
L'Andalousie et Ceuta refusent les transferts de migrants et exigent des retours vers le Maroc
Les dirigeants régionaux Juanma Moreno et Juan Jesús Vivas ont convenu à Séville de refuser les relocalisations de migrants et demandé au gouvernement central de rapatrier toutes les personnes entrées en juillet.
Rejet de la répartition des migrants
Le président de la région d'Andalousie, Juanma Moreno, et le président de Ceuta, Juan Jesús Vivas, se sont rencontrés le 1er octobre 2026 au Palacio de San Telmo, à Séville, pour coordonner leur réponse à la crise humanitaire en cours à Ceuta. Les deux dirigeants ont réaffirmé leur refus conjoint d'activer un accord bilatéral de 2021 prévoyant le transfert de mineurs migrants non accompagnés vers l'Andalousie continentale en cas d'urgence migratoire. Ils ont estimé que les entrées massives survenues les 30 et 31 juillet 2026 relevaient d'une invasion et d'une violation de l'intégrité territoriale de l'Espagne, et non d'un événement migratoire ordinaire. M. Vivas a indiqué que les services publics de base de Ceuta, ville de 83 000 habitants, restent gravement dégradés après l'arrivée de 80 000 à 90 000 personnes, dont 15 000 se trouvent encore dans l'enclave. Les équipes de recherche ont retrouvé 91 corps en mer, dont trois mineurs, après des tentatives de traversée à la nage.
Lors de la conférence de presse conjointe, M. Vivas a insisté sur le fait que la seule solution viable est de rapatrier toutes les personnes entrées pendant la vague de juillet.
Le seul moyen d'éviter que cela se reproduise est le retour au Maroc de toutes les personnes arrivées les 30 et 31 juillet, adultes comme mineurs.
Exigences envers le gouvernement central
Les deux dirigeants régionaux ont dirigé leurs critiques vers le gouvernement central du Premier ministre Pedro Sánchez, appelant les ministères à accélérer les rapatriements vers le Maroc. M. Moreno a cité des déclarations antérieures du ministre de l'Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, et du ministre des Affaires étrangères, José Manuel Albares, selon lesquelles les arrivées irrégulières doivent retourner au Maroc. M. Moreno a relevé que l'Union européenne et le gouvernement marocain s'étaient tous deux dits prêts à procéder aux retours, s'interrogeant sur les raisons du retard des autorités espagnoles. Des partis d'opposition de gauche avaient auparavant demandé au gouvernement andalou d'activer le pacte d'assistance de 2021 pour soulager les abris municipaux de Ceuta. M. Moreno a rejeté ces appels, affirmant que les accords d'urgence entre régions ont été conçus pour des flux migratoires conventionnels.
M. Moreno a répété que la nature de la traversée frontalière de juillet la plaçait hors des mécanismes administratifs normaux.
Nous avons utilisé et appliqué l'accord face à un phénomène migratoire normal, mais ce n'est pas un phénomène migratoire normal. C'est une invasion, une violation de la souveraineté territoriale de l'Espagne.
Accords économiques et de transport
Parallèlement à la politique migratoire, les deux administrations ont présenté un ensemble de mesures économiques et de connectivité pour aider Ceuta. Le gouvernement régional d'Andalousie a offert aux entreprises de Ceuta un accès direct à Andalucía Trade, un réseau d'agences présent sur cinq continents pour soutenir l'internationalisation commerciale. L'accord prévoit aussi des rencontres d'affaires bilatérales organisées par les chambres de commerce provinciales, après une première visite de coopération à Ceuta du président de la Chambre de commerce de Séville, Francisco Herrero, le 16 septembre 2026. La collaboration académique sera élargie par une initiative conjointe entre le secrétariat général des universités d'Andalousie et l'université de Grenade.
Liaisons maritimes et reprise du tourisme
Les infrastructures de transport constituent un élément central du pacte bilatéral, avec notamment des projets de liaison maritime régulière entre Ceuta et le port de Málaga pour compléter les vols en hélicoptère existants. Le gouvernement andalou étudie également des options administratives pour appliquer une réduction de 25 % sur les billets de ferry pour passagers reliant Ceuta aux ports continentaux. Les autorités touristiques ont lancé une campagne de promotion sur les réseaux sociaux pour aider les opérateurs locaux du détroit de Gibraltar, avec des projets de promotion conjointe une fois la crise immédiate apaisée. Après le sommet du San Telmo, M. Vivas a conclu son programme officiel à Séville par une visite au siège de la Chambre de commerce de Séville.
- Début d'une traversée frontalière irrégulière massive à la frontière de Tarajal vers Ceuta
- Les traversées se poursuivent, portant le total des entrées entre 80 000 et 90 000 personnes
- Une délégation de la Chambre de commerce de Séville se rend à Ceuta pour établir des liens économiques
- Moreno et Vivas tiennent un sommet bilatéral au Palacio de San Telmo, à Séville


