. En réponse, le ministère du Travail a supprimé le chapitre sur l'IA du texte final. Des responsables ont déclaré à El País que des travaux sont déjà en cours pour réintroduire les protections par le biais d'une initiative législative distincte.
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