
La France arrête trois réacteurs nucléaires et réduit la production de huit autres alors que la canicule atteint 41°C
Trois réacteurs ont été arrêtés et huit autres ont vu leur production réduite alors que les températures montaient jusqu'à 41°C, le gouvernement accordant une dérogation environnementale temporaire pour une centrale.
Arrêt de réacteurs en pleine canicule
Dimanche 12 juillet, l'entreprise publique d'électricité EDF a annoncé l'arrêt temporaire de trois réacteurs nucléaires et la réduction de production de huit autres alors qu'une forte canicule poussait les températures à 41°C dans de vastes étendues de la France. Les unités arrêtées étaient le réacteur n°2 de Golfech sur la Garonne, le n°3 de Bugey sur le Rhône et le n°2 de Chooz sur la Meuse. Les huit autres fonctionnant à puissance réduite comprenaient des unités à Saint-Alban (réacteurs 1 et 2), Blayais (1 et 3), Bugey (4 et 5), Chooz (1) et Tricastin (3), a précisé EDF à l'AFP. Les températures avaient déjà atteint 40°C dans près de 70 communes, et plus d'un tiers de la France était placé sous l'alerte canicule maximale de Météo-France. Ces changements opérationnels étaient nécessaires pour respecter les réglementations limitant la quantité d'eau chaude pouvant être rejetée dans les rivières déjà chauffées par les conditions extrêmes.
En raison des conditions météorologiques et pour respecter la réglementation sur les rejets [d'eau de refroidissement], et ainsi protéger l'environnement.
Une dérogation donne un répit à Bugey
La veille, samedi, le gouvernement a publié un décret modifiant temporairement les limites de rejet thermique pour la centrale de Bugey, suite à une demande d'EDF et à une décision de l'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR). La dérogation autorise la centrale à rejeter de l'eau jusqu'à 1 degré Celsius de plus que la température en amont dans le Rhône, valable jusqu'au 20 juillet. EDF avait proposé cette limite temporaire de 1°C accompagnée d'un programme renforcé de surveillance environnementale, arguant que sans ce changement, elle aurait dû réduire davantage la production ou arrêter complètement les réacteurs. La mesure a été autorisée pour maintenir un niveau minimum de production électrique des réacteurs n°4 et n°5, que le gestionnaire de réseau RTE a jugé nécessaire pour assurer la sécurité du réseau électrique, et a été confirmée comme une nécessité publique par le ministère de l'Énergie dans une lettre jeudi.
- Le gouvernement accorde une dérogation environnementale pour la centrale de Bugey
- EDF arrête trois réacteurs et réduit la production de huit autres
- La dérogation pour Bugey expire
Les impacts de la canicule s'accumulent
C'est la troisième canicule à frapper la France depuis mai, avec plus de 25 millions de personnes exposées à des prévisions de 41°C, selon un décompte de l'AFP basé sur les données démographiques. Des sites touristiques comme les monuments parisiens ont été contraints de fermer plus tôt, des événements en plein air ont été annulés, et une étape du Tour de France a été raccourcie. Des incendies de forêt se sont multipliés dans plusieurs régions, et les noyades ont augmenté alors que les gens cherchaient du répit dans les rivières et les lacs. Les épisodes répétés de chaleur intense depuis fin mai ont également causé une surmortalité, ont indiqué les autorités, et ont mis en évidence le manque d'adaptation des infrastructures aux événements météorologiques extrêmes qui deviennent plus fréquents.
- Arrêtés
- 3
- Puissance réduite
- 8
- Fonctionnement normal
- 46
Changement climatique et résilience future
Les arrêts de réacteurs marquent la deuxième fois en quelques semaines qu'EDF a dû stopper des unités à cause de la chaleur, après une canicule record en juin. Les scientifiques ont lié la fréquence et l'intensité croissantes de ces épisodes de chaleur au changement climatique d'origine humaine. Le parc français de 57 réacteurs fournit environ 70% de l'électricité du pays, et tous sont situés en bord de rivière ou de mer pour utiliser l'eau pour le refroidissement. Le stress répété sur le parc dû au réchauffement des rivières soulève des questions sur la résilience à long terme des infrastructures énergétiques critiques dans un climat qui se réchauffe, en particulier lorsque les canicules ne sont plus des événements isolés mais des phénomènes saisonniers récurrents.


