
Renault renvoyée devant le tribunal correctionnel de Paris pour tromperie aggravée sur les émissions diesel
Le constructeur français est le deuxième après Volkswagen à être renvoyé en procès en France pour des allégations selon lesquelles il aurait calibré des véhicules diesel pour truquer les tests d'émissions entre 2009 et 2017.
Renvoi devant le tribunal
Le lundi 27 juillet 2026, Renault a été renvoyée devant le tribunal correctionnel de Paris pour tromperie aggravée, devenant le deuxième constructeur automobile après Volkswagen à faire l'objet de poursuites pénales en France dans le cadre du scandale des émissions Dieselgate. L'ordonnance judiciaire, rendue le vendredi 24 juillet et notifiée aux parties le lundi, fait suite à la demande formelle du parquet de Paris en juin 2025. Une audience de fixation pour fixer les dates du procès est déjà prévue pour le 1er avril 2027, mais le procès lui-même ne devrait pas commencer avant plusieurs mois après cette date.
Les allégations
Selon les réquisitions du parquet consultées par l'AFP, Renault est soupçonné d'avoir « spécialement calibré » des véhicules diesel répondant aux normes Euro 5 et Euro 6 et vendus entre 2009 et 2017. Le calibrage aurait permis aux voitures de respecter les limites d'émissions lors des tests d'homologation officiels, mais pas dans des conditions normales de conduite. La charge est aggravée car les émissions excessives d'oxydes d'azote ont pu contribuer à la pollution atmosphérique, « favorisant notamment l'apparition de maladies respiratoires chez l'homme ». Le parquet estime que cette tromperie avait une dimension directe de santé publique.
La défense de Renault
Renault a immédiatement rejeté les accusations. Dans un communiqué, l'entreprise a déclaré :
Nous défendrons notre innocence, le professionnalisme et l'éthique de nos 100 000 employés.
Elle a maintenu que tous ses véhicules avaient toujours été homologués conformément aux lois françaises et européennes applicables. Renault a également souligné que l'ordonnance elle-même reconnaissait l'absence de dispositifs frauduleux de dépollution.
L'ordonnance reconnaît que les véhicules Renault ne sont pas équipés de dispositifs frauduleux de détection du cycle d'homologation.
Le constructeur a également cité une récente décision de la Haute Cour de justice de Londres, qui a rejeté toutes les réclamations intentées contre lui par des fonds spéculatifs étrangers. Renault a qualifié ces fonds de participants à la procédure française « dans l'espoir cynique d'un gain financier ».
Le contexte plus large du Dieselgate
Le scandale Dieselgate a éclaté aux États-Unis au milieu des années 2010 lorsque Volkswagen a admis avoir installé des logiciels sur plus de 11 millions de véhicules vendus entre 2009 et 2015 qui réduisaient les relevés d'émissions lors des tests en laboratoire. En France, les autorités ont répondu en ordonnant une série de tests sur les véhicules diesel en 2015-2016, tandis que la DGCCRF, l'agence de répression des fraudes, a ouvert sa propre enquête. Renault est désormais le deuxième constructeur après Volkswagen à être renvoyé en procès en France. Le parquet de Paris a également demandé que Peugeot-Citroën et Fiat Chrysler soient renvoyés devant le tribunal correctionnel, mais la décision finale quant à leur renvoi en procès appartient au juge d'instruction. Aucune date n'a été fixée pour une décision sur ces demandes.
La suite
L'audience de fixation du 1er avril 2027 établira le calendrier d'un procès qui reste encore à plusieurs mois. La bataille judiciaire de Renault se déroulera parallèlement aux procédures en cours contre d'autres constructeurs, garantissant que l'affaire Dieselgate continue d'occuper la justice française près d'une décennie après l'ouverture des premières enquêtes.
- Le scandale Dieselgate éclate aux États-Unis après que Volkswagen a admis avoir utilisé des dispositifs frauduleux sur 11 millions de véhicules.
- Les autorités françaises ordonnent des tests d'émissions et la DGCCRF ouvre une enquête.
- Le parquet de Paris demande le renvoi de Renault devant le tribunal correctionnel pour tromperie aggravée.
- Le juge rend une ordonnance renvoyant Renault en procès.
- Ordonnance notifiée aux parties ; Renault promet de défendre son innocence.
- Audience de fixation prévue pour fixer les dates du procès.


