
Effondrement d'une mine d'or dans l'ouest de la République centrafricaine fait au moins 100 morts près de la frontière camerounaise
Un glissement de terrain dans une mine d'or artisanale à Zamboyé a tué au moins 100 personnes le 18 août, déclenchant des opérations de secours et une enquête judiciaire près de la frontière camerounaise.
Effondrement du site de Zamboyé
Le mardi 18 août, vers 14 heures locales, un effondrement de terrain s'est produit dans une mine d'or artisanale à Zamboyé, située à environ 50 kilomètres de la ville de Baboua dans l'ouest de la République centrafricaine. L'incident a eu lieu dans la région d'Abba, préfecture de Nana-Mambéré, près de la frontière avec le Cameroun. Selon un communiqué du parquet de Baboua, la catastrophe a été provoquée par l'effondrement de plusieurs galeries souterraines où travaillaient des mineurs. Des images vidéo filmées sur l'excavation à ciel ouvert montrent une section importante de terre glissant vers le bas et ensevelissant les travailleurs sous la terre et les roches. Les mineurs survivants présents sur le site ont vu le flanc de la colline s'effondrer dans les fosses où des équipes creusaient activement pour extraire les dépôts d'or restants.
Cédric Mbango, un mineur artisanal présent sur le site de Zamboyé lors de l'effondrement, a décrit la rapidité de la catastrophe.
C'est une catastrophe. Le sol s'est complètement effondré et a enseveli des gens.
Opérations de recherche et bilan des victimes
Les opérations de recherche et de sauvetage ont commencé immédiatement, tandis que les résidents locaux et les travailleurs survivants tentaient de dégager les personnes piégées sous les décombres. Les premières opérations mardi soir ont permis de récupérer 30 corps, et des mineurs blessés ont été transportés vers des établissements de santé locaux et l'hôpital de Baboua pour des soins médicaux. Mercredi 19 août, des sources administratives et communautaires locales ont confirmé que le bilan était monté à au moins 100 morts, tandis que les équipes de recherche poursuivaient les travaux d'excavation dans des conditions difficiles. Florian Gaguende, mineur survivant ayant participé aux premières recherches, a noté que les perspectives de retrouver d'autres survivants sous la terre effondrée se réduisaient. Les responsables locaux ont lancé des appels aux organisations internationales et à la société civile pour obtenir de l'aide afin d'extraire les corps des fosses d'excavation profondes.
Souleymane Bi, le maire adjoint de la sous-préfecture locale, a décrit l'urgence dans un appel à l'aide extérieure.
C'est une situation horrible. Nous demandons de l'aide aux organisations et à toutes les personnes de bonne volonté pour sortir de cet abîme ceux qui ne peuvent pas le faire par eux-mêmes.
- Un effondrement à la mine d'or de Bé-Mbari tue plusieurs dizaines de mineurs artisans.
- Les galeries souterraines s'effondrent à la mine d'or à ciel ouvert de Zamboyé près de Baboua.
- Les secouristes et les habitants récupèrent un premier bilan de 30 corps sur le site effondré.
- Le bilan atteint au moins 100 morts alors que le procureur de Baboua ouvre une enquête judiciaire.
Impact transfrontalier et réponse judiciaire
La catastrophe a touché des communautés de l'autre côté de la frontière, le Cameroon Tribune rapportant qu'au moins quatre ressortissants camerounais sont morts dans l'effondrement de Zamboyé. La proximité de la zone minière avec le Cameroun a entraîné une coordination entre les autorités administratives des deux côtés de la frontière. Grégoire Mvongo, le gouverneur de la région de l'Est du Cameroun, a confirmé que les responsables camerounais sont en contact avec les autorités centrafricaines pour aider les familles et gérer les conséquences. En République centrafricaine, le parquet de Baboua a ouvert une enquête judiciaire formelle pour déterminer les circonstances exactes de l'effondrement de la mine. Laurent Ngon Baba, le député représentant Baboua, a reconnu la difficulté de compiler les chiffres des victimes alors que les équipes d'excavation poursuivent le déblaiement de la zone.
À ce stade, il nous est difficile d'établir un bilan formel.
Conditions d'exploitation minière non réglementée à Nana-Mambéré
L'extraction d'or artisanale et illégale est répandue dans l'ouest de la République centrafricaine, où les gisements minéraux restent contestés et fonctionnent sans surveillance gouvernementale. Les entreprises commerciales abandonnent régulièrement les sites une fois que les opérations industrielles cessent d'être rentables, après quoi des groupes miniers informels y entrent sans permis pour récupérer le minerai restant. Les mineurs non réglementés vivent souvent sous terre pendant des mois, apportant de la nourriture, de l'eau, des groupes électrogènes et des outils d'extraction dans des puits souterrains non soutenus. Des défaillances structurelles et des effondrements se produisent fréquemment dans ces conditions non réglementées dans toute la préfecture de Nana-Mambéré. À la mi-juin 2026, un effondrement similaire à la mine d'or de Bé-Mbari, le long de la frontière camerounaise, a fait plusieurs dizaines de morts parmi les mineurs.


