
Le PS divisé sur les règles de la primaire, Mélenchon rassemble les alliés d'extrême gauche pour 2027
Le Parti socialiste n'est pas parvenu à s'accorder sur une méthode unique de désignation du candidat, soumettant deux propositions rivales au vote des adhérents le 9 juillet, tandis que Jean-Luc Mélenchon consolide le soutien de l'extrême gauche et d'une partie des Verts et des communistes.
Impasse socialiste
Le Parti socialiste (PS) reste profondément divisé sur la manière de choisir son candidat à la présidentielle de 2027. Une réunion du Conseil national mardi 30 juin s'est achevée sans consensus, poussant le parti à soumettre deux options concurrentes à un vote des adhérents le 9 juillet. Le premier secrétaire Olivier Faure soutient une primaire ouverte qui inclurait Les Écologistes et d'autres forces de gauche hors La France insoumise (LFI), avec la possibilité pour les sympathisants de voter moyennant une participation de 2 €. Son rival interne, le chef du groupe parlementaire Boris Vallaud, veut un scrutin fermé réservé aux membres du PS et aux organisations se reconnaissant dans le « pôle socialiste », comme Place publique, laissant la porte ouverte à Raphaël Glucksmann ou Bernard Cazeneuve. Le camp de Vallaud envisage la désignation d'un candidat d'ici octobre.
La candidature de notre famille politique doit être désignée par un vote ouvert aux adhérents du Parti socialiste et de Place publique ainsi qu'à nos sympathisants, avec une participation de 2 €.
Une offre pléthorique
Le PS est également confronté à une multiplication des candidats potentiels. Le député Philippe Brun a annoncé sa candidature le 30 juin, rejoignant Jérôme Guedj, Karim Bouamrane, et potentiellement Olivier Faure ou l'ancien président François Hollande. Raphaël Glucksmann s'est donné trois mois pour tenter d'unir le centre gauche. Le score du parti de 1,7 % en 2022 pèse sur la compétition, mais le nombre de prétendants ne cesse de croître.
Je serai candidat à la primaire interne pour porter une ligne populaire.
Mélenchon en campagne
Pendant que le PS se déchire, Jean-Luc Mélenchon fait déjà campagne pour sa quatrième candidature présidentielle. Le leader de LFI, âgé de 75 ans, a attiré de nouveaux alliés : la faction du Nouveau parti anticapitaliste fidèle à Olivier Besancenot et Philippe Poutou l'a soutenu, et il courtise l'eurodéputée écologiste Sandrine Rousseau et le président du groupe parlementaire communiste Stéphane Peu. Son meeting à Saint-Denis a créé une dynamique, et sa stratégie d'absorption des groupes d'extrême gauche (le Parti ouvrier indépendant, la Jeune Garde antifasciste) a élargi sa base.
Plus les socialistes continuent de se chamailler, plus Jean-Luc Mélenchon peut espérer attirer leurs électeurs.
Sondages et écueils
Malgré l'avantage organisationnel, les sondages montrent encore Mélenchon loin d'être certain d'atteindre le second tour. En 2022, il avait capté le vote de gauche parce qu'il apparaissait comme le seul candidat capable de faire face à Emmanuel Macron. Cette fois, le paysage est plus fragmenté, et son virage radical pourrait limiter son attrait au-delà du noyau dur de la gauche.
Le programme d'abord
Au milieu du chaos procédural, le PS a tenté de déplacer le débat en dévoilant une nouvelle plateforme politique le 30 juin, adoptée avec 83 % de soutien des adhérents après un an de consultations. Olivier Faure soutient que le parti a désormais un « candidat légitime et approuvé » en la personne de son programme, et que celui qui émergera du processus de sélection sera lié par celui-ci. Cette approche fait écho à l'appel précédent de Gabriel Attal à régler le « quoi » avant le « qui ».
- Le Conseil national du PS ne parvient pas à s'accorder sur un modèle de primaire unique ; Philippe Brun annonce sa candidature.
- Les adhérents du PS votent sur deux propositions rivales pour choisir le candidat à la présidentielle.
- Le camp de Boris Vallaud propose de désigner un candidat d'ici ce mois-ci dans le cadre d'une primaire fermée.


