
Rai consacre l'intégralité de sa programmation à Pippo Baudo un an après sa mort
Le radiodiffuseur public italien Rai consacre ses plateformes télévisées, radiophoniques et numériques au présentateur disparu, mort à Rome le 16 août 2025 à 89 ans, avec des émissions d'archives et des hommages de Carlo Conti et Lorella Cuccarini.
Un an sans "SuperPippo"
Pippo Baudo, né Giuseppe Raimondo Vittorio Baudo le 7 juin 1936 à Militello in Val di Catania, en Sicile, est mort à Rome le 16 août 2025 à l'âge de 89 ans. Un an après, le radiodiffuseur public italien Rai a consacré l'intégralité de sa programmation télévisée, radiophonique et numérique à celui que l'on surnommait le "roi des présentateurs", dont la carrière a duré plus de six décennies. Baudo était le dernier survivant des quatre "mousquetaires" de la télévision italienne, aux côtés de Mike Bongiorno, Corrado et Enzo Tortora.
L'hommage de la Rai
L'hommage a débuté sur Rai 1 à 21h30 avec "Stasera... Pippo Baudo", un spécial puisant dans les images d'archives pour retracer les moments les plus marquants de sa carrière d'animateur, chanteur, pianiste, danseur et acteur. Les images d'archives incluent des apparitions aux côtés de Sharon Stone, Raffaella Carrà, Robert De Niro, Roberto Benigni, Fiorello, Mina et Alberto Sordi. À minuit, le spécial TG1 "Mister TV Pippo Baudo Story", signé Leonardo Metaldi, a exploré ses racines siciliennes et les artistes qu'il a contribué à découvrir. Rai 3 a diffusé un épisode spécial de Blob intitulé "Superpippo" à 20h00, tandis que Rai Storia a consacré la journée entière à Baudo, diffusant Canzonissima '72 à 11h45, un répertoire de 1973 de "Ieri e oggi" à 13h00, et l'interview "Visioni private - Pippo Baudo" de Cinzia Tani à 19h15. RaiPlay a proposé une collection spéciale incluant le film "Il suo nome è Donna Rosa" et le documentaire "Pippo Baudo l'ho inventato io."
- Rai Storia diffuse Canzonissima '72 avec Loretta Goggi et Vittorio Gassman
- Rai Storia diffuse le répertoire de 1973 de Ieri e oggi
- Rai Storia diffuse l'interview Visioni private de Cinzia Tani
- Rai 3 diffuse le spécial Blob intitulé Superpippo
- Rai 1 diffuse le spécial d'archives Stasera... Pippo Baudo
- Spécial TG1 Mister TV Pippo Baudo Story de Leonardo Metaldi
Comment Baudo a changé la télévision
L'arrivée de Baudo à la télévision remonte à 1966, lorsque le téléfilm "Rin Tin Tin" n'est pas arrivé à temps dans les studios de la Rai. Pour combler le vide, la chaîne a diffusé un pilote jugé "intransmissible" pour une émission appelée Settevoci. Ce fut un triomphe. Le longiligne Baudo est devenu une figure familière grâce à des émissions comme Eccetera eccetera, Canzonissima, Fantastico, Domenica in, Serata d'onore et Novecento sur Rai 3. Il a présenté 13 éditions du Festival de Sanremo, un record dont il était fier.
- Naissance à Militello in Val di Catania, Sicile
- Le pilote de Settevoci est diffusé sur la Rai, lançant sa carrière télévisée
- Co-présente Canzonissima '72
- Meurt à Rome à 89 ans
Conti et Cuccarini se souviennent
Carlo Conti, directeur artistique des deux derniers Festivals de Sanremo, a déclaré à La Repubblica que Baudo représentait la véritable transformation du métier de présentateur.
Il représentait la véritable transformation du métier de présentateur : il a été le premier à assurer la direction artistique des programmes. Il les menait là où ils devaient aller, dirigeait en direct, était auteur sur scène. Il n'avait pas besoin d'un auteur derrière les caméras pour lui suggérer quoi faire. Il décidait tout lui-même.
Conti a raconté avoir rendu visite à Baudo dans sa loge aux studios Dear à Rome, le trouvant en caleçon, "très gentil, paternel, comme toujours". Il a également révélé que lorsqu'il travaillait à la radio, ses collègues l'appelaient "Pippuzzo" ou "Pippo Conti" pour le taquiner, ce qui lui faisait toujours plaisir. Conti conserve chez lui une photo de Baudo l'enlaçant.
Lorella Cuccarini, qui a décrit Baudo comme un guide, un mentor et un père, a déclaré à Repubblica qu'il suffisait de le regarder travailler pour apprendre.
Il suffisait de le regarder travailler pour apprendre, il suffisait de voir comment il s'adressait aux techniciens. Il était le premier à arriver, le dernier à partir.
Dans l'interview de Cinzia Tani, Baudo se décrivait comme un "téléspectateur schizophrène" qui passait d'une émission à l'autre de manière vertigineuse, et exprimait le souhait d'une télévision plus intelligente et variée.


