
Rachida Dati jugée à Paris pour des honoraires de 900 000 euros de Renault-Nissan
L'ancienne ministre française Rachida Dati a comparu devant le tribunal correctionnel de Paris le 16 septembre 2026, poursuivie pour corruption passive et trafic d'influence en lien avec des honoraires de 900 000 euros de Renault-Nissan.
Ouverture des débats à Paris
Le procès de l'ancienne ministre française Rachida Dati s'est ouvert le 16 septembre 2026 devant la 32e chambre du tribunal correctionnel de Paris. Dati, qui a été ministre de la Justice sous Nicolas Sarkozy et ministre de la Culture sous Emmanuel Macron, est poursuivie pour corruption passive, trafic d'influence passif et recel de biens obtenus par abus d'autorité. Son co-prévenu, l'ancien PDG de Renault-Nissan Carlos Ghosn, a été jugé par défaut. Ghosn, âgé de 72 ans, reste au Liban après avoir quitté le Japon en 2019, et aucun avocat ne s'est présenté à l'audience en son nom. Les audiences doivent se poursuivre jusqu'au 28 septembre 2026.
- Dati et Ghosn signent un contrat de conseil avec Renault-Nissan
- Dati émet une facture d'avance de 119 600 euros
- Dati est admise au barreau de Paris
- Carlos Ghosn est arrêté au Japon, déclenchant des audits internes
- Le parquet financier ouvre une enquête après une plainte d'actionnaire
- Le procès pour corruption s'ouvre devant le tribunal correctionnel de Paris
Le contrat de conseil et l'enquête
L'accusation porte sur 900 000 euros versés à Dati entre octobre 2009 et février 2013 par RNBV, la filiale commune néerlandaise qui gérait l'alliance Renault-Nissan. Dati et Ghosn ont signé un contrat de conseil le 28 octobre 2009, qui prévoyait des honoraires annuels fixes de 300 000 euros hors taxes pour aider Renault à se développer à l'international au Moyen-Orient et au Maghreb. Les documents montrent que Dati a émis une facture d'avance de 119 600 euros TTC en novembre 2009, avant son admission officielle au barreau de Paris le 17 février 2010. Les autorités françaises ont ouvert une enquête via le Parquet national financier en 2019 après qu'un actionnaire minoritaire a déposé une plainte suite à l'arrestation de Ghosn au Japon fin 2018. Un audit interne mené par Mazars n'a trouvé aucune documentation tangible précisant l'étendue ou la livraison de l'assistance juridique fournie par Dati durant cette période.
- Renault-Nissan
- 900000 €
- France Télécom
- 800000 €
- EDF Suez
- 300000 €
Allégations de lobbying parlementaire
Les juges et les procureurs financiers soutiennent que le contrat de conseil servait à dissimuler des activités de lobbying au sein du Parlement européen, où Dati a siégé comme députée entre 2009 et 2019. Les procureurs ont noté que pendant son mandat, Dati a déposé trois questions parlementaires concernant l'industrie automobile entre 2012 et 2013. Les enquêteurs allèguent également que les paiements visaient à faciliter l'accès politique au président Nicolas Sarkozy avant la fin de son mandat en 2012. En cas de condamnation, Dati encourt une interdiction d'exercer des fonctions publiques pendant cinq ans, ce qui l'obligerait à démissionner de son poste de maire du 7e arrondissement de Paris, qu'elle occupe depuis 2008.
Arguments de la défense et revendications de l'entreprise
Dati a nié toutes les accusations, affirmant que son travail était strictement limité à des services de conseil juridique autorisés par le règlement du Parlement européen. Avant l'ouverture de l'audience, ses avocats ont rejeté l'accusation dans une déclaration écrite.
La défense démontrera que Rachida Dati a travaillé exclusivement en tant qu'avocate pour RNBV et que les accusations infondées de prétendu trafic d'influence au Parlement européen ne sont rien d'autre qu'une construction intellectuelle artificielle de l'accusation.
Renault s'est constituée partie civile, demandant la reconnaissance d'un préjudice moral aux côtés d'associations de lutte contre la corruption. L'avocat du constructeur automobile a déclaré que l'équipe de défense de Dati avait déposé 45 recours procéduraux avant l'ouverture du procès. Des rapports établis pendant son mandat parlementaire indiquent que Dati a reçu un total de deux millions d'euros d'honoraires de conseil d'entreprise de plusieurs sociétés, dont 800 000 euros de France Télécom et 300 000 euros d'EDF Suez.


