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Diplomatie·-3 h

Trump affirme qu'un accord de paix avec l'Iran sera signé dimanche, mais Téhéran et les événements au Liban obscurcissent le calendrier

Washington et Islamabad affirment qu'un accord-cadre pour mettre fin à la guerre de trois mois entre les États-Unis et l'Iran sera signé le 14 juin, mais Téhéran dément toute cérémonie dimanche et les frappes israéliennes sur Beyrouth ajoutent de nouvelles complications.

Des calendriers contradictoires pour une signature

Le président Trump et le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif ont tous deux annoncé samedi qu'un accord de paix avec l'Iran doit être signé dimanche 14 juin, une date qui coïncide également avec le 80e anniversaire de Trump. Trump a écrit sur Truth Social que « l'accord doit être signé demain » et a ajouté que le détroit d'Ormuz serait immédiatement « OUVERT À TOUS » une fois l'accord en place. Sharif a déclaré que le pacte serait finalisé dans les 24 heures et que le Pakistan préparait une signature électronique, avec des discussions techniques la semaine prochaine.

L'Iran a cependant douché les espoirs d'un calendrier dimanche. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a déclaré que l'accord pourrait être conclu « dans les jours à venir » mais a souligné qu'« il ne sera pas signé demain ». Les médias iraniens ont rapporté qu'une délégation qatarie était arrivée à Téhéran dimanche pour « étudier les derniers développements liés au processus diplomatique », tandis que des responsables de la République islamique insistaient sur le fait que les examens d'experts et politiques du projet étaient toujours en cours. Des analystes ont suggéré que Téhéran ne veut pas offrir une victoire à Trump le jour de son anniversaire.

Le moment venu, quand les choses se seront calmées, nous irons récupérer cette « poussière nucléaire » enfouie profondément sous ces magnifiques montagnes de granit – et nous la diluerons et la détruirons, que ce soit en Iran ou aux États-Unis.

Ce que l'accord-cadre est censé contenir

Les parties négocient depuis un cessez-le-feu fragile le 8 avril, suite aux frappes militaires américano-israéliennes du 28 février. L'accord-cadre, souvent décrit comme un protocole d'accord, ouvrirait une fenêtre de négociation technique de 60 jours. Les principaux points de friction comprennent l'avenir du programme nucléaire iranien, le contrôle du détroit d'Ormuz, le dégel des avoirs iraniens d'une valeur de 24 milliards de dollars et l'inclusion d'un cessez-le-feu au Liban.

Un projet de 14 points divulgué par l'agence de presse Mehr vendredi incluait la reconnaissance du droit de l'Iran à enrichir de l'uranium et la libération rapide des fonds gelés. Trump a contredit cette version, insistant sur le fait que l'accord mènerait au démantèlement du programme nucléaire iranien et au retrait de l'uranium hautement enrichi du pays. Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a répliqué avec une proposition visant à diluer le stock d'uranium enrichi à 60 % de l'Iran à moins de 5 % à l'intérieur du pays, une position éloignée de l'objectif affiché de Washington d'élimination totale.

Tant qu'un accord global n'aura pas été conclu, personne ne peut être certain qu'une position commune a véritablement été trouvée.

Abbas Araghchi

Le Liban fait partie du paquet

Téhéran a conditionné à plusieurs reprises sa signature à un cessez-le-feu au Liban, où le Hezbollah est entré dans le conflit le 2 mars. Un haut responsable américain a confirmé vendredi que des arrangements liés au Liban sont désormais inclus dans le projet en discussion, une concession par rapport aux efforts antérieurs des États-Unis pour maintenir les deux volets séparés. Mais dimanche, l'armée israélienne a bombardé des infrastructures du Hezbollah dans la banlieue sud de Beyrouth et ordonné des évacuations d'environ 30 villages du sud du Liban, après que deux drones lancés depuis le territoire libanais ont frappé Israël.

Chemin vers un potentiel accord américano-iranien : dates clés
  1. Les États-Unis et Israël lancent des frappes aériennes massives sur l'Iran, déclenchant la guerre.
  2. Le Hezbollah entre dans le conflit depuis le Liban en soutien à l'Iran.
  3. Les États-Unis et l'Iran conviennent d'un cessez-le-feu, mais des combats sporadiques se poursuivent.
  4. Le Premier ministre pakistanais Sharif et Trump annoncent qu'un accord sera signé le lendemain ; l'Iran dit non à une signature dimanche.
  5. Une délégation qatarie arrive à Téhéran pour des pourparlers ; des frappes israéliennes touchent la banlieue sud de Beyrouth ; la signature électronique est attendue.

Pression de toutes parts

Trump fait face à un mécontentement intérieur croissant face à une guerre largement impopulaire, avec les élections de mi-mandat et la Coupe du monde de football co-organisée qui approchent en novembre. Il est attendu au sommet du G7 la semaine prochaine, où les alliés devraient le presser sur le conflit. L'Iran est également sous une pression intense. Bernard Hourcade, spécialiste de l'Iran au CNRS, a déclaré que le pays a été bombardé et traverse une grave crise économique et politique, le mouvement de protestation qui a éclaté en janvier couvant toujours. « Les deux parties veulent sortir de cette impasse « ni paix ni guerre », a-t-il déclaré à RFI.

L'Iran cherche désespérément une solution. L'Iran a été bombardé et le pays traverse une grave crise économique et politique. Il veut donc sortir de cette situation et ouvrir une nouvelle direction – c'est-à-dire un changement de politique intérieure.

Washington · Téhéran · Islamabad · Beyrouth

8 sources

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