
Sigfrido Ranucci rejette les accusations de censure, le tribunal de Rome examine son rôle à Report
L'ancien présentateur de Report a répondu aux accusations de trois ex-collègues diffusées sur Rai 3, dans l'attente d'une décision en référé du tribunal de Rome sur sa réintégration.
Des déclarations à l'antenne qui déclenchent une polémique publique
L'ancien présentateur de Report Sigfrido Ranucci a répondu publiquement le 30 septembre 2026 aux propos tenus par d'anciens collègues lors du DIG Festival à Modène. Ces déclarations, prononcées par le correspondant de Report et chroniqueur de Di Martedì Giorgio Mottola, l'ancien contributeur Alberto Nerazzini et l'ancien consultant Gian Gaetano Bellavia, ont été diffusées dans l'émission Filorosso sur Rai 3, présentée par Antonino Monteleone. L'épisode revenait sur l'affaire Valter Lavitola et sur les critiques internes de la gestion éditoriale de Ranucci. Monteleone a partagé en ligne la réponse de Ranucci avec ce commentaire : « Il y a de la sérénité, disons. » Ranucci a qualifié l'émission d'ensemble de faussetés et a dirigé ses critiques vers le responsable de la structure de Filorosso, Giuseppe Malara, et le directeur de Rai, Paolo Corsini.
Réfutation des accusations de censure
Nerazzini a affirmé que Ranucci avait bloqué la diffusion de trois de ses enquêtes et déclaré que Ranucci n'était pas un journaliste de gauche. En réponse, Ranucci a affirmé que les journalistes doivent rester libres d'enquêter sur tous les partis politiques, y compris la gauche, et a nié avoir supprimé le moindre sujet.
Je n'ai jamais censuré personne, j'ai au contraire défendu chaque production de mes reporters, quel que soit le parti concerné : je paie aussi pour cela.
Ranucci a détaillé deux différends éditoriaux précis pour contrer les affirmations de Nerazzini. À propos d'une enquête sur un immeuble résidentiel milanais, Ranucci a déclaré que Rai avait déjà payé le travail dans le cadre de contrats existants, ce qui l'a conduit à bloquer un second achat pour protéger à la fois la chaîne et le reporter. Concernant un autre sujet sur des institutions religieuses, Ranucci a expliqué que Nerazzini souhaitait suggérer que le parquet de Milan avait refusé d'enquêter sur des frères pour auto-blanchiment. Ranucci a fait remarquer que l'auto-blanchiment n'a été introduit dans le code pénal qu'après les faits en question, citant l'acquittement définitif des frères par le tribunal de Milan le 17 mai 2019 dans la sentence numéro 6368/2019. Il a également rappelé la solidarité passée sur le lieu de travail, citant des collectes financières organisées entre collègues pour remplacer le matériel de production volé à Nerazzini lors de plusieurs cambriolages.
Désaccords sur la gestion et les rôles
La controverse s'est étendue aux règlements administratifs de Rai et aux rôles éditoriaux internes. Mottola a critiqué la double position de Ranucci, à la fois auteur et présentateur de l'émission, citant une politique interne établie à l'origine sous l'ancien directeur général de Rai Luigi Gubitosi. Ranucci a écarté l'argument de Mottola, affirmant que la directive visait à empêcher les cadres de s'attribuer des rôles de présentation pour s'enrichir, et non à s'appliquer à des nominations éditoriales légitimes. Lors de la table ronde de Modène, Bellavia a également proposé que Mottola mène une enquête sur Ranucci une fois l'affaire Lavitola conclue. Des articles de presse antérieurs de Simone Canettieri dans le Corriere della Sera avaient fait état du mécontentement des équipes de Report face au retour potentiel de Ranucci, mais Ranucci et le comité éditorial de Rai Approfondimento ont rejeté ces affirmations.
- Le tribunal de Milan acquitte les frères dans la sentence n. 6368/2019
- D'anciens contributeurs de Report critiquent Ranucci au DIG Festival à Modène
- L'émission Filorosso sur Rai 3 diffuse les propos du festival et le reportage sur Lavitola
- Ranucci publie sa réfutation alors que la date limite des conclusions judiciaires arrive
- La juge romaine Donatella Casari devrait statuer sur la demande de réintégration
Décision imminente du tribunal du travail
L'échange public a eu lieu alors que la juge du tribunal du travail de Rome Donatella Casari examinait le recours urgent de Ranucci pour sa réintégration à la présentation de Report. Le tribunal a fixé au 30 septembre 2026 la date limite pour que les équipes juridiques soumettent leurs conclusions écrites avant une décision formelle dans la première partie d'octobre. En parallèle, Rai a proposé à Ranucci trois postes alternatifs au sein de l'entreprise, à Rai News, Tg3 ou au bureau de correspondance à l'étranger au Caire. Le diffuseur a accordé un délai de 15 jours à Ranucci pour décider s'il accepte l'une de ces réaffectations. L'issue de la procédure devant la juge Casari déterminera si Ranucci revient à l'émission d'investigation.


