
Elena Sofia Ricci s'en prend à la télévision italienne pour avoir repoussé la fiction à 22 heures : « Scandaleux, je suis furieuse »
L'actrice Elena Sofia Ricci, intervenant lors de l'Italian Global Series à Rimini, a vivement critiqué les diffuseurs italiens pour avoir programmé des séries de fiction jusqu'à 22 heures, estimant que cela manque de respect aux équipes et nuit aux audiences.
La protestation contre la programmation
Elena Sofia Ricci n'a pas mâché ses mots au festival Italian Global Series de Rimini. Présentant la troisième saison de sa série policière de Rai 1 I casi di Teresa Battaglia, elle a dirigé ses critiques contre l'habitude des réseaux de repousser la fiction en prime-time à des créneaux de plus en plus tardifs. « Diffuser à 22 heures est scandaleux, je suis furieuse et je m'oppose à une programmation aussi tardive », a-t-elle déclaré. Elle a retracé la dérive : autrefois la fiction commençait à 20 h 30, puis à 21 h 15, et maintenant à 22 heures. Ce décalage, selon elle, empêche les séries d'atteindre le succès qu'elles auraient avec un créneau plus précoce.
Il faut arrêter de nous diffuser à dix heures du soir. Ça suffit. C'est honteux.
Une transformation personnelle
Ricci attribue à son personnage, la profileuse abrasive Teresa Battaglia, le fait d'avoir changé sa propre approche du conflit. « De Teresa Battaglia, j'ai appris à dire non, à être plus affirmée, à ne pas avoir peur du conflit, alors qu'avant j'essayais toujours de l'éviter », a-t-elle confié aux journalistes. L'actrice, trois fois lauréate du David di Donatello, a déclaré qu'elle avait l'habitude de s'excuser même lorsqu'elle était blessée ; désormais, elle s'exprime. Elle a également évoqué un conseil de Marcello Mastroianni, un ami de la famille, au début de sa carrière : accepter tous les rôles, car le métier s'apprend en le pratiquant.
Avant, si j'étais blessée, je pensais que c'était de ma faute, je m'excusais presque auprès de la personne qui m'avait blessée. Maintenant, j'ai appris à dire non, maintenant je me mets en colère.
Impact sur les travailleurs et les téléspectateurs
Ricci a souligné que la programmation tardive n'est pas seulement un grief des acteurs. « Nous avons tous travaillé comme des forcenés », a-t-elle dit, « et voir nos produits si mal traités est inacceptable. » Elle a énuméré les machinistes travaillant sous 32 degrés, les décorateurs, les costumiers faisant des heures sup jusqu'à 2 heures du matin. « Pourquoi devrions-nous payer le prix de la logique de la contre-programmation ? La sueur et le labeur de centaines de personnes sont en jeu. » Les téléspectateurs, eux aussi, sont obligés de veiller tard, et la qualité de la série ne peut compenser la perte d'audience.
Toutes les séries sont pénalisées par la programmation. Nous devons protester.
La nouvelle saison de Teresa Battaglia
La troisième saison, intitulée Figlia della cenere et réalisée par Kiko Rosati, est adaptée du roman d'Ilaria Tuti publié chez Longanesi. Ricci a décrit Teresa comme une femme courageuse qui combat des tueurs en série tout en luttant contre son propre démon intérieur, la maladie d'Alzheimer. Cette saison explorera également son passé, notamment les violences qu'elle a subies et la perte de son fils. Rosati a noté que Rai a laissé à la production la liberté de traiter de ce sujet difficile.
Appels à une trêve télévisuelle
Cette controverse fait écho à l'échec récent de I Cesaroni, une série dans laquelle Ricci a joué pendant des années, qui a souffert d'un démarrage à 22 heures sur Canale 5. Les jeux télévisés La ruota della fortuna et Affari Tuoi, animés par Gerry Scotti et Stefano De Martino, dépassent souvent leur temps imparti, repoussant la fiction. Les deux animateurs ont déclaré qu'ils seraient prêts à terminer avant 21 h 30, mais Rai et Mediaset n'ont pas encore trouvé d'accord. Ricci a exhorté les réseaux à trouver un autre moyen de gagner la bataille de l'audience sans sacrifier les programmes de fiction.

