Les États-Unis et l'Iran entament des pourparlers de paix en Suisse alors que Téhéran ferme le détroit d'Ormuz après des frappes israéliennes au Liban
Le vice-président JD Vance est arrivé au Bürgenstock Resort près de Lucerne pour rencontrer les négociateurs iraniens, quelques heures après que le Corps des gardiens de la révolution islamique a déclaré la fermeture du détroit d'Ormuz, bien que l'armée américaine affirme que 55 navires marchands l'ont traversé samedi.
Le chemin vers Bürgenstock
Les États-Unis et l'Iran ont signé mercredi un protocole d'accord instaurant un cessez-le-feu de 60 jours pour mettre fin à près de quatre mois de guerre, déclenchée par des frappes américaines fin février et la mort du guide suprême Ali Khamenei. Les pourparlers prévus vendredi ont été reportés après que l'Iran a soulevé des inquiétudes, puis reconfirmés pour dimanche dans la station suisse, avec la présence de médiateurs pakistanais et qataris. L'accord intérimaire engage les deux parties à une trêve sur tous les fronts, y compris le Liban, et ouvre une fenêtre pour négocier le programme nucléaire iranien, les stocks d'uranium et le dégel des avoirs iraniens.
- Des frappes américaines tuent le guide suprême Ali Khamenei, déclenchant la guerre en Iran.
- Trump et Pezeshkian signent un protocole d'accord de cessez-le-feu intérimaire.
- Les pourparlers initialement prévus vendredi sont reportés à la demande de l'Iran.
- Les Gardiens de la révolution déclarent la fermeture du détroit d'Ormuz ; des frappes israéliennes tuent 16 à 20 personnes au Liban ; les États-Unis affirment que 55 navires transitent.
- Vance et Qalibaf entament des pourparlers de paix au Bürgenstock Resort près de Lucerne.
Le détroit d'Ormuz comme levier
Samedi, les Gardiens de la révolution ont averti les navires de ne pas s'approcher du détroit, invoquant ce qu'ils ont appelé les « crimes » israéliens au Liban et l'incapacité des États-Unis à faire respecter le cessez-le-feu. Le quartier général central de Khatam al-Anbiya a qualifié cette fermeture de « premier pas » et promis d'autres mesures si « l'agression » se poursuivait. Washington a répliqué : le Commandement central américain a déclaré que 55 navires marchands avaient transporté plus de 17 millions de barils de pétrole à travers la voie navigable samedi. Donald Trump a déclaré qu'aucun péage ne serait facturé pour le passage pendant ou après le cessez-le-feu de 60 jours, mais a menacé d'imposer une taxe américaine « pour services rendus » si les pourparlers échouaient.
Tant que l'accord ne sera que sur le papier, le flux de l'énergie au Moyen-Orient restera interrompu.
Trêve fragile au Liban
Des frappes israéliennes ont tué au moins 16 personnes dans le sud du Liban samedi, selon les autorités locales, et au moins 20 selon d'autres rapports. Israël a décrit ces actions comme des réponses aux attaques du Hezbollah et affirme ne pas être partie à l'accord américano-iranien, refusant de retirer ses forces du territoire libanais. Le Hezbollah a déclaré qu'il ne permettrait pas à Israël une « liberté de mouvement » au Liban. La cessation des combats au Liban est une condition préalable aux pourparlers de 60 jours sur le programme nucléaire iranien.
Je crois que, si tout se passe bien, nous pouvons progresser à la fois sur la question nucléaire et sur le cessez-le-feu au Liban.
Médiation et l'horloge de 60 jours
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif et le chef de l'armée, le maréchal Asim Munir, sont arrivés en Suisse pour superviser les discussions techniques, à la suite d'un effort diplomatique du ministre de l'Intérieur Mohsin Naqvi, qui s'est rendu à Téhéran pour persuader l'Iran de participer. Le Qatar assure également la médiation. La fenêtre de 60 jours laisse peu de place aux retards, Trump signalant qu'un accord final doit freiner le programme nucléaire iranien, tandis que Téhéran insiste sur un allègement des sanctions et la libération des avoirs gelés. L'analyste américain Aaron David Miller a souligné la marge de manœuvre étroite de la Maison-Blanche.
Il n'y a plus beaucoup de place pour qu'il manœuvre et riposte contre les Iraniens.

