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Diplomatie·-2 h

Zelensky propose une rencontre directe avec Poutine pour mettre fin à la guerre, suscitant des réactions internationales mitigées

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a publié une lettre ouverte à Vladimir Poutine proposant une rencontre directe dans un pays neutre et un cessez-le-feu total pour négocier la fin de la guerre, tandis que le Kremlin a confirmé avoir reçu la lettre mais sans s'engager immédiatement.

La lettre

Jeudi soir, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a publié une lettre ouverte au président russe Vladimir Poutine, proposant une rencontre personnelle pour mettre fin à la guerre. « L'Ukraine propose de mettre fin à cette guerre par un contact direct entre nous. Je propose une rencontre », a écrit Zelensky. Il a suggéré un lieu neutre comme la Suisse, la Turquie ou un pays arabe, et a appelé à un cessez-le-feu inconditionnel pendant les négociations, ainsi qu’à un échange de prisonniers commençant par les civils et les enfants prétendument enlevés par la Russie. La lettre reconnaissait que les États-Unis sont actuellement concentrés sur l'Iran, mais soutenait que la paix nécessite un engagement direct entre l'Ukraine et la Russie.

L'Ukraine propose de mettre fin à cette guerre par un contact direct entre nous. Je propose une rencontre.

Le dirigeant ukrainien a adopté un ton de défi, notant qu'après 26 ans au pouvoir, Poutine fait face aux conséquences d'une guerre prolongée. « Si Vladimir Poutine ne met pas fin bientôt à la guerre », a-t-il écrit, « le peuple russe forcera des changements. » La lettre a été publiée alors que Poutine s'exprimait au Forum économique international de Saint-Pétersbourg.

La réponse de Moscou

Le Kremlin a confirmé que Poutine avait été informé de la lettre, mais le porte-parole Dmitri Peskov a déclaré que la Russie ne brûlerait pas les étapes. « Il a été informé », a déclaré Peskov aux journalistes, ajoutant que Poutine pourrait aborder le sujet lors de son discours au forum de Saint-Pétersbourg, qui se termine samedi. Peskov a noté que la Russie n'a aucun canal de communication officiel avec l'Ukraine. Il a également exprimé sa confiance que la pause dans les négociations médiées par les États-Unis, qui dure depuis février à cause de la guerre en Iran, serait résolue « aussi rapidement que possible ». Plus tôt, Peskov avait déclaré que « Zelensky peut venir à Moscou à tout moment », une position que Poutine a réitérée lors de sa conférence de presse de jeudi. Poutine a par ailleurs déclaré être prêt à signer un accord de paix si l'Ukraine faisait des concessions, notamment un retrait du Donbass, mais a rejeté l'idée d'un cessez-le-feu, suggérant que les négociations pourraient commencer même si les combats se poursuivent.

Il a été informé.

Réactions internationales

La Commission européenne a salué la proposition. « Nous accueillons favorablement l'appel du président Zelensky à des négociations directes et également l'appel à un cessez-le-feu », a déclaré Anitta Hipper, porte-parole pour les affaires étrangères. Elle a qualifié cela d'« une nouvelle démonstration de la recherche par l'Ukraine de négociations authentiques et d'un cessez-le-feu inconditionnel ».

Le président français Emmanuel Macron, s'exprimant lors d'un sommet UE–Balkans occidentaux à Tivat, au Monténégro, a qualifié la lettre de « bonne initiative ». « Nous avons toujours défendu des négociations directes entre l'Ukraine et le Kremlin », a-t-il déclaré, ajoutant que seuls Kiev et Moscou peuvent construire simultanément un cessez-le-feu et un plan de paix. Macron prévoit de rencontrer Zelensky dans les prochains jours. Il a souligné que les nations européennes, en tant que principaux contributeurs à l'effort de guerre ukrainien, devraient être prêtes à reprendre le dialogue avec la Russie et à exercer une pression collective. « L'idée qui a existé à un moment donné (que la Russie devrait se voir attribuer l'ensemble du Donbass) est une idée qui ne peut plus exister aujourd'hui, compte tenu de la réalité sur le terrain », a déclaré Macron.

Nous avons toujours défendu des négociations directes entre l'Ukraine et le Kremlin.

Le président américain Donald Trump a déclaré qu'une rencontre entre Zelensky et Poutine serait « formidable », et il aurait exhorté les deux dirigeants à faire des concessions.

Sur le terrain

L'opinion publique en Ukraine est divisée. Certains voient l'initiative comme une étape possible vers la paix, tandis que d'autres la jugent inefficace compte tenu des demandes maximalistes de Moscou. « Cette lettre est inutile. La Russie veut toute l'Ukraine. Zelensky pourrait écrire 100 lettres et rien ne changerait », a déclaré un citoyen à des journalistes.

Le contexte reste tendu : Zelensky a évoqué les récentes frappes ukrainiennes de drones à longue portée sur des cibles en Russie (y compris autour du forum de Saint-Pétersbourg) comme un signe que les coûts de la guerre se font de plus en plus sentir. Les analystes notent que les deux camps font face à des pressions économiques croissantes et à des pénuries de main-d'œuvre, rendant le moment potentiellement plus propice au dialogue, bien qu'aucune percée ne semble imminente.

Moments clés de l'épisode de la lettre Zelensky-Poutine (4–5 juin 2026)
  1. Zelensky publie une lettre ouverte à Poutine, proposant une rencontre directe.
  2. Poutine, au forum de Saint-Pétersbourg, déclare être prêt à signer un accord de paix mais rejette un cessez-le-feu sans concessions.
  3. Le Kremlin confirme que Poutine a été informé de la lettre ; Peskov affirme qu'aucun canal officiel n'existe avec Kiev.
  4. La porte-parole de la Commission européenne accueille favorablement l'appel de Zelensky.
  5. Macron qualifie la lettre de « bonne initiative » et annonce une rencontre prochaine avec Zelensky.
  6. Trump déclare qu'une rencontre Zelensky-Poutine serait « formidable ».
Kiev · Moscou · Tivat

8 sources

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