
Six mois de guerre en Iran : les frappes américaines et israéliennes dans l'impasse, la pression économique s'intensifie
Six mois après le lancement de l'opération Epic Fury le 28 février, plus de 7 900 personnes sont mortes et le transit maritime dans le détroit d'Ormuz reste restreint, alors que le conflit se déplace vers les sanctions économiques.
Opération Epic Fury et impasse militaire
Six mois après que les États-Unis et Israël ont lancé l'opération Epic Fury le 28 février 2026, la campagne militaire s'est installée dans une impasse. L'opération conjointe a débuté par des frappes coordonnées sur Téhéran, assassinant le guide suprême Ali Khamenei, le commandant des Gardiens de la révolution Mohammad Pakpour et le chef d'état-major des forces armées Abdolrahim Mousavi. Selon les données compilées par le projet Armed Conflict Location and Event Data, les États-Unis et Israël ont mené au moins 3 580 attaques contre des cibles iraniennes. En réponse, l'Iran a lancé au moins 2 053 attaques dans le Golfe et au Moyen-Orient. Malgré les dégâts considérables infligés aux installations militaires et nucléaires iraniennes, Téhéran a conservé son commandement central et ses capacités de riposte.
Nous avons infligé beaucoup de dégâts à l'Iran, mais ils en sont sortis plus forts qu'avant.
- Les États-Unis et Israël lancent l'opération Epic Fury, assassinant le guide suprême Ali Khamenei
- Les Gardiens de la révolution déclarent le détroit d'Ormuz fermé, réduisant le transit quotidien à cinq navires
- Un accord provisoire augmente temporairement le trafic à Ormuz à 20 navires par jour
- Les États-Unis reprennent le blocus portuaire, réduisant le trafic à Ormuz à cinq navires par jour
- Des décrets au nom de Mojtaba Khamenei officialisent la nouvelle direction militaire iranienne
Bilan humain et escalade régionale
La guerre a fait de nombreuses victimes dans plusieurs pays depuis les frappes initiales. Les chiffres officiels des autorités sanitaires nationales confirment au moins 4 350 morts au Liban, 3 527 morts en Iran et 28 morts dans les États du Golfe. Les frappes iraniennes ont tué 60 Israéliens et 18 militaires américains, le Pentagone confirmant 757 soldats américains blessés. Au Liban, les combats se sont intensifiés alors que le Hezbollah tirait des roquettes sur le nord d'Israël, déclenchant des contre-frappes et des manœuvres terrestres israéliennes qui ont placé un cinquième du territoire libanais sous contrôle israélien.
- Liban
- 4350 personnes
- Iran
- 3527 personnes
- Israël
- 60 personnes
- États du Golfe
- 28 personnes
- États-Unis
- 18 personnes
Effondrement du transit à Ormuz et virage vers les sanctions
Le commerce maritime dans le Golfe persique s'est effondré peu après le début des combats, provoquant des perturbations majeures sur les marchés énergétiques mondiaux. Avant le 28 février, environ 100 navires transitaient quotidiennement par le détroit d'Ormuz, dont plus de la moitié transportaient du pétrole et des produits pétrochimiques. Après que le Corps des Gardiens de la révolution islamique a déclaré le détroit fermé le 2 mars, le transit quotidien est tombé à cinq navires. Un arrangement diplomatique temporaire le 17 juin a fait remonter le trafic à 20 navires par jour, mais les flux sont revenus à cinq navires par jour lorsque les États-Unis ont repris leur blocus portuaire le 14 juillet. Face aux limites opérationnelles et aux munitions épuisées, l'administration Trump s'est tournée vers des sanctions plus strictes, menaçant la plus grande offensive financière jamais menée contre l'Iran.
- Avant-guerre
- 100 navires/jour
- Fermeture du 2 mars
- 5 navires/jour
- Accord du 17 juin
- 20 navires/jour
- Blocus du 14 juillet
- 5 navires/jour
Tensions politiques et lassitude civile
À Washington, la prolongation des combats a créé des frictions politiques avant les élections de mi-mandat du 3 novembre. Un sondage de juillet cité par CNN indiquait que 29 % des électeurs motivés approuvaient la gestion de la guerre par Donald Trump, contre 53 % en 2024. Selon un reportage de Maggie Haberman et Jonathan Swan, l'administration s'attendait initialement à ce que le conflit se termine en quelques semaines.
Il croyait, comme Jonathan et moi l'avons rapporté dans Regime Change, que ce serait une guerre rapide.
À Téhéran, l'autorité politique reste centralisée sous une structure militaire après la nomination de Mojtaba Khamenei, qui n'a fait aucune apparition publique en six mois. Le 10 août, des décrets en son nom ont établi un haut commandement restructuré. Les Iraniens ordinaires dans des villes comme Téhéran sont confrontés à de graves difficultés économiques, à une hausse rapide des prix et à l'angoisse de nouvelles frappes, les espoirs initiaux de changement politique intérieur ayant cédé la place à la survie quotidienne.


